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Dorothée – Je ne suis pas nostalgique

2010

Après quatorze ans d'absence, la chanteuse revient avec un album inédit et trois concerts à l'Olympia. Un retour amorcé le 14 mars sur le divan de « Vivement dimanche ». Nous étions dans les coulisses.


Qu'on ait 30, 40 ou 50 ans, Dorothée fait partie de nos souvenirs d'enfance ou d'adolescence. Elle a révolutionné la télévision en proposant une gamme de dessins animés aujourd'hui devenus cultes. Parmi eux, « Candy », « Dragon Ball », «Albator », « Goldorak», «Capitaine Flam... Dorothée, c'est vingt ans de carrière consacrée aux enfants et 16 millions d'albums vendus. Elle a rempli 56 fois Bercy et ses 60 000 sièges. C'est aussi 26 heures par semaine de « Club Dorothée » et un direct chaque mercredi, qui durait près de 4 heures ! En moyenne, celle qui a été désignée en 2004 comme la personnalité la plus regrettée » par les Français rassemblait 50 % des enfants devant son émission. Un record jamais égalé en termes d'audimat. A 56 ans, Frédérique Hoschédé revient avec un CD de chansons inédites toujours produites par Jean- François Porry et Gérard Salesses. « On m'appelait plus à l'image qu'on Dorothée », le premier extrait, était disponible sur Internet bien avant la sortie de l'album le 15 mars. La preuve que Dorothée est toujours bien dans son époque.


- Bonjour, Dorothée. J'ai 30 ans. Imaginez-vous un instant ce que vous représentez à mes yeux et pour ceux de ma génération ?
- Je mesure seulement l'impact maintenant. Ça me touche vraiment. On dit souvent loin des yeux, loin du cœur... Après quatorze ans d'absence, je me rends compte que ce n'est pas le cas. C'est vrai que l'année dernière, j'avais fait une apparition lors d'un « Vivement dimanche » consacré à mon amie Chantal Goya. J'étais étonnée par l'engouement du public. C'était de la folie.


- Vous nous avez manqué ! Où étiez-vous pendant ces quatorze années ?
- Mais vous aussi, vous m'avez manqué. (Sourire.) J'ai continué à travailler hors caméra comme consultante sur quelques chaînes du câble. Et puis, j'aspirais à une vie plus normale. J'avais besoin de retrouver ma famille et mes amis. Ce break était nécessaire.

- En 1978, vous étiez déjà l'animatrice fétiche des enfants sur Antenne 2 avec votre émission « Récré A2 ». Vous étiez déjà une icône...
- C'est là que tout a vraiment commencé. J'ai fait mes premières armes aux côtés de Cabu et William Leymergie. De là à dire que j'étais une icône, n'exagérons rien ! (Rires.) Mais c'est vrai que nous ne nous attendions pas à une telle réussite. A la base, nous devions simplement animer une émission pour l'été. Nous avons eu un tel succès que l'aventure a duré dix ans. C'était incroyable.


- En 1987, dix ans après, TF 1, récemment privatisée, fait appel à vos services comme directrice des programmes de jeunesse. Et là, une nouvelle grande aventure commence, avec la naissance du « Club Dorothée »...
- Une nouvelle aventure, certes, mais avec toujours la même famille. Le succès du « Club Dorothée», c'est celui d'une équipe. Jacky, Corbier, Ariane et Patrick Simpson-Jones ont joué un rôle prépondérant. D'ailleurs, depuis, aucune télé n'a retrouvé cinq fous furieux comme nous ! (Rires)

- Personne ne vous a jamais égalée en termes d'audimat. Pendant les vacances d'été, vous rafliez jusqu'à 80% des parts de marché !
- Encore une fois, ce n'est pas Dorothée qui est la cause de ce phénomène. C'est toute l'équipe. Et puis, honnêtement, il n'y a pas d'explication à donner. Je crois que le public a ressenti que nous étions tout simplement nous-mêmes, S'il y avait un secret à notre réussite, je pense que d'autres auraient fait pareil.


- Pourtant, rien ne vous prédestinait à ce destin incroyable...
- Je voulais être archéologue, Vous imaginez l'écart entre ces deux professions ! Tout a été un concours de circonstances.


- Avez-vous un souvenir marquant de ces années folles ?
- Non. Nous avons tellement passé de bons moments que tout est confus dans ma tête aujourd'hui. Je me souviens de tout, mais par flash. Je suis incapable de vous citer un seul de ces souvenirs tant ces années ont été intenses en joies et en émotions.


- Dix ans de « Récré A2 », dix ans de «Club Dorothée... Avez-vous des regrets?
- Aucun, mis à part le cinéma.

- Peu de personnes le savent, mais vous avez tourné avec François Truffaut dans « L'amour en fuite ».
- J'ai aussi joué avec Robert Enrico dans « Pile ou face ». Je donnais la réplique à Michel Serrault et Philippe Noiret. J'avais d'autres projets avec Truffaut, mais le malheureux est décédé et le projet est tombé à l'eau, J'espère pouvoir faire quelques fictions ou films. La porte n'est pas fermée.


- Vous arrive-t-il d'être nostalgique ?
- Pas du tout, il faut toujours aller de l'avant. Ce n'est pas parce qu'on n'est plus à l'image ou sur les ondes que l'on n'existe plus.

- Aujourd'hui, vous revenez en force. Un nouvel album et, surtout, trois dates dans la salle mythique de l'Olympia.
- Ne me parlez pas de ça. J'en ai des frissons ! Effectivement, je suis de retour sur scène avec une trentaine de chansons, anciennes et nouvelles. C'est un moment magique que j'appréhende avec beaucoup d'angoisse. Je suis tétanisée.


- Pourquoi ?
- Simplement parce que j'ai toujours eu le trac. Mais je ne me mets pas de pression inutile, il paraît que c'est bon signe. (Rires.)


- La scène vous manquait ?
- Aujourd'hui, en la retrouvant, je me rends compte que oui. J'ai de nouveau énormément de plaisir à chanter. Cela fait des années que le public me réclame. Plusieurs fan-clubs se sont même créés sur Internet. Les personnes que je croise en rue me demandent souvent quand je vais revenir...


- Vous êtes une femme plutôt discrète, malgré le phénomène que vous avez engendré. Pourquoi?
- Malgré les apparences, je suis très casanière. J'ai toujours mis un point d'honneur à protéger mon jardin secret et je n'ai jamais dévoilé ma vie privée aux médias. En fait, je n'ai pas changé. Je suis toujours la même. Je réponds aux interviews quand j'en ai envie. Sinon, je ne le fais pas. Mon vrai plaisir, c'est la scène, pas la notoriété.

- A l'époque, on vous considérait comme une femme-enfant. Maintenant, à 56 ans, vous avez grandi ?
- Ah ça oui ! (Rires.) Avant, je disais que j'avais 5 ans. Et depuis peu, j'ai décidé que j'en avais 7 et demi. Vous voyez, j'ai un peu grandi ! (Rives.)


- La Belgique aussi vous aime. Vous allez nous faire l'honneur de vous produire chez nous ?
- Honnêtement, ce n'est pas encore à l'ordre du jour. J'espère évidemment aller à la rencontre de ce public qui m'a toujours soutenue. Mais d'abord, je vais me produire à l'Olympia les 17, 18 et 19 avril prochains. Après, c'est l'avenir qui nous le dira.


- Que vous inspire notre pays ?
J'avais beaucoup d'amis en Belgique. Tibet, notamment, qui nous a malheureusement quittés trop tôt, le bougre. On avait fait une émission spéciale avec tous ses copains dessinateurs. Je suis fan de bandes dessinées. Mon deuxième souvenir le plus fort, c'est quand j'ai joué à Forest National. C'était simplement énorme.


Je suis morte de trouille à l'idée de monter sur scène

Télé Star – 2010

Un album en mars, trois dates à l'Olympia en avril, l'agenda de Dorothée est bien chargé en cette rentrée 2010. Michel Drucker lui consacre d'ailleurs un Vivement dimanche spécial. Rencontre.


- TELE STAR: C'est la troisième fois que vous êtes sur le canapé rouge en cinq ans. Seriez-vous devenue une habituée?

- DOROTHEE: Non. Mais chez Michel Drucker, on se sent vraiment comme dans un cocon. Il n'y a pas d'agressivité, pas de négatif. J'aime cette ambiance et cet accueil.

- Avez-vous refusé d'autres émissions comme celle de Laurent Ruquier?
- D.: Je ne sais pas. C'est mon attachée de presse qui gère ça.

- Le 15 mars sortira Dorothée 2010, votre nouvel album...
- D.: (Joyeuse.) Oui! Un disque composé de 17 titres, dans la continuité de ce que je faisais.


- Y aurait-il des reprises?
- D.: Non, il y aura des réminiscences. Des clins d'œil.


- Avez-vous eu besoin d'un coach pour retrouver votre voix d'antan?
- D.: Non, c'est revenu tout seul!

- Pourquoi avoir ressorti un nouveau disque après quatorze ans d'absence?
- D.: C'est pour les fans que je suis revenue. Ils ont tellement insisté que j'ai craqué. Ils ont toujours été là. La seule différence c'est que, lorsque je les ai connus, ils faisaient 1,20 m, aujourd'hui ils font 1,80 m. (Rires.) Mais ce que je voulais avant tout, c'était revenir sur scène.


- Vous serez d'ailleurs à l'Olympia les 17, 18 et 19 avril...
- D.: Je suis morte de trouille à l’idée de monter sur scène. Je n'ai vraiment pas envie de décevoir.

- La plupart des places coûtent entre 50 et 75 euros. C'est un peu cher, non?
- D.: (Génée.) Je trouve ça cher aussi. En fait, c'est une question de logistique, c'est indépendant de ma volonté.


- Lagaf, Patrick Sabatier ont fait leur retour sur des grandes chaînes hertziennes. A quand le vôtre?
- D.: Pour le moment, je me concentre sur l'Olympia.


- Grâce à vos émissions, vous avez eu des centaines de milliers d'enfants par procuration, mais jamais les vôtres...
- D.: On me pose souvent cette question...


- Vous n'avez jamais eu envie d'adopter?
- D.: Je n'en parlerai pas. C'est ma vie privée..

PROPOS RECUEILLIS PAR CARLO IZZO


Dorothée ou Frédérique ?
Le vrai nom de Dorothée est Frédérique Hoschedé. Mais à ses débuts en 1973, sa productrice Jacqueline Joubert (maman d'Antoine de Caunes) a décidé de la rebaptiser Dorothée. Pourquoi ? « Parce que mon nom était trop androgyne à son goût ! De toute façon, on m'a toujours donné plein de petits noms. Ma mère m'appelait Proserpine et mon frère Paulette. Ce n'est donc pas très grave »


Dorothée - Mon come-back n'est pas une revanche

Gala – 2010

- Gala: Un album, l'Olympia... Comment vivez-vous ce grand retour ?
- Dorothée : Je suis morte de trouille ! Mais je sais que le public sera là, ce sont les copains que j'ai connus hauts comme trois pommes et qui font maintenant 1,95 mètre et demi... J'étais déjà folle de trac à l'époque du « Club Dorothée ». C'est de pire en pire avec l'âge !


- Gala: Avez-vous été touchée par l'appel de tous vos fans?
- Dorothée : Ç'a été une pression non-stop! Avec Internet, je recevais des messages chaque jour. On m'envoyait des enregistrements de « Récré A2 » ou de mes premières émissions… Ils vont m'aider, mais j'ai peur de les décevoir.


- Gala: Comment avez-vous encaissé l'arrêt du « Club Dorothée » en 1997 ?
- Dorothée : Quand quelque chose prend fin, forcément il y a un manque, mais il ne faut pas rester chez soi à se morfondre. J'ai pris du recul, j'ai pu revoir mes proches plus régulièrement. Quand on m'invitait, je pouvais enfin dire : faites attention, vous m'invitez mais, cette fois, je viens! Ma famille est bretonne et chez nous, les réunions sont plutôt festives. En plus je suis Cancer, le signe de la famille...


- Gala: Et votre famille du « Club Dorothée » ?
- Dorothée : On a vécu ensemble pendant dix ans, on ne pouvait pas tout oublier comme ça. Patrick Simpson Jones est parti aux Etats-Unis, mais dès qu'il revient en France, on en profite pour dîner tous ensemble.


- Gala: Ségolène Royal vous accusait d'abrutir la jeunesse. Vivez-vous ce come-back comme une revanche ?
- Dorothée : Non, pas du tout. Je ne suis pas revancharde. Je devais simplement ce retour à mon public, même si ce n'est pas un cadeau ! Ça demande un investissement personnel énorme. Mais je me suis dit que tant que je suis encore debout, que j'ai mes deux jambes et un peu de ma tête, il faut y aller.


- Gala: Avez-vous le sentiment d'être une icône ?
- Dorothée : Je n'ai jamais pensé à ça, on s'est bien amusés et on est tombés au bon moment, voilà tout.


- Gala: Pensez-vous que quelqu'un ait repris le témoin ?
- Dorothée : Honnêtement, je ne crois pas. On était cinq avec de très forts caractères. Et une aventure de plus de dix ans comme celle-là, ça ne se remplace pas comme ça.


- Gala: Comment expliquez-vous votre popularité ?
- Dorothée : Je me suis battue pendant des années pour dire qu'une émission jeunesse n'était pas un déversoir à dessins animés. On a accompagné les jeunes pas mal de temps et peut-être qu'on les a empêchés d'aller dans la rue ou de brûler des voitures... L'humoriste
Boublil dit dans un de ses sketchs : « Moi, de mon temps, j'étais avec Dorothée, et pendant ce temps-là, les petits crétins n'allaient pas dans la rue... » C'est vrai qu'aujourd'hui, il n'y a pas grand-chose pour aider les jeunes...


- Gala: Que pensez-vous de la téléréalité ?
- Dorothée: Je crois que les enfants sont capables de déceler le vrai du faux. Déjà à mon époque, en 1978, avec le débat autour de Goldorak, les gamins disaient : « Ne nous prenez pas pour des idiots ! » Tout le monde nous descendait avec les mangas, et aujourd'hui, certains sont devenus cultes !


- Gala: Vous sentez-vous comme une maman pour les téléspectateurs qui vous ont suivie ?
- Dorothée : Jamais ! Eventuellement comme une grande sœur. Je n'ai jamais remplacé ni les parents ni les professeurs, on faisait le relais entre les deux. Mes meilleurs supporters, c'était les grands-parents. Ils m'envoyaient des courriers à pleurer tellement c'était gentil.


- Gala: Au fond, donner toute votre vie aux enfants, cela n'a-t-il pas été un sacrifice?
- Dorothée : Pendant longtemps, j'ai dit que j'avais quatre ans. Aujourd'hui, j'ai un peu grandi... Le compositeur Michel Jourdan m'a écrit une chanson intitulée 7 ans et demi sur mon prochain album qui dit : « J'ai envie de rester à sept ans pour ne pas que mon papa vieillisse, pour que ma maman reste avec moi », cela s'adresse aux enfants, mais c'est ce dont rêvent tous les adultes.


- Gala: Justement, comment imaginez-vous l'avenir ?
- Dorothée: Laissez-moi le temps de revenir : un album après quatorze ans d'absence, l'Olympia…… imaginez le stress ! Après, c'est encore très très loin pour l'instant...


PROPOS RECUEILLIS PAR VINCENT MALAUSA


On l’appelle encore Dorothée

Animeland – 2010

APRÈS 14 ANS D'ABSENCE, DOROTHÉE PRÉPARE UN TOUT NOUVEAU SPECTACLE INTIMISTE POUR SES FANS. EN EFFET, ELLE FAIT SON GRAND RETOUR SUR SCÈNE À L'OLYMPIA LES 17, 18 ET 19 AVRIL. EMBLÈME DE TOUTE UNE GÉNÉRATION, L'ANIMATRICE ET CHANTEUSE AYANT FAIT LES BEAUX JOURS DU CLUB DOROTHÉE S'APPRÊTE, À 56 ANS, À RÉALISER UN NOUVEAU CHALLENGE. ELLE NOUS A CONFIÉ SON RESSENTI.
PAR RUI PASCOAL


Frédérique HOSCHEDÉ, dite DOROTHÉE, est remarquée en 1973 par Jacqueline JOUBERT (bientôt directrice des programmes jeunesse de la télévision publique) alors qu'elle joue au théâtre. Elle fait ses premières armes en animant plusieurs émissions : Les Mercredis
de la jeunesse, Réponse à tout, Disney Dimanche... Tandis qu'elle poursuit un temps la comédie avec quelques apparitions au cinéma (dont un TRUFFAUT, L'Amour en fuite), elle devient surtout la présentatrice vedette de Récré A2 (1978-1987), puis du Club Dorothée (1987-1997).


LE RÈGNE DE RÉCRÉ A2
Quand, le 3 juillet 1978, DOROTHÉE lance sur Antenne 2 (aujourd'hui France 2) l'émission Récré A2 dans laquelle elle présente le premier épisode de Goldorak, elle n'imagine pas à quel point ce rendez-vous va devenir incontournable. Elle recevra, à ce titre, le Sept d'or de la meilleure émission jeunesse en 1986. L'animatrice est pourtant victime de nombreuses critiques négatives la diffusion de Goldorak, Albator, San Ku Kaï et même Candy pose problème pour leur violence physique ou morale. « Des cameramen de l'émission menaçaient même de faire grève si la diffusion de Goldorak était reconduite », se souvient DOROTHÉE.
Elle analyse aujourd'hui ces réactions avec plus de recul : « Peut-être les avons-nous diffusés trop tôt ? Déjà, en 1978, on me disait que Goldorak était hyper violent ! Vingt ans après, quand je repense à ces années-là, je rigole. Ce qu'on oublie, c'est que juste après, je diffusais Candy. » Et DOROTHÉE de nous confier : « Parce que ce sont les fondateurs, Goldorak et Candy sont les séries japonaises dont je suis la plus fière. Le critère de sélection était simple : mon équipe et moi-même regardions quelques épisodes et, si cela convenait, la série passait à l'antenne. » DOROTHÉE désire alors avoir davantage son mot à dire dans le choix des programmes. AB Productions lui offre cette opportunité avec la naissance du Club Dorothée que la société produit pour TF1 à partir de 1987. De ce fait, un divorce cathodique a lieu avec Jacqueline JOUBERT qui la considérait comme sa fille spirituelle.


LE MONOPOLE DU CLUB DOROTHÉE
Diffusée à partir du 2 septembre 1987, cette émission culte est créée par Jean-Luc AZOULAY et Claude BERDA (fondateurs d'AB Productions). Cette ancienne maison de disques devient producteur et fournisseur exclusif des programmes jeunesse pour TF1, fraîchement privatisée. DOROTHÉE n'est pas seulement présentatrice, elle est aussi nommée directrice de l'unité jeunesse. Des anciens animateurs de Récré A2, seuls Jacky, Ariane, Patrick et CORBIER l'ont suivie dans cette aventure. Après un voyage à Tôkyô au Japon, DOROTHÉE revient les valises pleines à craquer et propose à l'antenne des dessins animés percutants ayant fait leurs preuves au pays du Soleil Levant. L'animatrice nous l'avoue, elle a été elle-même surprise par l'accueil très enthousiaste chez les téléspectateurs de titres comme Dragon Ball et Les Chevaliers du Zodiaque. Cependant, le Club Dorothée où Ken le survivant côtoie parfois Les Bisounours est vite fustigé par les parents. On se souvient aussi des piques assassines de politiques comme Ségolène ROYAL ou Catherine TASCA. Pourtant, lorsque l'on demande à DOROTHÉE si une signalétique pour les plus jeunes aurait été plus judicieuse que de couper certaines scènes ou d'édulcorer les dialogues, elle nous répond : « Cela n'était pas utile puisqu'on avait une équipe de psychologues chargée de veiller à la bonne tenue des programmes. De plus, c'était un faux débat orchestré par des gens jaloux et méchants. On nous a longtemps critiqués et, aujourd'hui, ces anime sont devenus culte ! Il faut être patient dans ce métier. »
DOROTHÉE calme malgré tout le jeu en insistant sur les « productions maison » (Premiers Baisers, Hélène et les garçons). Rappelons d'ailleurs qu'elle est même apparue en guest-star dans des séries live nippones comme Giraya et Bioman 3- Liveman.
« J'apprenais tous mes textes phonétiquement. Je garde un très bon souvenir des Japonais, notamment leur gentillesse, leur efficacité et leur disponibilité. J'ai également pu découvrir un nombre incalculable de manga sur place », précise-t-elle. La loi des quotas européens instaurée par le CSA en 1989 pousse AB à la création de dessins animés français comme
Sophie et Virginie et Les Jumeaux du bout du monde. Le Club Dorothée s'arrête à la fin des vacances de l'été 1997, soit dix ans après ses débuts sur TF1. Triste nouvelle, d'autant que DOROTHÉE apprend également le décès de sa mère ce jour-là. La chanson prémonitoire, Un jour on se retrouvera, générique de Sophie et Virginie, clôt cette époque dorée.


OLYMPIADE
Dix ans plus tard, DOROTHÉE se désole des « robinets à séries » que sont devenus la plupart des programmes jeunesse, ce contre quoi elle a toujours lutté. Quand on lui demande son avis sur les productions actuelles : « À la TV, ce qui m'a le plus emballé, c'est Jimmy Neutron. J'apprécie aussi l'univers de Hayao MIYAZAKI. » Son producteur et ami de longue date, Jean- Luc Azoulay, nous confirme avoir vu avec elle Kiki la petite sorcière et visité cet été le musée Ghibli au Japon !
Restée très discrète durant toute une décennie, DOROTHÉE a finalement retrouvé l'antenne sur la chaîne IDF1, lancée par AZOULAY en mars 2008 sur la TNT en Île-de-France. Pendant un an, elle a animé un grand rendez-vous, Dorothée ! Choisissez vos animateurs, sans compter des apparitions ponctuelles (Noël de l'amitié, hommage à René des MUSCLÉS...). Son retour sur scène à l'Olympia marque une nouvelle étape pour retrouver ses fans qui ne l'ont jamais oubliée. Appréhendant beaucoup ce rendez-vous, de peur de décevoir son public, elle s'est entourée des plus fidèles : son producteur et parolier AZOULAY, bien sûr, mais aussi son compositeur Gérard SALESSES, ses choristes Francine et Martine, sans oublier Pat LE GUEN pour les clips et la captation vidéo des concerts. Un nouvel album sort dans le même temps, mélange de reprises (Hou! La menteuse) et de nouveaux morceaux (On m'appelait Dorothée, Les chansons du passé, Tant mieux...). Bonne chance, DOROTHÉE !


REMERCIEMENTS PRÉCIEUX À SÉBASTIEN CÉLIMON, FRÉDÉRIC MASSON ET GILLES BROCHE.
Sources: TV Magazine / 30 avril 2006, Le Soir (revue belge) / 3 novembre 2007, Télé Star / 13 mars 2010, Les Années Dorothée de Jacques PESSIS (Éditions Chronique).


Dorothée : “J'ai l'angoisse de décevoir”

France-Soir- 20 février 2010

Treize ans après l'arrêt de Club Dorothée, l'égérie de toute une génération a retrouvé le chemin des studios d'enregistrement.
Tout y est. Les yeux qui pétillent, le rire franc, comme bloqué dans l'enfance, et cette simplicité presque insolente. Dans le bar d'un grand hôtel parisien, Dorothée nous parle de son retour scénique imminent et de son prochain album. Sans nostalgie, l'idole d'une génération avance. Regarde droit devant. « De toute façon, les dates et moi, ça fait 42 », s'amuse-t-elle. Entretien.

- FRANCE-SOIR. Qu'est-ce qui vous a convaincue de revenir sur scène ?
- DOROTHÉE. La pression des fans. Quatorze ans d'absence, c'est beaucoup. Je pensais vraiment qu'ils allaient m'oublier. Mais non ! je reçois toujours un monticule de lettres et je sais que les forums se développent sur Internet. C'est pour cela que j'ai craqué.


- Dans quel état d'esprit êtes-vous aujourd'hui ?
- Je suis tétanisée total. J'ai l'angoisse de décevoir. Mais je vais faire au mieux. Si j'écoute vraiment ce que veulent les copains, il faudrait que mon concert dure toute une journée.


- A quoi faut-il s'attendre à l'Olympia ?
- Je vais interpréter une trentaine de chansons, des anciennes et des nouvelles. Il y aura des surprises, certainement aussi pour moi… Je ne sais pas si j'aime ça d'ailleurs (rire). La différence avec Bercy à l'époque sera le côté intime. Le public sera sans doute le même, sauf qu'aujourd'hui les enfants mesurent 1,80 m !


- De quoi parlent-elles, vos nouvelles chansons ?
- D'amour, d'amitié… Il n'y a pas de message très intellectuel, ce n'est pas le but. Je préfère le ludique.


- Depuis l'arrêt de Club Dorothée, vous avez-bien eu des propositions…
- Rien de chez rien. Je ne sais pas pourquoi. Bon, il est vrai que je n'ai rien demandé non plus. Mais j'aurais bien aimé faire des téléfilms, des fictions… Il n'est jamais trop tard.


- Qu'avez-vous fait pendant toutes ces années ?
- J'ai repris le cours de ma vie familiale, je me suis occupée de mes proches. Je n'ai pas eu de breakdown, comme on dit. J'ai aussi fait pas mal de peinture. Et même si je descends de la famille de Claude Monet, ce talent-là n'est pas héréditaire (rire).


- Qu'évoquent pour vous les années Club Do ?
- Nous avons pu faire plein de choses, sérieuses ou non. Du délire mais aussi du caritatif comme les « Pièces jaunes », qui ont débuté chez nous. Je suis aussi contente d'avoir médiatisé La Chaîne de l'espoir. Je sais qu'on a sauvé des vies. Quand on aide des gamins à vivre, tout le reste n'existe plus.


- Comment teniez-vous le coup ?
- En s'amusant. Nous ne travaillions pas à l'Audimat. Le rendu du public était notre motivation. On bossait beaucoup, les 35 heures, on les faisait en deux jours !


- Et puis un jour tout s'est arrêté…
- On a pleuré. Mais voilà, la vie continue. Ce n'est pas la peine d'avoir des regrets et de ressasser les mauvaises choses.


- Etes-vous nostalgique de cette époque ?
- Cela ne sert à rien. Autant aller de l'avant et être positif.


- A l'époque, les dessins animés japonais de Club Do, jugés ultra-violents, faisaient polémique…
- Et aujourd'hui ils sont cultes. Il faut avoir un peu de patience dans ce métier.


- Aujourd'hui tout cela vous fait-il rire ?
- Non, ni même sourire. Enfin, disons que je prends une certaine revanche sur ceux qui m'ont un peu vilipendée.


- Sur IDF1, la chaîne de votre producteur Jean-Luc Azoulay, vous avez retrouvé toute votre équipe…
- Nous ne nous sommes jamais quittés. Nous avons quand même vécu ensemble près de dix ans ! Pendant toutes ces années, à chaque fois que Patrick Simpson-Jones, qui vit aux Etats-Unis, revenait à Paris, on organisait un dîner.


- Depuis la disparition de Club Do, les émissions jeunesses sont très déshumanisées…
- A présent, c'est du bout à bout. Je me suis toujours battue pour qu'entre chaque programme il y ait un retour plateau avec des êtres humains « normaux ». Avec option tarte à la crème et seau d'eau… Disons que ça faisait relativiser les choses. Le dévidoir à dessin animés, je ne pense pas que ce soit une bonne chose.


- Aimeriez-vous retrouver une émission jeunesse ?
- Je ne sais pas. Pour le moment, je me concentre sur l'Olympia. Mon petit cerveau ne me permet pas de faire plusieurs choses à la fois (rire).


- Que regardez-vous à la télé ?
- Je la regarde peu, mais j'aime assez Les Experts et New York District. Ce qui est marrant, c'est que la télé repart en arrière, comme la mode. Si les débats politiques ne sont pas mon truc, je regarde Lagaf' et ça m'amuse bien.


- On vous imagine entourée d'enfants…
- J'en ai plein autour de moi. Je suis toujours très bien avec eux, plus qu'avec certains adultes. Dès que les grands commencent à discuter… (elle souffle) ça m'ennuie. Alors je pars dans la salle de jeu avec les gamins et on s'amuse.


- Vous êtes une enfant, finalement ?
- Je n'ai pas bougé. Et je n'ai pas envie de grandir. Je ne le fais pas exprès, c'est une chance.

Un album comme avant !
Dorothée avoue avoir eu « un peu la trouille », mais son nouvel album sera bien le 15 mars dans les bacs. Les fans peuvent se rassurer : « Les dix-sept chansons sont dans la même lignée que les premières, avec des arrangements modernes. Il y aura aussi un petit clin d'œil à Hou ! la menteuse, à Nicolas et Marjolaine et une nouvelle version de La Valise. » Autre passage obligé, une ritournelle signée Michel Jourdan (le générique de Candy, c'est lui !) : « Sept ans et demi résume bien l'album. On aimerait tous restés bloqués à cet âge-là, faire en sorte que les gens arrêtent de se faire du mal et que nos parents restent près de nous… » Tout un programme.

Jacky : “C'est une grande timide”
« Nous sommes complices devant et derrière la caméra. » Difficile pour Jacky de résumer plus de vingt ans de collaboration et d'amitié avec Dorothée. « J'ai de nombreux souvenirs de Récré A2, des tournées et, bien sûr, de Club Dorothée. C'était très novateur, en 1987, de mettre à l'écran cinq animateurs. Chaque mercredi pendant dix ans, nous avons assuré six heures de direct et proposé près de 1.000 heures de programme par an », raconte-t-il. Pour Jacky, le retour de Dorothée sera assurément gagnant. « C'est une grande professionnelle, une fille très sensible, assez timide et réservée. Dorothée n'a jamais eu la grosse tête. Au contraire, son optimisme est fédérateur. »

Edition France Soir du samedi 20 février 2010 page 34


L'icône des enfants sort enfin de son silence et se prépare à donner une série de concerts très attendus. Le retour de Dorothée ? « C'est comme un tremblement de terre », ainsi qu'elle le chantait dans les années 1990. Pour toute une génération, l'annonce de quatre concerts exceptionnels sur la scène de l'Olympia et d'un nouvel album a fait l'effet d'une bombe. Les trentenaires ont tous quelque chose de Dorothée dans le cœur. Une chanson, un sourire, une tarte à la crème sur ce pauvre Jacky, un conseil avisé du dromadaire Sahara et, bien sûr, un épisode de Candy ou des Chevaliers du zodiaque...
Pendant des décennies, le regard espiègle de Dorothée, sa voix rocailleuse et son long nez, affectueusement caricaturé par Cabu, l'ont érigée au rang d'idole des enfants.
Née un jour de fête nationale, sous un firmament illuminé par des feux d'artifice multicolores, celle que ses parents appelaient encore Frédérique était « amoureuse de Fred Astaire et n'aimait à l'école que les spectacles de fin d'année, pour avoir le bonheur de se déguiser.
Repérée par Jacqueline Joubert dans un concours de théâtre amateur, elle atterrit « un peu par hasard » à la télévision. Si Truffaut la fait tourner pour le cinéma, Dorothée, qui rêve de comédie, exploitera ses talents de comédienne à la télévision dans Récré A2 et Club Dorothée, des émissions jeunesse devenues cultes. Sur la Une, le rendez-vous du mercredi et des vacances durera près de dix ans.


16 millions de disques vendus


En 1997, TF1 l'écarte brutalement de l'antenne. Corbier, Ariane, Patrick et Jacky sont alors forcés de faire leurs adieux, des larmes pleins les yeux, à des enfants qui ne comprennent pas bien pourquoi. Seule consolation, les tubes, que Dorothée a alignés avec panache. Hou ! la menteuse, Allô, allò, monsieur l'ordinateur, Nicolas et Marjolaine et près de 15 versions de La Valise tournent encore sur les platines vinyle. Au total, elle a vendu près de 16 millions de disques.
Les souvenirs scéniques, dans des comédies musicales puis des concerts, très courus par les enfants, demeurent nombreux. Entre 1990 et 1996, Dorothée remplit 56 fois Bercy sous les hourras de près de 750.000 bambins conquis. Une affluence jamais égalée. Aujourd'hui, celle qui est bien dans ses chaussettes rouge et jaune à petits pois se prépare à écrire une nouvelle page dans l'album souvenir qui l'unit à ses fans. Avec un peu d'anxiété, Dorothée a plus que jamais l'envie de retrouver « les millions de copains » qui ne l'ont jamais vraiment oubliée.

Qu'évoque Dorothée pour vous ?


Sandrine Hallaj, 37 ans, éducatrice de jeunes enfants, Paris XVIIIe
«Dorothée me rappelle ma jeunesse et les dessins animés du mercredi matin. Mon préféré était Candy. J'aimais bien Corbier, le barbu. Si mes enfants étaient plus jeunes, je les aurais emmenés au concert, car c'est important de leur transmettre ce qu'on a vécu dans notre enfance.»


Aïcha Dhibou, 55 ans, mère au foyer, Paris VII
«Mes enfants ont 35, 33 et 30 ans, et ils regardaient les émissions de Dorothée. C'est la première qui a amené les mangas à la télévision. Nous, les mamans, étions contre et c'est ce qui a causé sa perte. Le fait qu'elle revienne est plutôt une bonne nouvelle. Mes petits-enfants seront ravis.»


Alain Zinga, 28 ans, sans profession, Congo (RDC)
«Je regardais le Club Dorothée et la série Salut les Musclés. J'aimais Ariane, la petite brune. Je ne sais pas si son retour sera un succès, parce c'était une autre époque ; aujourd'hui les enfants possèdent des jeux vidéo... En tout cas, je lui souhaite bonne chance.»


Grégory Kerhoas, 23 ans, étudiant, Colombes
«Je regardais les dessins animés et notamment Les Chevaliers du zodiaque. Contrairement à ce qui a été dit à ce moment-là, ce n'était pas si violent. J'en garde de bons souvenirs. Je n'irai pas la voir sur scène, mais plein de gens de son époque font leur come-back, alors pourquoi pas ? »


Stéphanie Ferat, 23 ans, éclusière, Paris XIII
«Dorothée évoque de bons souvenirs. Le mercredi matin, je la regardais. Et puis ce sont de super chansons comme Mes chaussettes rouge et jaune à petits pois. J'ai des albums chez moi. J'ai grandi, donc je n'irai pas la voir en concert, mais ça peut plaire aux enfants, Chantal Goya a bien du succès...»


Dorothée – La valise en transit ?

Platine – 12 Mars 2010

1997 : DOROTHÉE EST PRIVÉE D'ANTENNE. 13 ANS APRÈS, ELLE FAIT SON GRAND RETOUR AVEC UN ALBUM ET QUATRE OLYMPIA EN CE MOIS D'AVRIL. "TROP TARD" DIRONT CERTAINS, CAR CELA FAIT DES MOIS QU'ON L'A VUE REVENIR CHEZ DRUCKER, NOTAMMENT AVEC CHANTAL GOYA, PUIS FAIRE LA PROMOTION D'UN LIVRE, DE LA CHAÎNE IDF 1 DE SON PYGMALION..., ET L'EFFET DE SURPRISE EST PASSÉ... "TROP PRÉCIPITÉ" DIRONT D'AUTRES, CAR LE NOUVEL ALBUM ANNONCÉ POUR LE 15 MARS N'A TOUJOURS PAS DE DISTRIBUTION PHYSIQUE (ON PEUT CEPENDANT LE TÉLÉCHARGER), ET LES OLYMPIA ONT DU MAL À SE REMPLIR... NOUS AVONS VOULU SAVOIR CE QU'EN PENSAIT L'INTÉRESSÉE. UNE INTERVIEW QUI SE LIT ENTRE LES LIGNES...


(En arrivant au rendez-vous, je croise la chanteuse en train de fumer une cigarette devant le grand hôtel parisien où nous avons rendez-vous. Elle l'éteint et me rejoint au bar)


- J'AI LU SUR UNE DÉPÊCHE AFP QUE VOUS AVIEZ DÉJÀ ENREGISTRÉ 16 ALBUMS, CELUI-LÀ EST DONC LE 17ÈME ?
- Je n’en sais rien du tout. On m'a posé la question hier aussi, et j'ai été incapable de savoir... Remarquez vu qu'il y en eu un par an, ça doit être ça... (Ndlr: avant sa "traversée du désert", Dorothée a enregistré de 1980 à 1996, soit durant 16 ans)


- DANS CET ALBUM, IL Y A UN PREMIER SINGLE TRÈS NOSTALGIQUE, "ON M'APPELAIT DOROTHÉE", QUELQUES AUTRES TITRES SUR LE PASSÉ ("EN CE TEMPS", "LES CHANSONS DU PASSÉ"), MAIS AUSSI DES CHANSONS AU "JE" ET AU PRÉSENT COMME VOUS EN AVEZ FAIT BEAUCOUP À VOTRE GRANDE ÉPOQUE ("JE SUIS AMOUREUSE", "EMMÈNE-MOI » ...), QU'EST-CE QUI EST LE PLUS FACILE À ENREGISTRER ?
- Mais c'est pareil. Une chanson, c'est une chanson. Il y a l'air d'un côté, les paroles d'un autre... Je suis sincère à chaque fois, dans chaque chanson... Je ne fais pas de différences.


- CELA NE VOUS TOUCHE PAS PLUS...
- Ah si !


- ... QUAND VOUS CHANTEZ "ON M'APPELAIT DOROTHÉE"...
- Quand je découvre une chanson et que je l'enregistre, je suis tellement concentrée pour être juste, en place..., que je ne me laisse pas gagner par l'émotion, même si je sens qu'elle est là. Je suis sérieuse quand j'enregistre et je ne me laisse pas piéger, quoi que... de temps en temps... Notamment avec la chanson de Jourdan sur cet album (Ndlr : "7 ans et demi”). Quand je l'ai réécoutée juste après l'avoir enregistrée, j'étais très émue...


- CELA SIGNIFIE-T-IL QUE VOUS NE SENTEZ PAS L'ÉMOTION QUAND ELLE SORT, MAIS UNIQUEMENT À L'ÉCOUTE ?
- Je la transmets forcément, mais, de là à dire ce que je préfère chanter, non.


- CE N'EST PAS UNE QUESTION DE "PRÉFÉRER", MAIS DE FAIRE UNE DIFFÉRENCE ENTRE LES CHANSONS OÙ VOUS PARLEZ DE VOTRE PASSÉ ET DE VOTRE PERSONNAGE, DE CE QUE VOUS AVEZ ÉTÉ, COMME DANS "ON M'APPELAIT DOROTHÉE", ET CELLES OÙ VOUS CHANTEZ AU PRÉSENT EN JOUANT LA PETITE FILLE COMME DANS "JE SUIS AMOUREUSE"...
- Ça ne change rien, c'est pareil... Et je me souviens qu'à l'époque, il y avait aussi quelques chansons où je parlais du passé. De temps en temps. Je me souviens d'une qui s'appelait "Papa"...


- PRÉFÉREZ-VOUS CHANTER UNE CHAN- SON QUI PARLE D'AMOUR OU D'AMITIÉ ? DANS CET ALBUM, "UNE CHANSON D'AMOUR" OU "ON A TOUJOURS BESOIN"?
- Je n'ai pas de préférence. Pour moi, ce qui compte c'est si l'air est drôle, s'il y a un bon refrain, un gimmick...


- "LA VALISE 2010" A DU JUSTEMENT VOUS FAIRE "DRÔLE", NON ? C'ÉTAIT LA CHANSON OBLIGATOIRE DE VOS ALBUMS... VOUS SOUVENEZ-VOUS DE TOUS LES TEXTES DE CETTE CHANSON ?
- Non, bien sûr que non ! Il y a tellement de choses dans "La Valise". L'intérêt de cette "Valise", c'est qu'il y en avait une par album et chacune était différente de l'autre car elle collait à l'air du temps : il y a eu la Valise raggamuffin, la Valise je ne sais plus quoi. Pour la nouvelle Valise, c'est du slam.


- ON Y RETROUVE D'AILLEURS VOTRE TALENT D'ACTRICE, NOTAMMENT DANS LE TON QUE VOUS PRENEZ POUR DIRE LES DERNIERS MOTS PARLÉS DE LA CHANSON.
- Tout y est parlé puisque c'est du slam... Mais vous voulez peut-être évoquer le moment où je dis aux chœurs : "C'est fini, là oui ?!"


- C'EST ÇA ! FRANÇOIS TRUFFAUT L'A DIT DÈS 1980, APRÈS QUE VOUS AYEZ TOURNÉ AVEC LUI, MAIS VOUS ÊTES UNE TRÈS BONNE COMÉDIENNE.
- Merci... (elle prend sa voix de petite fille) Je ne l'ai pas fait exprès... (rire d'enfant)


- VOUS AVEZ FAIT BEAUCOUP DE PRISES DE VOIX POUR CETTE CHUTE ?
- Non, une fois... Quand c'est bien la première fois, on ne va pas recommencer pour rien...


- QUAND VOUS ENREGISTREZ, SAVEZ-VOUS LES TITRES QUI ONT LE POTENTIEL DE SINGLES ?
- Non, jamais. Il y a même un gag entre Jean-Luc et moi. Quand il me demande si j'aime une chanson qu'il a choisi de sortir en single, et que je lui réponds "Oui", il dit toujours : "Zut, tu l'aimes, donc ça ne marchera pas" (rires). La preuve : "Hou la menteuse", je ne voulais pas la faire. Je l'ai faite uniquement pour lui faire plaisir. Comme quoi c'est bien d'être gentil : si je ne l'avais pas faite, cela aurait été un drame... (sourire)


- IL Y A BEAUCOUP DE TITRES QUE VOUS AVEZ REFUSÉS À VOTRE PRODUCTEUR ?
- On ne peut jamais savoir ce que ça peut donner. Même Jean-Luc, quand il écrit, il ne sait pas trop ce qui va plaire ou pas.


- POUR FAIRE CET ALBUM, AVEZ-VOUS EU UN CHOIX DE PLEIN PLEIN PLEIN DE CHANSONS, OU BIEN JUSTE CELLES QUI SONT DESSUS ?
- Pas "plein, plein, plein", mais plusieurs autres, et puis le choix a été fait comme ça...


- VOTRE CHOIX A PRIS DU TEMPS OU VOUS AVEZ TOUT DE SUITE SU LES CHANSONS QUI VOUS PLAISAIENT ?
- On ne peut pas être devant et derrière le micro, ce qui fait que ce n'est pas moi qui choisis, mais le producteur...


- C'EST DONC JEAN-LUC AZOULAY QUI CHOISIT TOUJOURS TOUTES VOS CHANSONS...
- Oui.


- CERTAINES N'AVAIENT-ELLES PAS ÉTÉ ÉCRITES POUR DES ALBUMS D'AVANT 1996 ET NON RETENUES À L'ÉPOQUE ?
- Non. Elles ont toutes été écrites spécialement pour ce nouvel album. On a tout fait il y a un ou deux mois, je ne sais plus... L'orchestre a été enregistré, j'ai chanté, ça a été mixé, tout à la suite.


- VOUS AVEZ ENREGISTRÉ DANS LE MÊME STUDIO QU'À L'ÉPOQUE ?
- Dans les deux mêmes studios.


- ILS EXISTENT TOUJOURS ?
- Ben oui il y a celui de Roland Guillotel à Suresnes...


- LÀ OÙ TV5 TOURNE "ACOUSTIC"...
- Ah ça, je n’en sais rien, je ne connais pas... C'est un studio qui a été installé dans une ancienne salle de cinéma. On y enregistre souvent des musiques de films.


- ET L'AUTRE ?
- C'est celui d'AB à la Plaine St-Denis.


- IL EXISTE TOUJOURS ? JE PENSAIS QUE JEAN-LUC AZOULAY AVAIT LOUÉ LES PLATEAUX COMME LES STUDIOS...
- C'est vrai que les gros plateaux ont été loués, mais pas le studio.


- CELA VOUS A-T-IL FAIT QUELQUE CHOSE DE REVENIR DANS CE STUDIO 13 ANS APRÈS VOTRE DERNIER ALBUM ?
- Non... Ce n'est qu'un studio... Il n'y a pas de nostalgie particulière.


- VOUS Y ÉTIEZ DÉJÀ REVENUE DEPUIS ?
- Oui, j'avais dû y revenir deux ou trois fois pour enregistrer des voix off ou voir quelqu'un chanter.


- RÉALISEZ VOUS QUE, COMME VOUS AVEZ ENREGISTRÉ DES ALBUMS DE 1980 À 1996, ET AVEZ ARRÊTÉ DE 1997 À AUJOURD'HUI, VOTRE CARRIÈRE A DURÉ À PEINE PLUS QUE VOS ANNÉES "DE RETRAITE" ?
- Ah bon ? Non, je n'avais pas fait le calcul... De toute façon, le calcul et moi, ça fait 42 !


- QUELLE EST LA PÉRIODE QUI VOUS A SEMBLÉ LA PLUS LONGUE ? CELLE D'AC- TIVITÉ OU CELLE D'INACTIVITÉ ?
- La première. Parce qu'elle n'a pas commencé en 1980, mais en 1973 quand j'ai fait mes premières télés. En plus, j'ai fait des disques avant 1980, des 45 tours du temps de "Récré A2", des génériques...


- VOUS ÊTES SÛRE ?
- (je lui montre sa disco 45 tours sortie dans Platine en décembre dernier, #166)
Oui, il y a eu d'autres 45 tours avant celui avec lequel vous avez commencé ma discographie... Mais peu importe, moi je ne compte pas.


- QU'EST-CE QUI VOUS A POUSSÉ À REVENIR ? LORS DE NOTRE DERNIÈRE-ET PREMIÈRE - INTERVIEW, LE 17 NOVEMBRE 2007 (#146), POUR LA SORTIE DU LIVRE "LES ANNÉES DOROTHÉE" DE JACQUES PESSIS, VOUS NE SEMBLIEZ PAS EN AVOIR ENVIE PLUS QUE ÇA...
- J'avais besoin d'un break, oui. Maintenant, je me suis assez reposée. Ça va. On est reparti.


- POURQUOI L'AN DERNIER, EN 2009, AVEZ-VOUS RECOMMENCÉ À FAIRE DE LA TÉLÉ SUR IDF 1, LA PETITE CHAÎNE RÉGIONALE LANCÉE EN ILE DE FRANCE PAR VOTRE PRODUCTEUR ?
- Jean-Luc créait sa chaîne... C'était donc pour lui filer un coup de main... Ça m'a surtout permis de faire le "Noël de l'amitié", ça, c'est important.


- C'EST UNE ÉMISSION CARITATIVE, NON ?
- Oui, c'est ce qu'on faisait avant avec TF1... C'est vraiment important. De toute façon, je ne fais que des choses événementielles sur IDF1.


- VOUS AVEZ DIMINUÉ VOTRE TEMPS D'ANTENNE. EN 2008, VOUS ÉTIEZ PLUS PRÉSENTE, NON ?

- Oui, au lancement... Ensuite, il y a eu la relève, donc, c'est bon... Et Jacky est là, donc, tout va bien (sourire).


- N'AVIEZ-VOUS PAS RELANCÉ UNE SORTE DE "CLUB DOROTHÉE" QUOTIDIEN AVEC JACKY, ARIANE...
- ... Et Patrick (Ndlr : Simpson-Jones) qui est revenu spécialement des États-Unis. On avait repris la même équipe : les cadreurs, les techniciens, les maquilleuses... Seul Corbier n'était pas avec nous, car il est sur les routes avec son spectacle et sa guitare. Désormais, si moi je n'y suis que ponctuellement, Ariane, comme Jacky, travaille toujours là-bas.


- PARLONS DE L'OLYMPIA QUI VA AVOIR LIEU EN AVRIL. QU'ALLEZ-VOUS FAIRE ?
- Là, c'est en pleine construction, donc, je ne peux rien dire. On essaie de faire une bonne balance entre les anciennes et les nouvelles chansons...


- LE SPECTACLE VA DURER COMBIEN DE TEMPS ?
- Comme d'habitude : deux heures et demi. Avec entracte.


- QUE FAÎTES-VOUS POUR VOUS PRÉPARER PHYSIQUEMENT À CES QUATRE SOIRS ENCHAÎNÉS ? C'EST UN MARATHON...
- Oui (rires). J'ai commencé chez Patrick Sébastien, c'est reparti. J'ai enregistré Drucker mercredi dernier (Ndlr : qui a été diffusé le dimanche 14 mars), ça s'est très bien passé... Le rythme revient assez facilement.


- LES ARTISTES FONT BEAUCOUP D'ENTRAÎNEMENT SPORTIF AVANT UNE SCÈNE, DU CARDIO-TRAINING... VOUS PAS ?
- Non, pas spécialement pour l'instant. Je vais voir.


- QUAND VOUS AVEZ FAIT VOS BERCY DANS LES ANNÉES 90, VOUS N'AVEZ JAMAIS SUIVI UN ENTRAÎNEMENT SPORTIF POUR VOUS Y PRÉPARER ?
- Non, je faisais "Le Club Do"" !!! (Rires)


- C'EST VRAI QU'ANIMER CETTE ÉMISSION TOUS LES JOURS DEVAIT ÊTRE UN SACRÉ SPORT... DONC, FAIRE L'OLYMPIA QUATRE JOURS DE SUITE, DEUX HEURES ET DEMI PAR SOIR, CELA NE VOUS FAIT PAS PEUR ?
- Si...


- AVEZ-VOUS PEUR "PHYSIQUEMENT" OU DANS LA TÊTE ?
- J'ai d'abord peur de décevoir, ensuite celle de ne pas tenir le coup, mais bon... De toute façon, je suis toujours inquiète chaque fois que je fais quelque chose.


- POURQUOI CHOISIR L'OLYMPIA ALORS QU'IL PARAIT D'APRÈS L'AFP QUE VOUS AVEZ CHANTÉ 58 FOIS À BERCY...
- Je pensais que c'était 56 Bercy, mais c'est peut-être 58.... Mais je préfère l'Olympia. D'abord, cela a été la première salle que j'ai faite après mes spectacles à la tour Eiffel. Ensuite, je trouve ça plus intimiste (Ndlr : la salle compte 2200 places assises alors que Bercy peut accueillir 10 000 personnes...)


- AVEZ-VOUS UN SOUVENIR DE L'OLYMPIA ?
- Oui. D'abord, c'était l'ancien Olympia (Ndlr : il a été refait en 1997). Ensuite, je me souviens qu'un soir, sur scène, je m'étais dit à moi-même : "Mais tu te rends compte de tous ceux qui y sont passés avant toi ?". "Qu'est-ce que tu fais là, toi ? Ce n'est pas ta place..." (sourire) Tout à coup, je m'étais sentie comme une petite fourmi...


- EN PLUS, VOUS N'AVIEZ PAS ENCORE EU DE TUBES ?
- J'y chantais la comédie musicale "Le pays des chansons"...


- VOUS PARLEZ DES TITRES COMME "MUSIQUE MAGIQUE" SORTI EN 45 TOURS ?
- Oui, il y avait ça dedans... Ce n'était que des chansons originales.


- DÉJÀ TOUTES DE JEAN-FRANÇOIS PORRY, ALIAS JEAN-LUC AZOULAY, ET GÉRARD SALESSES?
- Exact... Attention, Jean-Luc est mon producteur et Jean-François, mon parolier... (rires) C'était l'histoire d'un pays où tous les personnages étaient des chansons : la chanson drôle était un violoncelle, la chanson triste un violon, la chanson militaire une batterie... C'était un conte.


- TOUTES LES CHANSONS FOLKLORIQUES QUE VOUS AVEZ ENREGISTRÉES ET QUI SONT SORTIES EN SÉRIE PLUSIEURS FOIS - ONT-ELLES AUSSI EU DROIT À UN SPECTACLE ?
- Oui, il y en a eu un : "Tambour battant" qu'on a promené en France. À Paris, je ne me souviens plus. C'était à l'époque de "Récré A2".


- LA SÉRIE DE DISQUES EST RESSORTIE D'AILLEURS PLUSIEURS FOIS...
- Oui, cela a très bien marché. Ces vieilles chansons françaises "du "répertoire" étaient d'ailleurs présentées dans des disques avec des dessins...

- À CE PROPOS, SAVEZ-VOUS QU’ « ATTENTION DANGER" ET "TREMBLEMENT DE TERRE❞ ÉTAIENT LES DEUX ALBUMS QUI ONT LE MIEUX MARCHÉ, CERTIFIÉS DOUBLE OR... VERS 1989
- Non, je ne savais pas.


- VOTRE PREMIER ALBUM A ÉTÉ "QU'IL EST BÊTE" EN 1985 ET LE DERNIER "CHAGRIN D'AMOUR" EN 1990. ENTRE LES DEUX, IL Y A EU "ALLÔ MONSIEUR L'ORDINATEUR" ET "MAMAN", ÉGALEMENT DISQUES D'OR EN 1986 ET 1987…
- Il me semble que j'ai eu aussi un disque de platine, mais je ne sais plus lequel (Ndlr : il n'est pas répertorié au SNEP).


- AVEZ-VOUS RÉALISÉ QUE LES ANNÉES 85-90 ONT ÉTÉ PLUS FORTES EN VENTES DE DISQUES QUE LES DERNIÈRES ANNÉES OU LES ANNÉES 80 À 96 ONT ÉTÉ UN TOURBILLON PERMANENT ?
- Plutôt la deuxième version... Je n'ai jamais fait de comparaison entre les années, encore moins de chiffres... Je mettais toujours autant de cœur et de conscience professionnelle quels que soient les résultats...


- VOUS ALLEZ VOUS RÔDER DANS UNE VILLE DE PROVINCE AVANT L'OLYMPIA, NON ?
- On doit faire Roubaix, normalement... Normalement...


- Y AURA-T-IL BEAUCOUP DE DÉCORS ? DE COSTUMES ?
- Ce n'est pas réglé encore, ça.


- SI CELA NE DÉPENDAIT QUE DE VOUS, PRÉFÉRIEZ-VOUS CHANTER EN TENUE DE VILLE OU EN COSTUMES DE SCÈNE COMME À L'ÉPOQUE ?
- Moi j'aime bien les changements de costumes qui ne sont pas trop compliqués. Mais il faut quand même que cela provoque un effet quand on entre en scène. J'aime bien les changements de costume pour ça.


- VOUS AVEZ UNE IDÉE DE...
- ...Non (sourire)


- ... DU PUBLIC QUI VA VENIR VOUS VOIR ? EST-CE QUE CE SONT LES ENFANTS DES ANNÉES 70 À 90 QUI VONT VENIR VOUS APPLAUDIR AVEC LEURS ENFANTS ?
- Ce qui est sûr c'est qu'on a les trentenaires, ceux qui ont entre 30 et 40 ans... Ils me l'ont dit déjà plusieurs fois. Donc, ceux-là, c'est sûr, ils viennent. On aura aussi les anciens avec leurs petiots. Ça, ça va être drôle...


- EST-CE FACILE DE CHOISIR DANS LA MASSE DE VOS SUCCÈS, CEUX QUE VOUS ALLEZ CHANTER ?
- Non, mais je ne peux pas faire 10 heures de spectacle ! De toute façon, je sais déjà, qu'après le spectacle, des gens vont me dire : "Pourquoi il n'y a pas eu celle-là ?", "Pourquoi pas celle-là ?" On va donc essayer de faire le maximum pour plaire à la majorité. Mais on ne peut pas contenter tout le monde.


- VOUS PRÉFÉREZ FAIRE UN MAXIMUM DE TUBES OU ALORS ALLEZ-VOUS GARDER DE LA PLACE POUR LES JOLIES CHANSONS "DE JOUJOU", COMME DIT VOTRE PRODUCTEUR, C'EST-À-DIRE CELLES DE MICHEL JOURDAN QUI EN A ÉCRIT EN GROS UNE PAR ALBUM...
- De toute façon, il y a aura "7 ans et demi", ça c'est sûr.


- DANS LE PASSÉ, MICHEL JOURDAN A SIGNÉ DE JOLIES CHANSONS QUI N'ONT JAMAIS ÉTÉ DES SINGLES...
- C'est exact. Mais, aujourd'hui, de toute façon, il n'y a plus de singles... Les gens écoutent de la musique sur le net...

- Y AURA-T-IL DE NOMBREUX MOMENTS D'ÉMOTION SUR SCÈNE ?
- Comme d'habitude, il y aura de tout. En plus, moi je n'ai jamais pensé en termes de singles, je pensais en albums, et même en 33 tours ! (Sourire).


- QUAND JE VOUS MONTRE CES PAGES DE PLATINE AVEC VOS 45 TOURS, CELA NE VOUS ÉVOQUE DONC RIEN ?
- (elle tourne les pages et retrouve ses disques) Oh là là ! (Elle est étonnée par le nombre de pochettes). C'est superbe mais c'est vrai que les albums me parlent plus que les singles.


- ALLEZ-VOUS REPRENDRE DES CHANSONS FOLKLORIQUES QUE VOUS AVEZ ENREGISTRÉES ?
- Non. Après l'époque "Récré A2", je ne les ai jamais rechantées sur scène...


- FEREZ-VOUS DES REPRISES À L'OLYMPIA ? COMME VOUS EN FAISIEZ DANS VOS SHOWS TÉLÉ DE FIN D'ANNÉE, NOTAMMENT DU ROCK'N'ROLL DES ANNÉES 50 ?
- Je n'ai jamais fait de reprises sur scène. Je n'ai toujours fait que mes propres chansons. Ce sera pareil à l'Olympia. Déjà que je n'ai pas la place de chanter tous mes anciens succès, si, en plus, je rajoute ceux des autres, ce n'est même pas la peine d'essayer de rentrer sur scène (rires). Non, ce ne sera que du Dorothée-Porry-Salesses.


- SUR SCÈNE, ALLEZ-VOUS RÉUSSIR À VOUS SOUVENIR DES NOUVEAUX TEXTES, NOTAMMENT CELUI DE "LA VALISE 2010" QUI FAIT TROIS PAGES ?
- Je ne suis pas sûre de la faire du tout.... En plus, le slam, c'est très difficile, ce n'est pas mon truc. Déjà, j'ai beaucoup de mal à apprendre mes textes. J'ai toujours eu du mal à apprendre mes nouvelles chansons. En plus, je suis vite déconcentrée. Sur scène, il suffit que je regarde quelque chose qui se passe dans le public, et j'oublie mon texte... Même si je connais très bien la chanson... Pour ce nouvel Olympia, je ne m'inquiète pas pour les anciennes chansons car le public pourra toujours les chanter à ma place en cas de défaillance. En revanche, les nouvelles...


- CELA VA-T-IL ÊTRE FACILE DE CHANTER "7 ANS ET DEMI", UN TITRE QUI PARLE DE LA MORT DES PARENTS, ALORS QUE VOUS AVEZ PERDU LES VÔTRES EN 1977 ET 1997 ?
- Évidemment, je serai obligée d'y penser. Quand je l'ai écoutée la première fois jouée à la guitare, j'y suis allée de ma larme...


- ON NE GUÉRIT PAS ?
- Non, on n'oublie pas. On ne peut pas. Tout le monde vous dit ça passera avec le temps... Mais ce n'est pas possible. Pas quand on a été aussi proche de ses parents.


- N'AVEZ-VOUS PAS SONGÉ À LA REFUSER PARCE QU'ELLE VOUS TOUCHAIT TROP ?
- Au contraire...


- SUR SCÈNE, CELA RISQUE D'ÊTRE DUR, NON ?
- On verra ça... Mais oui, cela risque d'être très difficile... Je ne suis pas qu'une chose à chanter : je suis un être humain, que diable !


- PAS QU'UNE "POUPÉE DE CIRE, POUPÉE DE SON" ?
- Pas qu'une "Poupée d'images et de chansons"... (sourire) Vous m'avez tendu la perche...


- AUREZ-VOUS DES INVITÉS À L’OLYMPIA ?
- Il parait qu'il y aura des surprises... Je ne peux pas en dire plus, d'abord parce que Jean-Luc ne m'a rien dit.


- SAVEZ-VOUS DÉJÀ SI CE SPECTACLE VA ÊTRE FILMÉ ?
- Oui. Il va y avoir une captation.


- DONC, IL RISQUE DE SORTIR EN DVD COMME LES QUATRE BERCY DES ANNÉES 90 : 90, 92, 94 ET 96...
- Ben oui... Ça, c'est sûr (sourire)


- IL Y A AU MOINS UNE CHOSE QUI EST SÛRE (SOURIRE) ! ENFIN UN SCOOP ! POUR L'ARRACHER, IL A FALLU Y ALLER ! (RIRES) ALLEZ-VOUS TOURNER EN PROVINCE APRÈS L'OLYMPIA ?
- Ça, on verra, ce n'est pas à l'ordre du jour... Là, je veux réussir l'Olympia (tendue). On verra la suite après. Chaque chose en son temps. Step by step.


- VOUS TROUVEZ VOTRE RETOUR PLUS ÉPUISANT QUE CE QUE VOUS PENSIEZ ?
- Oui, on aurait pu faire l'album, sa promo, et, plus tard, l'Olympia... Là, tout arrive en même temps. Mon petit cerveau n'est plus habitué à réfléchir si vite (sourire).


- LA DATE DE SORTIE DE L'ALBUM ÉTAIT PRÉVUE LE 15 MARS. POURQUOI CELLE-CI A-T-ELLE ÉTÉ REPOUSSÉE ?
- Il va être vendu en numérique sur internet très bientôt et il sera dans les bacs, un peu plus tard (Ndlr: avec les délais de mise en place actuels, si, le 12 mars, Dorothée n'avait pas de date précise et que l'album n'était toujours pas pressé, c'est que la sortie physique ne pouvait pas avoir lieu avant mi-avril).


- IL PARAIT QUE LA POCHETTE DU DISQUE DÉFINITIF N'EST PAS LA MÊME QUE CELLE DU PRÉ-CD?
- C'est la même photo de la nana, mais autour ce n'est pareil...


- LA NANA ? POURQUOI CETTE DISTANCE ENTRE VOUS ET LA CHANTEUSE EN VESTE PAILLETÉE ?
- (sourire) Il y a aussi sur la pochette la petite Dorothée dessinée par Cabu... Elle est avec nous...


- VOTRE NOM RESTE ÉCRIT DANS LE CARTOUCHE ROUGE HABITUEL ?
- Oui, ça aussi, c'est de Cabu.


- CE LOGO DATE DE MATHUSALEM... (SOURIRE)
- Oui, comme la chanteuse. Le temps ne passe pas.


- J'AI LU DANS LA PRESSE QUE VOUS N'AVIEZ PLUS 5 ANS COMME DANS LES ANNÉES 80 MAIS 7 ANS...
- "7 ans et demi" !


- À 56 ANS, C'EST FACILE DE FAIRE CROIRE QU'ON EST TOUJOURS UNE ENFANT ?
- Quand je dis que je suis enfant, ça ne veut pas dire non plus que je suis une ado attardée...


- SI VOUS ÊTES ENFANT, DE TOUTE FAÇON, VOUS N'ÊTES PAS ENCORE UNE ADO, ENCORE MOINS ATTARDÉE... (SOURIRE)
- Oui (sourire), j'ai juste l'âge de raison... Si je dis que j'ai 7 ans, c'est juste pour dire que je peux m'amuser de choses simples, je ne me prends pas la tête...


- COMME MYLÈNE FARMER, SYLVIE VARTAN, DALIDA, VOUS COMPTEZ BEAUCOUP DE GAYS DANS VOTRE PUBLIC. NE REGRETTEZ-VOUS PAS VOS TEXTES UN PEU "CLASSIQUES" COMME : "LES FILLES AIMENT LES GARÇONS", "MÉFIE-TOI DES GARÇONS" OÙ VOUS PARLEZ AUX FILLES, OU ENCORE "COUP DE TONNERRE" OÙ VOUS DITES "FILLE VIENT DE RENCONTRER GARÇON" ? N'AVEZ-VOUS PAS ENVIE DE CHANTER DES CHOSES UN PEU PLUS UNIVERSELLES, NON SEXÉES ?
- Oh là là... Si vous décortiquez chaque mot de chaque chanson ! (Un peu énervée) Moi, je ne vais pas jusque-là... Là, il pensait plutôt aux gamines... D'ailleurs sa fille adore cette chanson : "Les filles aiment les garçons". Quand il écrit, il ne se demande pas si ça va plaire à un tel ou à un tel. Il ne cible pas pour tel ou tel public.


- ÊTES-VOUS CONSCIENTE D'AVOIR UN PUBLIC GAY QUI A GRANDI AVEC VOUS DANS LES ANNÉES 70, 80 ET 90 ?
- Non seulement j'en suis consciente mais j'en suis très fière.


- COMME ILS N'ONT PAS EU D'ENFANTS, NE SONT-ILS PAS UN PEU COMME VOUS, RESTÉS DES ENFANTS ? NE SONT-ILS PAS AUSSI TRÈS FIDÈLES ET MILITANTS ? ILS VOUS DÉFENDENT MÊME QUAND ON VOUS ATTAQUE...
- Complètement ! Ils font pour moi des choses magnifiques. En revanche, il ne faut pas les décevoir. Je suis très contente d'avoir ces copains-là.


- ON IMAGINE VOLONTIERS QUE L'OLYMPIA SERA AUTANT REMPLI DE TRENTENAIRES EN COUPLE AVEC LEURS ENFANTS ET DE GAYS, VOIRE DE BRANCHÉS PARISIENS. CA VOUS FAIT DRÔLE ?
- Comme je les ai connus petits, ça va... On reste en famille...


- VOUS ÊTES TOUJOURS LEUR GRANDE SŒUR ?
- D'après un petit reportage amateur tourné mercredi (Ndlr : un micro-trottoir tourné à la sortie de l'émission de Drucker) et que j'ai vu ce matin sur un site internet, il y en a beaucoup qui me considèrent toujours comme leur grande sœur ou leur deuxième maman...


- N'AVEZ-VOUS PAS, VOUS AUSSI, ÉTÉ TRÈS PROTÉGÉE PAR LE GROUPE AB QUI ÉTAIT UNE DEUXIÈME FAMILLE POUR VOUS ?
- C'est vrai que j'ai été très protégée. En plus, ce qui m'intéressait, c'était mon travail, faire mes émissions. Aller papoter dans les grandes soirées, ce n'était pas pour moi...


- PENSIEZ-VOUS QUE VOS PRODUCTEURS VOUS SERAIENT AUSSI FIDÈLES 13 ANS APRÈS VOTRE DÉPART DE TF1 ?
- Oui, je connais bien les deux, ce sont des fidèles. Et le A et le B d'AB. On a commencé ensemble, tous petits... Quand je vois leurs réussites, je trouve ça extraordinaire. Surtout quand je vois que maintenant Berda arrive à TF1 à la place de Patrick Le Lay...


- SI DRUCKER EST TOUJOURS BIENVEILLANT, D'AUTRES SONT PLUS VIOLENTS COMME THIERRY DE LA MAIZIÈRE QUI VOUS A POSÉ DE VRAIES QUESTIONS IL Y A QUELQUES SEMAINES SUR TF1... COMMENT L'AVEZ-VOUS VÉCU ?
- Je trouve qu'on doit me laisser tranquille. Je donne assez comme ça...


- COMMENT PRENEZ-VOUS LE FAIT QU'ON VOUS PARLE DE MALADIE OU DE CHOSES COMME ÇA (NDLR : LE JOURNALISTE LUI A PARLÉ DE SON CANCER, DE SES PROBLÈMES D'ALCOOL)
- Ça, c'est ma vie à moi, en dehors de la télé. Je trouve que personne n'a le droit d'y toucher. C'est ma vie privée. Le terme "privé" est clair. Je n'ai jamais étalé ma "vie privée" dans les endroits publics, je ne vois pas pourquoi on en parlerait maintenant.


- ON EN A PARLÉ SOUVENT À VOTRE PLACE ?
- Tout le monde a essayé, mais, comme je ne dis jamais rien, il n'y a pas de problèmes. Je n'aime pas quand on parle à ma place, ça, c'est sûr.


- QUAND UNE TÉLÉ VOUS INTERVIEWE, ELLE NE VOUS PRÉVIENT JAMAIS DU GENRE DE QUESTIONS ?
- Non.


- C'EST UN PEU UN PIÈGE ?
- Souvent, souvent...


- VOUS POUVEZ REGRETTER VOS RÉPONSES QUAND ON VOUS PIÈGE ?
- Regardez Morandini ça s'est hyper-bien passé. Avec Drucker, c'était super-drôle. Avec Sébastien, c'était très détendu... Je ne garde que ces bons souvenirs.


- FINALEMENT, IL N'Y A DONC QU'AVEC TF1 QUE ÇA S'EST MAL PASSÉ... PARCE QU'ILS ONT ESSAYÉ DE FOUILLER UN PEU...
- Ils ont essayé. Ils n'ont pas réussi.


- N'ÊTES-VOUS PAS UN BUNKER ? UNE FORTERESSE QU'ON NE PEUT PAS PÉNÉTRER ?
- Quand on m'embête trop, je mets un mur. Si on va trop loin, ou si on me ment, ou si on triche, après c'est fini, on ne peut plus rien me faire sortir. Ce n'est même plus la peine. On peut même venir avec un marteau-piqueur, cela ne sert plus à rien...


PROPOS RECUEILLIS LE 12 MARS 2010.


Tiens revoilà Dorothée !

Le Parisien – 14 mars 2010

L’ancienne animatrice revient avec un nouvel album et annonce un tour de chant à l’Olympia le mois prochain.

Ces quinze dernières années, elle s'est « reposée ». « Ben Oui. Il fallait bien poser ses valises, quand même », énonce-t-elle sur un débit de mitraillette. Au temps de sa splendeur, Frédérique Hoschedé, plus connue sous le pseudonyme de Dorothée, donnait des concerts à tour de bras, jouait dans des séries dont certaines n'ont jamais été vues en France et semblait habiter dans la lucarne : vingt-deux heures d'antenne par semaine en temps normal, plus de quarante lors des vacances scolaires. « C'est quand ça s'arrête qu'on s'aperçoit que tout ça, ça fatigue », admet-elle avec cet air qu'on lui connaît par cœur : un froncement de sourcils déterminé, suivi d'un sourire franc. On ne saura pas si, à un moment ou à un autre, elle en a eu assez de se reposer. Si elle a trouvé le temps long. Elle assure que non...

Aujourd'hui, Dorothée annonce son retour : du 17 au 19 avril, la performeuse aux multiples disques d'or remontera sur scène, à l'Olympia. « J'ai cédé à la pression des fans », justifie-t-elle. C'est tout ? « Non, à mon producteur aussi ! »
Aujourd'hui comme hier, Jean-Luc Azoulay semble jouir de tous les pouvoirs sur Dorothée : il a également écrit son album et est en train d'imaginer son spectacle. Un show sur lequel Dorothée n'en dira pas plus. Silencieuse jeune fille de 56 ans. « Je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi différent dans la vie et sur scène, s'exclame l'attachée de presse qui l'accompagne. Capable de faire le show devant 10 000 personnes, de danser, de chanter et, aussitôt descendue de scène, redevenir comme elle est : timide. » A part la voix, aujourd'hui plus grave, le temps n'a rien fait à l'affaire Dorothée.


AUDE DASSONVILLE

Toujours la même chanson !
Vous rêviez du retour de l'orgue Bontempi ? Celui que vous avez reçu à Noël 1988 et dont vous n'avez jamais sorti que trois malheureux accords ? Dorothée ne l'a apparemment jamais oublié non plus. Ses notes aigrelettes constituent la bande-son des seize chansons de son album, musicalement aussi ambitieuses qu'à l'époque de ses tubes : « Allô, Allô, Monsieur l'ordinateur » ou « Hou ! la menteuse ». Les thèmes sont les mêmes, les mots et les rimes aussi (« Il m'a dit/qu'il m'aimait pour la vie/tant mieux/car moi je l'aime aussi » ; « Petit à petit/l'oiseau fait son nid/et l'arbre grandit/ainsi va la vie »). A qui s'adresse véritablement cet album : aux nostalgiques incurables, aux adeptes du huitième degré ? Plutôt aux fillettes de 4 à 7 ans. Comme hier. Et si ça se trouve, ça va leur plaire...
A.DA.


Bienvenue au Club

Direct Soir – 15 mars 2010

Après quatorze ans de silence, l'animatrice préférée des enfants dans les années 1990 revient aujourd'hui avec un album inédit et une série de concerts exceptionnels à l'Olympia en avril. Un événement attendu par des milliers de fans nostalgiques.
«Un jour, on se retrouvera », promet-elle sur l'antenne de TF1 lors de la dernière du Club Dorothée, le 29 août 1997. Une promesse que la chanteuse a tenue. A 56 ans, Dorothée sort aujourd'hui un nouvel album et signe son grand retour sur scène, non sans crainte. « C’est la pression des fans qui m'a décidée, confie celle qui a été désignée en 2004 personnalité la plus regrettée par les lecteurs de Télé 7 jours. J'ai peur de décevoir des fans que j'ai connus enfants et qui sont sans doute aujourd'hui à leur tour parents. J'ai l'impression de recommencer à zéro. »
Et pour reprendre le chemin des studios, elle s'est entourée de ses éternels complices : les compositeurs Gérard Salesses et Jean-Luc Azoulay, alias Jean-François Porry, producteur du Club Dorothée, accompagnés du parolier Michel Jourdan. Parmi les quinze titres inédits de ce Dorothée 2010 figure « On m'appelait Dorothée », un titre empreint de mélancolie qui revient sur sa relation avec son public tout au long de sa carrière : « On m'appelait Dorothée/J'étais une poupée d'image et de chanson/On m'appelait Dorothée/Tous les après midi en sortant de l'école/Tu venais me retrouver/Pour rire et pour chanter au temps des années folles. »
Et malgré le poids des années, l'icône télé des années 1990 conserve son optimisme et son âme d'enfant. « Je suis la même Dorothée, plaisante-t-elle. Je n'ai pas grandi ou presque : avant, j'avais 5 ans. Aujourd'hui, j'en suis à 7 ans et demi, pas plus. »

Pourtant, treize longues années se sont écoulées depuis le clap de fin du Club Dorothée. L'animatrice star en a profité pour vivre « enfin normalement », loin de l'agitation médiatique. Son silence a suscité de nombreuses interrogations. Alcoolisme, maladie, dépression... les rumeurs les plus folles ont circulé sur son compte. Discrète et pudique, Dorothée, Frédérique Hoschedé de son vrai nom, ne fera aucun commentaire, préférant se consacrer à sa famille, à ses amis et à sa passion pour la peinture.


LE « CLUB DO»>, UN PHÉNOMÈNE DE SOCIÉTÉ
« Tout s'est arrêté brutalement, mais je ne veux pas ressasser le passé», explique l'animatrice, qui, après dix ans de bons et loyaux services, est remerciée par TF1 malgré des audiences au beau fixe. Elle et ses acolytes quittent le petit écran du jour au lendemain, faisant des milliers d'orphelins cathodiques. Plus qu'un simple divertissement, le Club Do était devenu un phénomène de société, avec une présence quotidienne à l'antenne et plus de vingt heures de programmes par semaine, représentant entre 45 % et 50 % de parts de marché. L'émission propose des jeux et des mises en scène drôles et décalées - tel le célèbre « Allô à l'huile et diffuse des séries à l'eau de rose et des dessins animés japonais. Et même si ces derniers sont devenus cultes, Dorothée est alors accusée d'encourager la violence et la niaiserie à la télévision. Une polémique qui n'ébranle en rien la présentatrice, souvent caricaturée.
L'artiste cumule en effet les records : 58 concerts au palais omnisports de Paris- Bercy, cinq comédies musicales, seize albums et plus de 17 millions de disques vendus. Son départ de l'antenne provoque donc un tollé auprès de son public. Les marionnettes (Les Minikeums sur France 3) et les animateurs virtuels (TFou sur TF1) prennent peu à peu le pas, accélérant en partie la déshumanisation des programmes pour enfants. Une politique que semble regretter Dorothée : « Je n'ai jamais voulu que les émissions pour la jeunesse soient des dévidoirs de dessins animés», expliqua-t-elle lundi dernier sur le plateau de Morandini !, sur Direct 8.
Mais, malgré un paysage audiovisuel français en constante mutation, une chose demeure: l'amour du public pour celle qui illumina ses après-midi. Dans un mois, Dorothée se produira sur la scène mythique de l'Olympia, où elle reprendra notamment ses classiques, de « Hou, La menteuse ! » « Nicolas et Marjolaine ». L'heure des retrouvailles a enfin sonné.


ACTRICE
→ En 1979, le cinéaste François Truffaut choisit Dorothée, alors speakerine, pour interpréter
le rôle de Sabine Barnerias dans L'amour en fuite. La jeune comédienne donne la réplique à l'acteur Jean-Pierre Léaud. L'année suivante, elle décroche le premier rôle du long métrage Pile ou face réalisé par Robert Enrico. Trente ans plus tard, Dorothée s'intéresse toujours au septième art.

ANIMATRICE
→ Jugée incapable - à tort - d'animer une émission pour les enfants par Eliane Victor, productrice des Visiteurs du mercredi, Dorothée est évincée en 1976 de l'émission. En 1978, la jeune femme devient le visage de Récré A2 sur Antenne 2 (actuellement France 2) avant de présenter de 1987 à 1997 le Club Dorothée sur TF1. Après un long silence, elle revient en 2008 sur la chaîne locale francilienne, IDF1.

CHANTEUSE
→ Tchou! tchou ! Le petit train, Rox et Rouky, La valise, Allô, allô, monsieur l'ordinateur, La machine avalée, Tremblement de terre, Les neiges de l'Himalaya, Le collège des cœurs brisés, autant de singles qui se vendent à des milliers d'exemplaires. Dorothée collectionne les disques d'or et enchaîne les tournées. Elle s'offre le luxe en 1994 d'enregistrer son album Nashville Tennessee, dans des studios fréquentés par Elvis Presley aux Etats-Unis.


Dorothée ouvre sa valise

Tribu Move - Avril 2010

Dorothée est la femme de tous les records, et ce dans tous les domaines qu'elle a abordés ! Elle a pulvérisé les ventes de disques, chanté Aznavour, réuni des centaines de milliers de spectateurs (Olympia, Zénith et 58 Bercy !), atomisé les audiences T.V., joué en France pour Truffaut et Enrico et dans trois feuilletons japonais, chanté en Chine et au Japon et reçu de multiples récompenses... Après de longues années d'absence, sur lesquelles les rumeurs les plus folles ont circulé, réclamée par sondages, elle amorce un retour médiatique en 2005 avec un remix de « Hou ! La Menteuse » (400.000 ventes) et dans deux « Vivement Dimanche », celui de Chantal Goya, puis le sien en 2007, invitée d'honneur pour le livre « Les Années Dorothée », occasion aussi de lancer la chaîne IDF1, créée par Jean-Luc Azoulay, le A d'AB Productions, son producteur historique. À la surprise générale, Dorothée revient définitivement cette année avec un nouvel album de 16 chansons, « Dorothée 2010 », entièrement inédit, disponible en téléchargement légal depuis le 17 mars et en Édition Limitée Digipack avec livret sur le site Internet idf1. L'attente fut définitivement longue pour ses fans car c'est son premier album en 14 ans et Dorothée ne s'était pas produite en concert depuis décembre 1996. Les retrouvailles n'en seront que plus chaleureuses sur la scène de L'Olympia lors de ses 4 représentations exceptionnelles : samedi 17 (15H30 & 20H30), dimanche 18 (14H) & lundi 19 avril (20H30).

- Comment vous sentez-vous en cette période de promotion intensive ?
- On peut se tutoyer, je vous connais tous depuis si longtemps...


- C'est vrai ! D'ailleurs, tu es très demandée par nos lecteurs...
- Ça me fait très plaisir. Pour tout dire, le gros de la promotion est passé, cela m'a fatiguée, mais là je suis reboostée car j'ai rencontré mes musiciens et commencé les répétitions du spectacle. C'est un changement radical : je suis passée d'un coup de l'ombre à la lumière et réapparue partout !


- Au risque de faire face à toutes les polémiques sur les ventes du C.D., les locations du spectacle, ta vie privée, les audiences T.V. ?
- Comme je te l'ai dit, maintenant, je me concentre sur l'Olympia et comme je le dis dans l'une de mes chansons (NDLR : Elle s'approche du dictaphone et hurle): « Les méchants, les jaloux, on s'en fout ! ».


- Ça s’est fait ! Comment te définis-tu : speakerine, actrice, animatrice T.V., chanteuse ou tout simplement, comme dans ton C.D., une poupée d'images et de chansons ?
- Tout cela en même temps, c'est un tout, mais poupée d'images et de chansons me va bien. Pour une fois, mon auteur, Jean-François Porry, a bien travaillé, il n'a pas que de mauvaises idées et me connaît assez bien. (Énormes rires). (NDLR : Sous ce pseudo se cache Jean-Luc Azoulay qui écrit pour elle depuis trente ans !).


- Dans la chanson « Dorothée », tu dis : « Je suis toujours Dorothée et on s'est retrouvés ce soir et c'est si bon ! ». Pourquoi cette disparition et pourquoi ces retrouvailles ?
- Après cette carrière de folie (1973-1998), il fallait que je vive, que je me repose et que je pose mes valises.

- C'est le cas de le dire !
- Je sors cette phrase toute faite partout depuis deux mois, tu es le premier à la remarquer ! (Rires).


- Un peu plus tard, je te traiterai de menteuse !
- Non car je ne suis pas amoureuse en ce moment ! Mon retour est le fruit d'une envie commune, JLA, moi et surtout mon public. Et tout le monde a eu raison, je suis ravie de repartir dans ce tourbillon, de voir que l'on m'accueille partout en chansons, de lire tous les messages sur le Net. C'est trop mignon. Cela motive. Mon public m'en demande beaucoup alors j'essaye de donner aussi.


- Tu as peur ?
- Je suis complètement stressée tu veux dire ! J'ai peur de rater, de ne pas être à la hauteur, de ne pas satisfaire vos attentes !


- Le disque est pourtant très réussi, fidèle à ton image, très sixties, avec plein de références à ta carrière ! Y as-tu joué un rôle ?
- Non, moi je fais la chanteuse, avec beaucoup de cœur, mais je n'écris ni texte, ni musique. Jamais ! Je reste à ma place et les essais que j'ai faits ont fait rire tout le monde. Mon domaine, c'est l'interprétation.


- Le même thème revient depuis des années : tu tombes toujours amoureuse de garçons pas convenables aux yeux de ta famille et de tes amis
- Allo ! Docteur !


- Et pourquoi ce son sixties ?
- C'est le goût de toute l'équipe ! On n'a pas vieilli | Mais il y a aussi des ballades, une chanson de Michel Jourdan et même un slam !


- Et aussi une polka-dance qui ne demande qu'à être remixée !
- Si tu le dis ! C'est une chanson qui reprend tous les titres de mes chansons, enfin quelques-uns car elle aurait pu durer des heures...


- À ce propos combien de titres as-tu enregistrés ?
- Euh, beaucoup ! Si un fan pouvait nous le dire !


- Comment va se présenter le spectacle de l'Olympia ?
- C'est un récital, disons plutôt une succession de chansons, sinon on va encore nous tomber dessus... Avec des musiciens tout nouveaux, jeunes et beaux, et avec mon pianiste de toujours : Richard Lornac. Et je te livre un scoop, je commence par une chanson inédite, spécialement écrite pour ces concerts.


- Est-ce que ce sera Rock'n'Roll car tu en as fréquenté beaucoup de légendes et même enregistré un album à Nashville !
- J'ai eu le bonheur de chanter avec Chuck Berry, Cliff Richard, Mungo Jerry, Percy Sledge, Trini Lopez. Jerry Lee Lewis et l'hilarant Screaming Jay Hawkins. Quant à l'album, personne ne me connaissait là-bas, mais j'ai été traité comme une star ! Les musiciens très pro, un travail à l'Américaine, un excellent souvenir !


- C'était un album en français ?
- Oui ! Je n'ai fait que quelques incursions en anglais et une chanson en italien : « Una canzone blu».


- Tu ne comptes pas « La valisa » en espagnol ?
- (Rires). C'est vraiment un espagnol spécial valise !


- Sais-tu qu'Amel Bent te fait un clin d'œil dans son dernier album dans son titre « La menteuse » ?
- J'ai hâte de l'écouter et je la remercie par l'intermédiaire de ton magazine. Je la verrai à l'Olympia. Elle est d'autant plus sincère qu'elle a pensé à moi pour son disque avant mon retour...


- Es-tu toujours écolo ?
- Tout le monde sait que pendant mon absence, j'étais ermite dans les bois. (Rires). En fait, je vais à la campagne comme tout le monde, pour jardiner et m'occuper des animaux de ma voisine. J'ai toujours fait mes émissions avec sincérité. « Terre Attention Danger » traitait de l'équilibre de la planète et de la sauvegarde des animaux en voie de disparition. Je continue à mon humble niveau et m'implique pour essayer de laisser une planète en bon état pour les générations futures. Je suis persuadée que chaque petit geste est important. Sinon, et je conseille à tout le monde d'en faire autant, je n'ai pas de chien en ce moment car lorsqu'on a un bébé à la maison, il faut l'élever. Pas question de le laisser seul.


- Pour un magazine gay, vas-tu prendre un cinquième joker en ce qui concerne ta vie privée, après en avoir grillés quatre chez Ruquier ?
- (NDLR : Elle montre le chiffre 5 avec sa main, gimmick qu'elle avait utilisé devant l'insistance du présentateur d'« On N'Est Pas Couché »). Rassure tes lecteurs, ma vie privée va bien. Je trouve que j'ai bien résisté aux attaques, ce qui n'aurait peut-être pas été le cas il y a quelques années. Je fais de la variété française populaire, ils sont jaloux et Toc. (NDLR : Avec sa plus belle voix de Dorothée). Ils seraient bien contents d'avoir un public comme le mien, et Toc ! En tout cas, grâce à Jonathan Lambert, nous avons notre nouveau Gargamel, et Toc...


- Alors vraiment sans rapport avec la question précédente, es-tu pour des droits pour les homosexuels comme le mariage, le droit à l'adoption, l'homoparentalité ?
- Tout le monde doit pouvoir vivre sa vie comme il l'entend, donc dans les meilleures conditions possibles.


- Es-tu consciente que tu vas découvrir un public gay à L’Olympia ?
- Tes lecteurs ont déjà tous pris leur place, je le sais. J'assume cette interview car vous êtes mon plus grand soutien. J'ai hâte de vous voir avec quelques années de plus (et réciproquement), ça va être marrant. Je vous remercie de m'avoir autant réclamée et te
charge d'embrasser de ma part tous vos lecteurs.


Dorothée : "J’ai pris le temps de vivre"

Nous deux - 13 Avril 2010

On n'osait plus y croire... Après treize ans d'absence, Dorothée est de retour sur le devant de la scène avec un nouvel album et des spectacles à l'Olympia les 17, 18 et 19 avril. Elle revient sur ses années passées loin de la lumière...
Par Damien Thévenot


Que n'aura pas dit la rumeur ? Qu'elle a eu des soucis d'alcool, qu'elle avait été gravement malade. Dans une interview diffusée dans Sept à huit en février dernier, elle balaie d'un revers de manche : « C’est ma vie privée... ». De toute façon, pour nous, seul importe le bonheur de son retour. Dans quelques jours, ce sera la fête à l'Olympia.


- Nous Deux : Dorothée, pourquoi ce grand retour après une si longue absence ?
- Dorothée : Disons que j'ai répondu à la pression des fans... Car depuis treize ans ils ne m'ont pas lâchée. Je pensais qu'à un moment donné ils abandonneraient, mais non, ils ne se sont pas découragés [rires]. Et j'ai fini par céder. Résultat : je suis tétanisée, traumatisée, angoissée, à l'idée de faire l'Olympia. Je sais qu'il n'y aura que de l'amour dans la salle, mais j'ai si peur...


- A quoi va ressembler ce spectacle ?
- Ce que je peux vous dire, c'est que je chanterai une trentaine de chansons dont, évidemment, les anciennes. Il y aura aussi des surprises dont je ne suis même pas au courant. Des artistes devraient me rejoindre sur scène...


- Vous sortez un nouvel album. Pendant toutes ces années, vous avez chanté ?
- Non, pas du tout. Peut-être un peu comme ça sous ma douche, mais pas plus. Pour tout vous dire, j'ai angoissé au moment d'enregistrer cet album de 17 nouvelles chansons. Je me suis demandé si je m'en sortirais. Aujourd'hui, je suis rassurée, tout m'est revenu intact. La voix est là, et ces titres sont dans la tonalité et l'esprit de ce que j'ai toujours chanté. C'est du Dorothée !


- A quoi a ressemblé votre vie pendant ces treize années ?
- Je ne me suis pas lamentée. Cet arrêt brutal m'a permis de vivre une vie un peu « normale ». J'ai pu revoir davantage ma famille, mes amis, et accomplir tout ce que je n'avais pas pu faire lorsque j'étais à la télé. J'ai lu, jardiné, peint, griffonné, je me suis occupée de ma maison et de mon chien qui n'est plus là, d'ailleurs. J'ai surtout vécu sans aucun stress. C'est vrai que la télé m'a manqué, mais de là à dire : « Mon Dieu, je suis désespérée… », non, quand même pas. Il a simplement fallu apprendre à faire autre chose...


- Avez-vous mesuré comme vous manquiez au public ?
- Je dois vous répondre oui, car il me l'a manifesté chaque jour. Dans la rue, partout, on me demandait : « Mais quand est-ce que vous revenez ?» Sur Internet se sont créés plein de forums de fans. Honnêtement, j'ai été surprise que cet intérêt pour moi dure aussi longtemps…. Treize ans, c'est fou ! Evidemment, c'est très touchant mais, en même temps, c'est angoissant, car le public m'attend, et j'ai peur de le décevoir. Cette responsabilité sur mes épaules est assez pesante.


- Quand vous étiez la reine des émissions jeunesse, certains ne vous ont pas épargnée...
- C'est vrai qu'une certaine presse a dit que je ridiculisais les enfants et même que je les rendais débiles. Lorsque les gamins devenus aujourd'hui des papas me croisent dans la rue, ils me tutoient et me parlent. Et vous savez quoi ? Je vois des gens tout à fait normaux ! Certains travaillent au CNRS, d'autres dans la banque... Ça fait du bien de constater que les mauvaises langues avaient tort !


- Comment imaginez-vous ces retrouvailles sur scène ?
- Ceux que j'ai connus mesuraient 1,10 mètre, je vais les retrouver avec un bon 1,80 mètre ! Et ils
auront à leur tour des enfants de 1,10 mètre... Ça sera super émouvant ! La vraie récompense, c'est le public. Vous savez, les trophées sur une cheminée, c'est bien, mais rien ne vaut la fidélité du public.


- Vous regrettez que treize ans se soient écoulés depuis votre départ ?
- Non, pas du tout. Je laisse toujours un peu faire les choses, mon retour ne s'est pas passé avant, tant pis, c'est que ça ne devait pas se faire, que ce n'était pas le bon moment. Ça arrive maintenant, tant mieux ! Mais non, je n'ai aucune rancœur, aucune revanche à prendre. Ça n'apporterait rien, de toute façon...


- Avez-vous gardé des contacts avec vos copains du Club Dorothée ?
- Bien sûr. On ne s'est jamais quittés ! Ariane et Jacky, je les vois souvent. Corbier un peu moins, car il fait ses propres tournées avec ses chansons, mais on est toujours en contact. Patrick Simpson Jones, lui, vit à Miami, c'est un peu plus compliqué de nous voir mais, dès qu'il vient en France, on dîne ensemble. Là, je vous parle des animateurs, mais vous savez que j'ai gardé des liens avec les techniciens, les maquilleuses... On se retrouve à l'occasion des naissances, par exemple. On formait vraiment une belle bande de copains !


- Que doit-on vous souhaiter pour cette année ?
- Que mon Olympia se passe bien et que je n'aie pas de trous de mémoire. Oui, je sais ce que vous allez me dire, si j'oublie mes paroles, j'aurai trois mille bouilles devant moi pour me les souffler. Bon, ça va aller, j'y crois... Rien que d'en parler avec vous, je sens encore la peur monter [rires]

 
3 chansons souvenirs


Des millions de copains
«Cette chanson me correspond plus qu’aucune autre. C'était le générique d'une émission caritative que j'avais imaginée pour TF1 et pour laquelle je me suis battue. Avec le professeur Deloche, on sauvait des enfants pour La Chaîne de l'espoir. J'ai fait de la télé pour divertir mais, là, c'était différent, on a sauvé quelques vies. Forcément, tu te dis : « Dommage qu'on ne puisse pas en sauver plus et plus près de nous », mais au moins, ces personnes-là, on les a guéries. J'en suis fière. Cette image, c'est la vraie Dorothée ! »


Vive les vacances
«Celle-ci, je la chantais à une époque où je n'en prenais jamais ! Je suis plutôt pour des vacances simples, soit en Bretagne, soit à la campagne. Je ne suis pas du genre à aller au bout du monde et je ne fais surtout pas de randonnées, ni de ski à la montagne, c'est bien trop fatigant. Et pas trop de soleil non plus, j'ai horreur de cramer !»


Hou ! La menteuse
«Il y a mensonge et mensonge ! Tout le monde ment un peu, soyons honnêtes. Je fais la différence entre le petit mensonge pour épargner quelqu'un, le mensonge d'amour en somme, et le gros mensonge, véhiculé par des menteurs professionnels. Ça, je ne peux pas supporter ! »


Dorothée joue son va-tout

Le Parisien – 17 avril 2010

Alors que la sortie de son album en magasins a été une nouvelle fois repoussée, l'ex-icône des enfants tente un retour gagnant à l'Olympia, après quatorze ans d'absence sur scène.


C'est la fin d'une longue traversée du désert, vieille de quatorze ans. Dorothée signe aujourd'hui son retour sur scène à l'Olympia, pour quatre concerts. De l'aveu même de son producteur historique, Jean-Claude Azoulay, « nombreux sont ceux qui s'interrogeaient sur les capacités de la chanteuse à revenir. Après une semaine de répétitions, promet-il, « Dorothée est redevenue Dorothée ».


Un marathon de 32 chansons.

Le producteur annonce deux heures de concert ponctué de nombreuses chorégraphies. A 56 ans, Dorothée soigne son retour. Ceux qui ont assisté aux répétitions assurent que « la voix de Dorothée est parfaite et intacte ». Au programme, plusieurs duos, notamment avec Jacky, vieux complice, pour interpréter le tube « Qu'il est bête !». Autre moment attendu, l'interprétation de la chanson « Des millions de copains » avec les vingt gagnants de l'émission des Talents de la chaîne locale d'lle-de-France, IDF1.
Pas de véritable « Guest star » sur scène. « Mais plusieurs surprises », annonce Jean-Claude Azoulay. La chanteuse et animatrice sera accompagnée de cinq jeunes musiciens et de quatre danseurs, tous élevés au son de l'émission « Récré A2 ». La première chanson interprétée par Dorothée a été écrite spécialement pour ce concert, et s'appelle tout simplement « Olympia ». Pour les nostalgiques, elle a promis d'interpréter « Allô, monsieur l'ordinateur » et « Tremblement de terre ». Ouf...
L'album se vend mal sur Internet, et reste absent des magasins...

Le public sera-t-il au rendez-vous ? C'est « la » question. Car, côté ventes de disques, le retour de l'ex-grande sœur préférée des enfants n'excite pas la curiosité. Son nouvel album n'est toujours pas arrivé dans les bacs. Sa sortie prévue le 2 avril, repoussée une première fois au 9, est maintenant annoncée dans les prochains jours, « à cause de problèmes d'approvisionnement et d’impression », selon son producteur. Sur le Net, le disque est disponible depuis le 17 mars en téléchargement légal. A l'heure actuelle, Jean-Claude Azoulay assure que 15 000 à 16 000 ventes interactives ont été recensées ». Problème : après une laborieuse entrée en 19° position avec 340 albums achetés sur le Net, l'artiste a disparu du top 50 digital ces trois dernières semaines. Cette absence, si l'on tient compte des critères statistiques du classement, débouche sur une certitude moins rose elle vend actuellement, au mieux, 160 exemplaires par semaine.


Un taux de remplissage correct.
Mais que Dorothée se rassure, d'après certains observateurs, le taux de remplissage pour ces quatre concerts est « plutôt bon pour un début de vacances scolaires à Paris ». Ses fans veulent la revoir en chair et en os. Hier, il était encore possible d'acheter à des prix raisonnables des places pour les quatre concerts. Si l'effet vacances scolaires fonctionne à plein comme l'espèrent les producteurs, Dorothée peut encore réussir son retour.


ALAIN PIROT
AVEC EMMANUEL MAROLLE


Représentations à l'Olympia, samedi 17 avril à 15 h 30 et à 20 h 30. Dimanche 18 avril, à 14 h 00. Lundi 19 avril, à 20 h 30. Tarif : de 35 € à 75 €.

« C’est l’icône de notre enfance » - Maxime, 30 ans

Il a ses places depuis cinq mois. Cet après-midi à l'Olympia, Maxime applaudira enfin Dorothée en live, lui qui, lorsqu'elle remplissait Bercy au début des années 1990, se contentait des captations en VHS parce qu'il habitait en province. « Je suis né en 1980, elle a accompagné toute mon enfance, se souvient ce fan de la première heure. J'ai commencé avec Récré A 2 et je l'ai suivie sur TF 1 au Club Dorothée. Je la regardais tous les jours en rentrant de l'école, c'était ma nounou, ma grande sœur. Une copine un peu friponne et insolente, à la différence du monde idéal de Chantal Goya. »
Quinze ans après, Maxime a gardé ses VHS, et tous les disques de son idole. « Quand tu les réécoutes, c'est l'effet madeleine de Proust, ça te rappelle ton enfance. » A l'Olympia, il chantera en chœur « Hou la menteuse ! », « Allô Monsieur l'ordinateur », ou « Tremblement de terre ». « Ses chansons sont populaires et efficaces, dans la lignée de la variété française des années 1960. Et son style a évolué, notamment avec l'album Nashville Tennessee en 1994. »
Pour ce trentenaire parisien, le culte Dorothée n'est pas juste lié à la nostalgie des années 1980. « Elle est au-delà ! Elle est toujours restée extrêmement populaire, même pendant son absence. » Aujourd'hui, son public est surtout constitué d'adultes, qui échangent des infos et des clips sur Facebook. Dont pas mal de gays, même si « elle est plus une icône de l'enfance qu'une icône gay », estime Maxime. Des enfants, « il y en aura à l'Olympia », prévoit-il, « avec leurs parents qui regardaient Dorothée à leur âge ». « Il y a une vraie attente, se réjouit Maxime, ça fait quatorze ans qu'elle n'a pas chanté. J'en connais qui ont acheté leurs places pour les quatre concerts ! Ça va être bourré d'émotion. »