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Dorothée ministre… a 75 ans !

Le progrès des enfants – Lyon - 1990

Après avoir chanté pendant deux heures, après avoir ramassé un à un les cadeaux de ses fans tout en faisant des bisous par-ci, par-là, Dorothée a accordé une super interview aux jeunes reporters du Progrès des enfants.


- As-tu une idole ?
- Pas vraiment, j'aime bien Fred Astaire, Gingers Roger. Ceux des années 45-50.


- Quels sont tes chanteurs(euses) favoris ?
- Ouh, question piège, il y a Carlos bien sûr, mon grand ami, Sardou, Johnny Hallyday... Ah et surtout Marie Laforêt.


- Quel a été ton meilleur succès ?
- Oh, j'ai beaucoup de bons souvenirs. Un des meilleurs, ça été ma première scène, j'avais un trac fou. C'était affreux. Même cette année à Bercy. C'était très impressionnant.


- Et ce soir devant 9 500 personnes, tu l'avais le trac ?
- Oui, tu sais on l'a toujours un peu. Mais une fois lancée sur scène, c'est super, Le pire pour moi, c'est de ne pas pouvoir à la fin du spectacle faire une bise à chacun, signer un autographe.


- Quel est ta qualité et ton défaut.
- J'ai un mauvais caractère, je suis Cancer, mais en même temps je crois que c'est aussi ma qualité.


- Fais-tu du sport ?
- Avant beaucoup, mais maintenant plus rien. Le meilleur sport pour moi c'est d'être sur scène.


- Alors que fais-tu de ton temps libre ?
- Je regarde la télé, je pars en vacances chez des amis, je fais de bonnes bouffes, j'aime tout ce qui est à base d'œufs mais aussi le saucisson. Mais là, où je craque c'est pour les sandwichs. J'écoute de la musique, mon préféré c'est Beethoven. J'achète des vêtements, mes couturiers préférés sont Dior et Féraud, mais de toute façon je reviens toujours au jean. Et puis je collectionne les canards, tous les canards, sauf ceux empaillés !


- Tout bouge à l'Est, qu'en penses-tu ? Aurais-tu été prête à aller en U.R.S.S. avant tous ces changements ?
- Bien sûr que ça me touche. Ce que fait Gorbatchev c'est bien. Mais j'avoue que je n'y pense pas beaucoup. Pour l'instant, ma tournée m'absorbe complètement. Cependant je risque d'aller en U.R.S.S. faire une tournée et également en Chine mais rien n'est encore sur. Je ne planifie pas grand-chose à l'avance. Si j'avais eu l'occasion je serais allé en U.R.S.S. avant.


- Et que penses-tu du racisme ?

- C'est tout simplement ridicule.


- Au fait est-ce que tu votes ?
- Quand j'y pense... Pour les élections importantes. Je n'aime pas la politique.


- Si tu pouvais choisir un ministère, lequel prendrais-tu ?
- Aucun, je suis trop jeune et j'ai trop de choses à faire, à 75 ans peut-être...


- Participes-tu à de bonnes œuvres ? J'ai lu que tu parrainais un enfant en Inde.
- C'est exact, mais je ne veux pas en faire étalage. C'est personnel et je ne veux pas en faire de la pub.


- J'ai remarqué que sur scène, il t'arrive de changer certaines paroles de tes chansons.
- Oui c'est vrai, j'aime bien et puis c'est aussi parce que parfois je suis distraite. Moi aussi, je vous vois, il est dure d'être concentré lorsque tu en vois qui dansent, qui chantent ou qui se grattent le nez ! Et comme ça, ça prouve que je ne suis pas en play-back.


- N'as-tu pas envie de changer de style de chanson ?
- Non, mes chansons, ne sont pas que pour les enfants, demande aux parents, ils les savent aussi bien que leurs enfants.


- On dit que Dorothée et Chantal Goya c'est la guerre.
- Non, ce n'est pas vrai, il n'y a pas de guerre, je pense que nous sommes complémentaires.


- Au fait, pourquoi ce nom Dorothée ?
- Tout le monde sait que je m'appelle Frédérique, mais tout le monde me conseillait de changer. Dorothée est venue comme ça. Et d'ailleurs, presque plus personne ne m'appelle Frédérique...


Encore quelques bisous et quelques autographes et Dorothée s'engouffre dans le bus ou les « Musclés » et toute son équipe l'attendent déjà. Dans un dernier clin d'œil, Dorothée nous confie : « Lyon, j'adore, en plus le saucisson est extra ».


PROPOS RECUEILLIS PAR CAROLE, FABIENNE, MARINE, BORIS, ET NICOLAS


Dorothée qu’on aime

Annecy-le-vieux – 1990

En invitant Dorothée à Annecy-le-Vieux, le comité des fêtes a fait un véritable tabac ! Depuis une quinzaine de jours, il n'y avait plus une seule place libre, et s'ils avaient su, les organisateurs auraient prévu deux spectacles. Ce fut un triomphe, pour cette année speakerine tant elle se donne à fond pour satisfaire son jeune public.
A Annecy-le-Vieux, ce sont plus de 2000 enfants montés sur les chaises qui chantèrent en battant des mains, pour accompagner leur idole. Celle-ci leur a bien rendu : Dorothée les a tous invités à venir au bord de la scène. Ils ne se firent pas priés et lui offrirent d'innombrables bouquets et « bisous ».
Ce beau spectacle rythmé par une musique jeune soutenue par une chorégraphie du diable et un éclairage bien pensé connut un énorme succès. Et lorsque Dorothée entonna Monsieur l'Ordinateur on ne redemande !
Sa chanson Maman ne sombrera pas davantage dans les oublis.
J.C.S.


Dorothée : C’est plus musclé !

Le Dauphiné Dimanche – 1990

QUELQUES SEMAINES APRÈS SON TRIOMPHE A BERCY, DOROTHÉE SERA PROCHAINEMENT EN TOURNÉE DANS NOTRE RÉGION, AVEC MOINS DE GAGS ET PLUS DE ROCK'N ROLL...

La vérité - on le sait - sort de la bouche des enfants... Pourquoi, alors, nos chères petites têtes blondes se tromperaient-elles en réservant depuis plus de dix ans un véritable triomphe à Dorothée, à chacune de ses apparitions sur scène...
Distraire les enfants n'est certes pas une tâche bien valorisante pour certains d'entre nous... les instruire non plus, d'ailleurs, à en croire le malaise qui règne depuis quelques années dans les rangs du corps professoral!
Mais les chiffres sont là, n'en déplaise aux mauvais esprits.
Depuis 1981, date de son premier passage à l'Olympia, Dorothée s'est offert le luxe d'un grand spectacle tous les ans : des concerts du Champ-de-Mars au Grand Podium R.M.C., en passant par le Zénith et - plus récemment Bercy.
En janvier, pendant plus de deux semaines, la salle du Palais omnisport de Paris a affiché complet tous les soirs.
Avec une tonne de volonté et d'énergie, Dorothée y a pulvérisé bon nombre de records de fréquentation. Les musiciens qui l'entourent, après avoir accompagné Hallyday, Higelin, Sardou et bien d'autres, l'admettent volontiers : « Dorothée, c'est plus musclé ! »
Après le défi de Bercy, un méga-trac pour une méga-salle, cette tournée qui a débuté hier soir à Bruxelles est une sorte de récompense pour Dorothée. Elle la mènera en famille (avec les Musclés !) aux quatre coins de France. L'occasion de faire découvrir les coulisses de son spectacle aux jeunes fans du « Club Dorothée », à travers un itinéraire pseudo culturel qui leur sera proposé chaque semaine sur le petit écran.
Lorsqu'elle ne sera pas sur scène, Dorothée mettra en boîte ses émissions de télévision (une vingtaine d'heures hebdomadaires). C'est ce que l'on appelle un emploi du temps dé-mo-niaque !
Fini les comédies musicales jouées entre copains, au programme de cette tournée 90 : moins de gags et plus de rock’n’roll...
« Ce sont les enfants qui font le spectacle » se plaît à dire Dorothée. C'est pour eux qu'elle prépare actuellement une nouvelle série de soaps dans la lignée de Salut les Musclés et qu'elle envisage très sérieusement de refaire Bercy l'an prochain.
A 37 ans, la voilà repartie pour un tour avec des projets plein la tête... Pour combien de temps encore ? Peu importe en fait... Quand je serai vieille - dit-elle (en guise de boutade ?) - je m'en irai jouer les grand-mères au cinéma. Parce qu'on en a besoin et que je les adore ! »
Certains se rappelleront alors qu'en 1978, François Truffaut dirigea ses premiers pas dans l'univers magique du septième art... Une sérieuse référence, non ?!


Propos recueillis par Eric ANGELICA


Dorothée, mieux qu’à la télé

Mars 1990

Ta vedette-télé est aussi une star de la scène. Vendredi 23 mars, elle te donne rendez-vous à Lyon.
QUE te raconter de neuf sur elle ? Qu'elle a déjà publié 14 albums, qu'elle a obtenu un palmarès impressionnant de récompenses, qu'elle a joué dans des feuilletons japonais et qu'elle a, une fois encore, battu son propre record de spectateurs au Palais omnisports de Bercy en janvier dernier ? : «On le sait !», vas-tu répondre, moqueur !
Te dire aussi qu'elle a joué sous la direction de François Truffaut (<< L'Amour en fuite >>) et de Robert Enrico (<< Pile ou face ») au cinéma, qu'elle est née un 14 juillet, en 1953, que son vrai nom est Frédérique Hoschédé, et que le dessinateur Cabu s'est long- temps moqué de son nez pointu ?
« Rien que du réchauffé, ce que tu nous racontes là... ».


Quel dynamisme !
Et si l'on essaye de te dire encore que c'est Georges Lucas lui-même (la Guerre des étoiles) qui l'a choisie pour la version française de la chanson des Ewoks, qu'elle a un sacré dynamisme et une chouette équipe pour assurer ses quelque 22 heures de programmes hebdomadaires sur TF 1, tout en donnant des galas dans toute la France, en Belgique et en Suisse, et qu'elle est pour ses émissions de télévision, ses disques et ses spectacles à la tête d'une véritable entreprise de communication?: « Oh mais, ça va bien comme ça ! Tout ça, c'est connu, archiconnu !!!».
Bon, d'accord : décidément, tu es incollable sur ton animatrice favorite. Alors, non, non, non et
non : nous n'allons pas te faire l'affront de te présenter, une fois de plus, « Dorothée : sa vie et son œuvre »...
C'est donc le plus simplement du monde que nous t'annonçons son nouveau passage au palais des Sports de Lyon, le vendredi 23 mars prochain, à 20 heures.
Mais, quelque chose me dit que, ça aussi, tu le sais déjà...


STEPH


Dorothée à Voiron

Mars 1990

Dimanche après-midi, à partir de 14 h 30, la salle du Grand Angle va certainement connaitre une animation comme elle n'en n'a jamais vécue. En effet plus de 2 500 enfants sont attendus pour le spectacle de Dorothée. La star du petit écran sera ce jour-là présente sur
la scène pour la plus grande joie de ses admirateurs.
Dorothée en "chair et en os" ! Vous vous rendez compte ! Mieux qu'à la télévision. Elle sera là avec toute son équipe et a promis à son jeune public un super après-midi. J'en connais déjà qui ne pensent plus qu'à ce moment...
Malheureusement si vous n'avez pas retenu votre place, il est trop tard, tout est complet, Dorothée jouera en effet à guichets fermés !


La star des enfants

Mars 1990

Voiron. - Appel aux savants. Alerte au monde entier. Message important haute priorité. Phénomène étrange vient d'être détecté. Signe particulier. Tendance à s'amplifier. Si vous ne connaissez pas la personne qui interprète cette chanson, demandez à votre enfant. Sans hésiter, il vous répondra : Tremblement de terre par Dorothée. Il la sait par cœur, comme certainement toutes les autres du répertoire de la présentatrice vedette des émissions enfantines de TF1. Comme tous les enfants d'ailleurs.
La star du petit écran était dimanche après-midi au Grand Angle de Voiron pour un unique
récital proposé par Stratèges Organisations. Rarement on avait vu une telle ambiance ; plus de 2.300 personnes étaient venues pour la voir, l'entendre et l'applaudir. Deux heures durant elle a chauffé la salle, accompagnée de ses musiciens. Les Musclés, à la plus grande joie de ses jeunes admirateurs mais aussi de leurs parents. Et elle leur a offert un merveilleux moment, au milieu de la musique, des danseurs, des effets spéciaux et des lumières.
A la fin du spectacle, les gagnants du concours organisé par notre journal en collaboration avec la société Polygram ont pu rencontrer Dorothée. Pendant quelques minutes, elle s'est pliée avec le sourire à la traditionnelle séance d'autographes, pour le plus grand plaisir des enfants qui attendaient tous cet instant depuis bien longtemps et qu'ils ne sont pas prêts.


Dans une ambiance explosive

Mars 1990

Quelle ambiance dimanche après-midi au Grand Angle grâce à Stratèges organisation ! Plus de 2 300 personnes avaient envahi la salle ; elles étaient venues pour voir et pour entendre Dorothée, la star des jeunes. Durant deux heures, elle a tenu la scène et offert un merveilleux moment à l'assistance grâce à un spectacle prestement mené et d'excellente tenue avec des moyens très importants (nécessitant trois semi-remorques et plus de 70 techniciens, assistants...).
Mais l'attraction était également dans la salle: il fallait voir les enfants, et même les mamans, reprendre en chœur "Tremblement de terre", "Dou dou dou", "Où sont passés les coeurs brisés", "Docteur, tapant des pieds, frappant dans les mains, poussant des cris de joie et même dansant; alors que dans la salle, les petites lumières rouges et vertes des casquettes se balançaient au rythme de la musique.
Accompagnée de son orchestre "Les Musclés", Dorothée a su mettre de la joie dans le cœur et les yeux des enfants. Et le plus beau témoignage de remerciements qu'elle put recevoir fut ce mouvement d'enthousiasme du public, à la fin du récital, où chacun tenta de monter sur la scène qui pour lui faire la bise, qui pour lui offrir une rose...
Ils l'ont vu, ils l'ont approché ; c'était mieux qu'à la télévision, elle était là devant eux.
Dorothée aime, adore son public qui le lui a bien rendu. Dimanche, ils étaient 2 300 privilégiés qui ont eu la joie et l'honneur de la voir, un instant qui restera certainement longtemps dans les mémoires et qui a dut alimenter nombre de conversations le lendemain à l'école.
Dorothée est repartie, pour donner de la joie à d'autres enfants, mais il reste le souvenir de ces deux heures passées en sa compagnie, deux heures trop vite passées.


Dorothée, c’est musclé

Chambéry - 15 mars 1990

« Ça commence comme un tremblement de terre... ».
Dorothée et « Les Musclés » démarrent très fort. Dans une tempête de batterie et d'éclairs de projecteurs. Dans la salle, les enfants sont déjà en délire. Près de trois mille bambins avec leurs parents venus voir (?) la chanteuse, mardi soir au parc des Expositions. Si, si, c’est elle, là-bas très loin au milieu de la scène. On peut l'apercevoir en grimpant sur les épaules de papa ou sur une chaise.
En tout cas, ce sont bien ses chansons : « Docteur », « Une lettre par avion », « Attention danger » ...
Dorothée joue sur du velours ; ses fans connaissent toutes les paroles avant même de savoir lire. Ils ont déjà les disques, achètent « Dorothée magazine », la retrouvent le mercredi après-midi à la télé, connaissent le nom de son chien.
« Mais est-ce qu'elle s'arrête si elle a envie de faire pipi ?».
Pas d'inquiétude, elle sait se tenir pendant deux heures. En grande forme, elle est bien entourée par « Les Musclés » et quatre excellents danseurs. Le spectacle continue.
Petite fille tendre ou rockeuse énergique, elle change de look et de tempo sans temps mort, car les copains attendent. Les copains, c'est le public qui retient une larme en chantant « Nicolas et Marjolaine ». La séquence émotion.
On se demande vraiment ensuite « Où s'en vont les cœurs brisés ».
Attention, Dorothée aussi va partir. Il faut absolument se glisser dans la bousculade pour lui offrir ses fleurs. L'enfant est arrivé au pied de la scène, Dorothée prend la rose, lui sourit, l'embrasse, il est fou de bonheur. D'autres pleurent, ils n'ont rien eu. Pas même l'album, l'affiche ou la casquette à lumières clignotantes.
Fan qui pleure et fan qui rit…
Dernier rappel, dernier tremblement de terre et Dorothée S.A. se prépare à plier bagages. Deux semi-remorques et soixante techniciens, goodies », danseurs et musiciens qui seront demain à Clermont-Ferrand, avant Annecy et Grenoble à la fin du mois.
A Chambéry, on fait les comptes. La recette doit être bonne et l'on se dit qu'il y a vraiment un public pour ce genre de concert.
Sans doute, mais il est plus que temps aussi de trouver une solution pour présenter des spectacles avec une visibilité et une acoustique correcte, dans ce hall des expositions.
Les enfants, aussi, ont le droit de voir et d'entendre.


Jacques LELEU.
PHOTOS : Norbert FALCO. Sylvain MUSCIO.


Dans les coulisses du Club Dorothée

Lyon matin – 21 mars 1990

Dorothée vendredi soir au palais des sports

AVEC Dorothée au saxo et les Musclés dans le rôle de l'orchestre qui décoiffe, que la fête recommence vendredi au palais des Sports ! Une fête de famille à l'heure d'un concert, pour faire comme les grands, cela ne s'improvise pas davantage que 22 heures d'émissions enfantines par semaine. Professionnalisme et discipline de fer signent l'irrésistible ascension de l'une des stars préférées des enfants.
Bref, ces deux heures de Saxo Folies avec la meilleure copine de Mickey, Pif et Jacky, c'est vendredi soir au palais des Sports, la meilleure Dorothée... rapie contre l'ennui !
Une entreprise de spectacles qui tourne à plein rendement et dont la vedette est le P.D.G.
CHOISIE par Jacqueline Joubert pour lancer avec la marionnette Blablatus, les premiers « Mercredis de la Jeunesse », Dorothée n'a plus quitté ces chers petits dont elle se veut avant tout l'amie. Même si sa vie, pétillante et dansante comme le bal du 14 Juillet 53 qui la vit naitre, ressemble depuis, à une course-poursuite !
A peine vient-elle de s'envoler en 86 d'Antenne 2, un neuf millionième disque sous le bras, que la cigale Dorothée chante tout l'été, anime six cents heures de programmes enfantins pour T.F.1. Qu'elle danse maintenant au palais des sports ! Dans les coulisses de ces deux nouvelles heures de « Dorothée..rapie » contre l'ennui ? Une discipline de fer et le secours d'une véritable entreprise de spectacles dont la vedette est le P.D.G. Echappée d'une séquence de « Tom et Jerry », Dorothée passe sa vie à courir. Pas après les oiseaux ni les lapins, après le temps, tout simplement.
Qu'elle passe au Zénith ou à Bercy, pas question pour la grande copine de Pif, Jacky, Hercule et compagnie, de renoncer à ses vingt-deux heures d'antenne par semaine !


Une enfance « d'une banalité à faire peur »
Ce qui fait courir Dorothée, qui faillit être archéologue, au sortir d'une enfance « d'une banalité à faire peur » ? Une tendance naturelle à la nonchalance ! Un traitement de choc de 12 à 15 heures de travail par jour, rien de tel pour transformer la cigale sinon en fourmi, du moins en marathonienne de la télé.
« Sans toutes mes obligations quotidiennes, je ne ferais pas grand-chose, je resterais au lit comme une marmotte, déclare un petit bout de femme qui aura bien du mal à faire croire qu'elle n'aime pas le travail...Vu sa façon très crâne de porter ses diverses casquettes ! Celle de productrice et d'animatrice de ses émissions d'abord.
Celle ensuite, de directrice de l'unité jeunesse de T.F.1. La quatrième de chanteuse, bâtie à coups de tubes et de disques d'or.


Belle Américaine

« Piégée à vingt-quatre ans par ce métier, la tête et les pieds dans les nuages, Dorothée le supporte plus facilement aujourd'hui, avec une centaine de personnes pour la soutenir en
permanence. Aux dix auteurs qui se creusent la tête pour inventer de nouveaux sketches, ajoutez quinze décorateurs, une cinquantaine de techniciens, autant d'employés pour dépouiller un courrier, à rendre jaloux un ministre, de sept à huit mille lettres par jour !
Une vraie P.M.E. on vous le dit, tournant 24 heures sur 24, à plein rendement, au service d'une femme et des sept millions de fans qui la regardent chaque semaine. Ce qui n'a rien de vraiment démesuré, en comparaison des structures déjà développées par la plupart des télés européennes. Sans parler des américaines, sur qui • nous avons près de vingt ans de retard en matière de création ».


Pas de pitié pour les croissants !
Pour combler la lacune, Dorothée met les bouchées doubles. Levée entre cinq et six heures le matin, elle arrive une heure plus tard en Cadillac Séville bleue à T.F.1. Séquence maquillage, prises de vue et crachotements de hauts parleurs alternent jusqu'à 11 Heures. Une petite pause Cadillac, le temps de lire la presse, d'écouter la radio en oubliant les embouteillages, jusqu'à la Plaine- Saint-Denis, où Dorothée enregistre toutes ses chansons, il est midi...
L'artiste croque un gâteau sec devant une- tasse de thé, avec une Benson and Hedges dorée pour lui tenir compagnie jusqu'au retour aux studios de T.F.1. Le mercredi, journée la plus chargée, exige de tenir l'antenne quatre heures en direct, puis de remonter la machine Dorothée pour les émissions du week-end qui n'ont pas volé leur nom : « Pas de pitié pour les croissants ! »
Bien plus tard, avant que la lumière ne s'éteigne dans un appartement de la Porte Maillot, Dorothée n'aura pas regretté un instant de voir l'univers enfantin qu'elle revendique haut et fort, l'éloigner complètement de l'actualité. La politique, honnêtement, ça ne m'intéresse pas, mais l'opulence d'un côté, la faim de l'autre, ça m'énerve. Alors, comme tous les artistes, je fais mon possible. Quand Noël Mamère m'a proposé de parrainer un enfant en Inde, j'ai bien sûr accepté, autant pour l'idée de participer à ses soins, à son éducation, sans l'adopter -il ne faut pas déraciner l'enfance-, que par passion pour les gens de ce pays que j'ai parcouru durant des semaines et dont la foi, la sincérité m'ont beaucoup émue.


Jocelyne BLANCHARD
Dorothée, vendredi 23 mars, à 20 Heures au Palais des Sports


Dorothée : sorcière ou fée ?

Progrès – 23 mars 1990

En concert ce soir à 20 heures au palais des Sports, Dorothée n'est pas plus Carabosse que Blanche-Neige. Son obsession : donner aux enfants ce qui leur plaît. Pendant ce temps, les parents...


Alors ? Méchante fée Carabosse déguisée en Blanche-Neige, Dorothée. Picsou au féminin comptant ses sous ? Les yeux rivés sur son compte en banque tandis que les gamins de France gobent d'insipides dessins animés japonais achetés au kilomètre ? Ou mignonne ingénue, gentille et assaillie par le succès, entièrement dévouée au bonheur des petits ? Pas si simple. Et de toute façon, rien n'est simple dans le show-biz pour enfants. Les parents sont sans cesse partagés entre le souci purement éducatif et le désir de faire plaisir aux enfants. Or, ce qui fait plaisir à la plupart des enfants, c'est de regarder Dorothée à la télé.


Onze millions de disques vendus
Dorothée remporte un succès incontestable auprès du jeune public (les trois-quatorze ans). Ce que certains appellent le « système Dorothée » est une affaire en or. Avec ses dix-huit heures d'émissions hebdomadaires sur TF 1, elle dispose d'une tribune d'auto-promotion incomparable : plus de onze millions de disques vendus, un journal (« Dorothée »), que l'on s'arrache, et des concerts où les gamins se précipitent. De la folie. On raconte aussi qu'elle possède A.B. Productions, la société qui fabrique les programmes du Club Dorothée. Mais elle le conteste fermement.

« Je me suis fait insulter par les gamins »

Bon. Voilà pour le côté Carabosse. Maintenant, la face Blanche-Neige 36 ans, 1,62 m et 45 kilos, Dorothée arbore un ineffable sourire franchement fondant. Souvent en jean, elle fait très copine. Ses chansons sont plutôt sympas et son nouveau show déménage, paraît-il, un maximum. On lui reproche sa complaisance pour les dessins animés hyper-violents made in Japan ? Pas ma faute, répond Dorothée. Par exemple, « Ken le survivant me donnait des frissons », assure-t-elle dans une interview à « V.S.D. », « alors nous l'avons supprimé et je me suis fait insulter par les gamins ! ».


Le fond de l'affaire
Diable. Si elle est vraiment sincère (et pourquoi en douter), cette réponse de la fée de la télé révèle peut-être le fond de l'affaire Dorothée. Regardons les choses en face. On trouve d'un côté des parents qui en ont ras le bol de voir leurs chers enfants charmés par les « chevaliers du zodiaque » (c'est vrai que ça les excite méchamment !) et par des jeux idiots (mais les jeux pour les grands sont encore plus débiles !). Du même côté, toujours les parents qui trouvent la télé quand même bien pratique parce qu'entre le boulot, le ménage, les courses à faire... on n'a pas toujours le temps de s'en occuper. Contradiction : normal !
Et puis, d'un autre côté, il y a le fameux 3-14 ans, la cible du « produit Dorothée ». Une cible majoritairement charmée qui regarde, écoute, achète Dorothée au kilo. Personne ne les oblige à regarder écouter et acheter... air connu.


Intégrisme cathodique
Au centre, la Dorothée entreprise. Une artiste dans l'air du temps sincèrement rivée sur les réactions de son public, sur l'audience. La logique d'entreprise, le rationalisme rigoureux de l'Audimat la déterminent exclusivement. Et pour cause. Elle commet l’irréparable erreur d'injecter un milligramme d’éthique dans son système (« Je supprime Ken »), l'implacable loi de l'audience lui revient dans la figure (« Je me suis fait insulter »).
Plus grave : si Dorothée' fait dans l'éthique, la Dorothée-Picsou tique. Le système déraille, la part de marché en prend un coup et les recettes publicitaires itou. La religion de l'audience ne souffre aucun schisme. L'intégrisme cathodique a de beaux jours devant lui. Normal quand l'obsession de la séduction prend systématiquement l'avantage sur l'austère réflexion.


J.-M. DURAND


Dorothée : 16 ans de télévision, 9 ans de scène, et toujours le trac !

Télé Loisirs – 24 décembre 1990

Les enfants ne jurent que par elle et connaissent ses chansons par cœur. Sa réussite ? Elle n'a pour l'évaluer qu'un seul baromètre : l'amour du public.
Dorothée, c'est la fée de la télé, la grande sœur des petits, la copine des enfants, mais c'est surtout et avant tout une vraie pro. Il suffit pour s'en convaincre de la voir arriver au studio de photos où est fixé le rendez-vous avec Télé-Loisirs. Dans sa valise, une véritable garde-robe de rechange, sur ses talons, son inséparable petit chien Roxan et à ses lèvres, un grand sourire avenant. Dehors, il fait froid, il neige même ; et Dorothée, comme la plupart des Français, frissonne. La menace de la grippe plane, mais elle l'éloigne d'un revers de la main. « Pas question de tomber malade, dit-elle. Trop de travail. Pas envie de traîner à ne rien faire. »
Pourtant, malgré les apparences et un emploi du temps digne d'un ministre, Dorothée reconnaît être « un peu paresseuse sur les bords ». On a vraiment du mal à la croire ! « Mais, ajoute-t-elle, quand on a la chance comme moi de travailler avec ses amis, et par conséquent d'être très liée avec ceux avec qui on bosse, il n'y a plus aucun problème. Tout devient un plaisir. Les petits dîners à la maison comme les journées sur un plateau de télévision. »


Son seul dopant : le public
Ainsi ne rechigne-t-elle jamais lorsqu'il s'agit de partir en tournée. « C'est l'occasion rêvée de rencontrer vraiment le public, de parler avec lui et de modifier le contenu des émissions en fonction de ses remarques pertinentes. Et puis, c'est aussi le prétexte à de grandes fêtes avec Les Musclés et bien sûr tous les autres membres de l'équipe. »
Les Musclés, comme des grands, se produisent actuellement sur la scène de l'Olympia. Dorothée en est ravie. « Pour une fois, je vais enfin pouvoir aller les applaudir assise dans la salle. Mais quelle angoisse ! Je crois que j'ai presque plus le trac qu'eux cinq réunis ! » Le trac, une émotion forte qu'elle connaît bien, même après seize ans de télévision et neuf années de scène. « Et ça ne s'arrange pas avec le temps ! précise-t-elle. Le premier jour à Bercy (en janvier dernier), j'étais livide et j'ai bien cru que j'allais fondre en larmes au moment où s'est ouvert le rideau. Mais les encouragements du public (au total 170 000 personnes) et des enfants en particulier valent tous les stimulants du monde. On me demande sou- vent si je suis un quelconque entraînement physique. Inutile ! Les gens qui apprécient ce que je fais sont mon dopant le plus efficace. »


Une vie privée très protégée
Pourtant, même si Bercy 91 est déjà signé, Dorothée refuse de faire trop de projets d'avenir. « J'ai toujours été ainsi. Incapable de planifier le cours de ma vie. De faire des projets à long terme ».
« Lorsque j'étais adolescente, poursuit-elle, cela désolait profondément mes parents, je me laissais vivre dans la plus parfaite insouciance. Et il a fallu un vrai concours de circonstances, et beaucoup de chance, pour que je rencontre Jacqueline Joubert et qu'elle m'engage au département jeunesse de la télévision. Sinon, nul ne sait ce que je serais devenue. Archéologue peut-être... »
Aussi, lorsqu'on lui parle de sa vie privée reste-t-elle très évasive. « Mon côté Cancer laisse une place privilégiée à la famille et je tiens dans ce domaine à préserver mon jardin secret. Mais rassurez-vous, je mène une vie de femme normale et tout va bien de ce côté-là ! »


Remarquée par Truffaut
« Des enfants ? Oui, j'en ai envie », assure-t-elle. Quand ? Plus tard. Le cinéma ? (N’oublions pas qu'elle a joué dans « L'Amour en fuite » de François Truffaut et « Pile ou Face » de Robert Enrico avec Philippe Noiret et Michel Serrault). Je n'ai rien de prévu pour l’instant ; mais oui, j'aimerais bien. Plus tard, si je rencontre un rôle qui m'enthousiasme. »
Elle croit à sa bonne étoile, Dorothée, et elle semble avoir bien raison, même si certains bijoux, des gris-gris porte-bonheur, ne la quittent jamais. « C'est symbolique, ils n'ont aucune valeur, mais j'ai l'impression qu'ils me portent chance et me protègent », avoue-t-elle. Oubliant modestement de préciser que sa réussite, elle la doit, avant tout et quoi qu'elle en dise, à son travail. Une vraie pro, vous dis-je.


Véronick Dokan


Dorothée : "Je rêve de deux enfants"

Télé 7 Jours - 29 Décembre 1990

Nous avons choisi Noël et les fêtes de fin d'année, le moment où elle est, plus que jamais, à la une de la Une. Pour oublier un peu la star de télévision et dialoguer avec une femme de 37 ans. Bien que très entourée, et surtout de beaucoup d'enfants, il lui manque la tendresse de ceux nés de sa chair. Pour la première fois, elle ouvre la porte de son cœur, mais aussi de son nouvel appartement.


"Bonjour Dorothée ! » Une pirouette et elle nous invite, non pas dans le décor délirant d'une de ses émissions, mais dans son tout nouvel appartement, au cœur du XVlle arrondissement à Paris. Elle voulait un dernier étage avec terrasse et après avoir visité des dizaines et des dizaines d'appartements - malgré son emploi du temps de femme pressée - elle a eu le coup de foudre pour ce duplex, en réalité un rez-de-chaussée sans même un balcon... Le refuge de Dorothée, plus solitaire qu'on ne le croit, et si mal connue, malgré ses apparitions répétées. Les critiques ne l'épargnent pas. Tantôt c'est un pamphlet royal qui s'en prend à ses dessins animés et à la violence de leurs héros, tantôt l'enquête d'un mensuel de consommation. Pourtant, ils sont toujours aussi nombreux à la regarder. Des enfants bien sûr, des adolescents, mais aussi des parents, des grands-parents... qui lui écrivent pour la remercier. Les lettres existent, en grand nombre. Et ce n'est pas Dorothée qui se les écrit elle-même ! Elle a même réussi à créer autour d'elle une véritable « famille » avec Jacky, Corbier, Ariane et Les Musclés. En nous ouvrant toute grande, pour la première fois, les portes de son nouveau refuge, mais aussi celles de son cœur, Dorothée n'esquive aucune question.


- Vous ne vivez que pour les enfants, pas seulement au moment des fêtes, et vous n'avez pas d'enfants. Vous avez 37 ans depuis le 14 juillet. 

- Je rêve d'avoir des enfants. Deux, si c'est possible, mais plus tard... Lorsque je vois les images de bébés orphelins, de Roumanie ou d'autres pays, je suis très tentée par l'adoption, et puis la raison l'emporte. Ces enfants sont déjà traumatisés par l'abandon maternel. Plus que d'autres, ils ont besoin d'une présence constante que je ne peux leur offrir. J'ai une amie qui a adopté l'un de ces enfants. Par elle, je sais combien l'adaptation est difficile. Entre mes tournées et mes heures de studio, ce ne serait pas raisonnable de prendre une telle responsabilité.

- Depuis des années vous vous rendez, avec votre équipe, au chevet des petits malades auxquels vous offrez de nombreux cadeaux.
- Au début, on se contentait d'agir sans en parler. C'était tout à fait normal. Mais cela s'est ébruité car on ne passe pas inaperçus ! Et cela demande une grande organisation, tant de notre part que de celle des docteurs qui s'occupent de ces enfants hospitalisés et donnent beaucoup de leur temps pour cette fête. Nous offrons des jouets, mais aussi des postes de télévision. Nous faisons beaucoup d'heureux.


- Pourquoi les enfants ont-ils tant d'amour de tendresse pour vous ?
- Je suis totalement à l'écoute de leurs désirs. Les enfants nous donnent sans cesse des idées et des avis. Avec près de 5 000 lettres par jour, ils dirigent, à leur façon, nos émissions. Ce sont eux les patrons. Lorsque je choisis des feuilletons pour le « Club Dorothée », je me fie à mes intuitions. Je privilégie ce qui me touche... mais ensuite ce sont les enfants qui jugent, et d'après leur courrier je sais immédiatement ce que je dois déprogrammer ou conserver.


- Et les années passent... Pour garder cette frimousse qui plaît tant aux enfants, auriez-vous recours à la chirurgie esthétique ?
- Ça jamais ! J'ai bien trop peur, mais je ne songerai pas à le reprocher aux autres. Si une femme se sent mieux après un lifting, c'est aussi bien qu'une psychanalyse. J'ai vu des filles changer de nez, et dont le caractère s'était nettement amélioré après. A mes débuts, on me l'avait proposé. Bon d'accord, mon nez - qu'apprécient tant les caricaturistes – est un peu long, mais j'ai préféré le garder. Je craignais de ne plus me reconnaître. Lorsque je vois ma mère et ma grand-mère, je me sens tout à fait rassurée sur l'avenir de mon physique et de mes rides futures.


C'est vrai que Dorothée ne semble pas vieillir, comme si les émissions enfantines donnaient l'éternelle jeunesse. Il en est de même aux États-Unis, en Angleterre où les animatrices, comme elle, demeurent à l'antenne très très longtemps...


- Vous soignez, malgré tout, votre peau.
- Non, pas vraiment. En dehors des studios, je ne me maquille jamais. Sinon je me démaquille soigneusement et je mets une bonne crème. Je ne vais jamais dans les instituts de beauté. Je n'aurai pas la patience de subir une heure de traitement. Je me souviens, lorsque j'avais 15 ans, avoir lu dans un journal des conseils pour avoir un joli teint. J'ai conscieusement étalé sur mon visage des rondelles de concombre. Ce n'est pas facile, ça glisse. Lorsque mon père est entré dans ma chambre, il m'a dit d'un ton moqueur : « La cuisine n'est pas ici ! ». Quant aux parfums, j'en change tous les jours.

- Dans chaque pièce de cet immense appartement, un poste de télévision. Des grands, des petits... On se croirait dans un studio ! C'est une déformation professionnelle ?
- Pire que cela. Je suis téléphage: Je regarde tout : films, feuilletons, reportages... tout sauf les débats politiques. Je suis une fidèle de la 5, surtout pour les séries. Lorsque je rentre tard le soir, c'est plus facile à prendre en route et moins long qu'un film qui m'obligerait, même fatiguée, à rester éveillée trop longtemps, car je vais jusqu'au bout, je ris aux larmes lorsque c'est comique et je pleure à gros sanglots lorsque c'est dramatique. Je suis très bon public. J'aime aussi beaucoup le feuilleton de M6 « Madame est servie ».


- Quels sont vos héros favoris ?
- En ce moment, c'est McGyver, sur Antenne 2. Lorsque j'étais petite, c'était, dans un autre genre, Fred Astaire. Il y a quelques années, j'ai failli le rencontrer. Le rendez-vous était pris, un télex devait confirmer l'heure, je l'ai malheureusement reçu trop tard. J'en aurais hurlé de rage. Oh ! Puis de toute façon, je n'aurais pas su quoi lui dire. Je suis si timide que je n'aurais fait que bafouiller quelques mots.


- Vous avez déjà reçu des propositions de chaînes américaines...
- On me proposait de devenir une Dorothée américaine, sans rien changer. Cela ne m'a pas tentée. Et puis, même si cela m'intéressait, je refuserais ! Je ne peux pas vivre ailleurs qu'en France.

- En revanche, vous allez souvent en Chine.
- Là-bas, c'est différent, je chante pour un public d'adultes. J'ai été l'invitée d'honneur, cet automne, du Festival international de la télévision de Shangaï. Un véritable événement pour eux, et pour moi surtout. J'ai donné quatre représentations devant plus de 80 000 personnes et, le 10 novembre, jour de la cérémonie d'ouverture du Festival, mon spectacle, retransmis à la télévision chinoise, a été vu par 650 millions de téléspectateurs. C'était fou! Pour eux, je suis « Dorothée Rock ». j’y retourne, en mai 91, pour une tournée. Shangai, Pékin et Canton avec Les Musclés !


- Vous n'avez jamais le trac?
- Ni plus ni moins. Avant tout spectacle, comme toujours, je m'enferme dans ma loge, seule. Je marche de long en large, je respire longuement et, au bout d'un moment, je sors rejoindre l'équipe. D'un seul coup, je suis bien plus décidée et là tout va bien. Je sais déjà que je serai à Bercy en janvier 92. Je commence à avoir le trac.


- Votre famille, Jacky, Ariane, Corbier, Patrick, Les Musclés, ne change pas.
- Je suis fidèle à ceux que j'aime et qu'aiment les enfants. Je vis leur vie. Un jour, je m'inquiète de la santé des enfants de Jacky ou d'Ariane, une autre fois, nous fêtons une première dent de lait. Ces enfants ont une autre famille. Ils ont de la chance...


On a l'impression qu'avec Dorothée, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Et si ce n'était qu'une façade pour ne pas décevoir ceux qui l'ont mis en haut de l'affiche.


- Vous ne vous mettez jamais en colère. Rien ne vous dérange?

- Ah si! Mais avant tout, la bêtise et la mauvaise éducation. Je ne supporte pas les gens mal élevés. Il m'arrive d'avoir envie de gifler certains parents qui, pour laisser leurs enfants s'exprimer, les laissent faire ce qu'ils veulent, les transforment en de véritables petits monstres. Cette méthode, longtemps prônée par certains psychologues, disparaît de plus en plus. Je constate avec plaisir un retour à l'éducation traditionnelle, celle que j'ai reçue de mes parents. Ils étaient sévères mais justes.


Les animateurs n'aiment guère en France parler argent. Aux États-Unis, Bill Cosby apparaît dans la liste du magazine « Forbes » en bonne place et on sait à peu près l'étendue de sa fortune. Alors question tabou...


- Dorothée, êtes-vous une femme riche ?
- Je ne suis pas comptable. Je ne travaille pas pour l'argent. Mais bon ! Je gagne suffisamment pour ne pas demander le prix d'une chose avant de l'acheter. Mais je ne fais pas de folies réelles. A moins que... Cette maison est ma seule folie.


- Vous avez le temps d'être une femme d'intérieur ?
- Je suis un peu maniaque, mais pour le grand ménage, c'est par crise. Il m'arrive aussi de m'attaquer à l'argenterie, jusqu'à rechercher, pour la nettoyer, la moindre petite cuillère, ou un bouchon de salière. Quand je suis lancée, tout y passe. Pour la cuisine, c'est différent. Pas question de suivre une recette à la lettre. Je « bidouille », c'est-à-dire que je rajoute des ingrédients par-ci, par-là. Mon plat de prédilection : la ratatouille. Il me faut quatre heures. Mais à l'arrivée, on dit que je suis une championne.


- Avez-vous de l'ambition ?
- Non ! Comme on dit, j'ai eu de la chance et j'ai su la saisir. La plus grande a été de rencontrer les gens qu'il fallait au bon moment. Jacqueline Joubert, par exemple. Elle m'a tout appris. On parle de querelle, c'est elle qui est fâchée, pas moi, et j'espère même qu'avec le temps, ses griefs s'aplaniront...


- Il y en a d'autres ! Ceux des parents anti-tabac qui ont été très étonnés, et nous l'ont fait savoir, de vous voir fumer une cigarette lors d'un récent « Surprise sur prise ». Vous avez été piégée.
- Je mange, je bois, je dors, comme tout le monde. Je ne suis pas une fée mais tout simplement un être humain avec ses qualités et ses défauts, ses forces et ses faiblesses. La cigarette est l'une de ces faiblesses.


- Ce n'est pas tout. Le mensuel « 50 Millions de consommateurs » consacre une enquête de son numéro de janvier à la télé des enfants. On passe au peigne fin vos séries japonaises jugées violentes et de mauvaise qualité ?
- Sachez que les dessins animés de Walt Disney sont fabriqués également au Japon. Avant de lancer une série pour enfants, les Américains s'entourent d'une équipe de psychiatres et psychologues, les Japonais aussi. Pour le « Club Dorothée », nous avons des psychologues qui visionnent, analysent ce que nous allons présenter aux enfants. Leur jugement n'étant absolument pas négatif à propos des séries incriminées, nous n'avons aucune raison de cesser de les programmer. Les parents nous écrivent aussi pour nous dire qu'ils apprécient Sherlock Holmes» ou « Turbo Rangers. Aux États-Unis, il y a eu une époque où l'on ne montrait que des dessins animés mièvres. Résultat la délinquance juvénile était à son maximum. Qui n'a pas joué aux cow-boys et aux Indiens, dans les cours de récréation? On n'a pas attendu « G.I. Joe» pour apprendre à se battre, pour de faux. Pourquoi cacher que, si le rêve existe, la réalité n'est pas forcément douce ?...


Mireille TOUBOUL
Photos Michel Marizy


DOROTHEE SORT LES MUSCLES

« Eh, les Musclés, j'ai vu vos affiches sur les murs de mon quartier. » Dorothée arrive en courant au studio. « C'est formidable, elle est aussi motivée que nous » s'attendrit Framboisier. Cinq énergumènes en costumes vert et tee-shirts jaune se dé- chaînent. Ouahou, super, le-plus-grand-orchestre-de-l'univers ! Ça va swinguer ! Quinze chansons, le meilleur de leur répertoire. De « On va faire la fête ce soir » à « Merguez partie ». Dorothée ne participe pas ? Non, au mois de décembre, elle a beaucoup de travail : les émissions des vacances de Noël, la Forêt enchantée au Champs de Mars... « Mais je les soutiens de tout mon cœur. » Alors, comme des grands et pour la première fois orphelins, ils affrontent le public des enfants à l'Olympia. En bonne fée, Dorothée veille. « Normal, les Musclés, ce sont avant tout des copains. On a fait le Zénith, Bercy et de nombreuses tournées ensemble, jusqu'en Chine... Alors, pendant les répétitions, je m'assied à la place du public et je leur glisse quelques tuyaux : Framboisier, tiens-toi droit ; Rémy, souris; Eric, regarde bien jusqu'au fond de la salle. » Une mère-poule !
De la scène plongée dans le noir, surgissent les forces du mal pourchassées par Bio- man à l'épée laser. Sous le déguisement se cache Minet, le batteur. « Biominet » glousse Dorothée. « La première fois que je l'ai vu, il était tout timide, je ne peux pas en dire autant de Framboisier, Monsieur-éclats-de-rire », toujours de bonne humeur, il dégage une sacrée ambiance aux « répètes ». Eric, un genre Monsieur muscle, toujours à faire des tractions et des haltères, pourtant c'est lui qui calme l'équipe lorsque nous sommes tous surexcités. Et puis, il y a Rémy, le saxo, mari d'Ariane, ma complice du « Club Dorothée. Pour me taquiner, il entame un morceau de jazz quand il faut jouer rock. René, le plus ancien de l'équipe et le plus sage, je l'appelle Papi René, pour rigoler. »
La semaine dernière, ils sont allés, tous ensemble, choisir les costumes. « Alors pour lui faire plaisir, on a décidé de porter aussi des smokings » chuchotte Rémy. « Elle nous aime bien habillés comme ça. » Sûr qu'elle va venir les admirer une après-midi. Alors les enfants, ouvrez l'œil, vous êtes peut-être assis à côté d'elle !


Sandrine BACOT


Jusqu'au 31 décembre à l'Olympia. Tous les jours à 14h30, Dimanche 23 à 11h. Prix des places : 130 F.


Brèves - Partie 2 (5 articles)

Dorothée à Clermont -Ferrand
« Ni maman, ni maîtresse d'école, ni grande sœur », Dorothée se veut avant tout l'amie de nos chers petits. Elle y parvient, il n'y a qu'à voir comme, chaque mercredi, nos chers têtes blondes se précipitent pour suivre les nouvelles aventures de leur copine Dorothée. En effet, dans un style plus branché que celui des divertissements habituels pour enfants, Dorothée crève l'écran, brûle les planches et fait sauter le box-office des chansons pour enfants. On ne compte plus ses disques d'or et ses comédies musicales ont donné lieu à autant de tournées triomphales. Avec son dernier spectacle, la gamine au nez retroussé a frappé un grand coup. Un super-show pour toute la famille : Dans mes comédies musicales, je fais en sorte que les adultes s'éclatent aussi, il ne faut surtout pas qu'ils viennent avec l'idée de se sacrifier pour faire plaisir aux petits ! Je suis très fière que Francis Lalanne parle de mes spectacles comme d’« une bonne initiation au concert »...


Dorothée, Maison des sports, mercredi 14 mars, à 15 heures
C''EST indéniable, Dorothée plaît aux enfants. Elle a un dynamisme à tout chambouler, un esprit vif, un sens de la drôlerie communicative. Voilà une bonne dizaine d'années qu'elle règne sur les programmes pour la jeunesse. Ses chansons sont à l'image de ses émissions. Elles expriment, bien ciblées, les interrogations et les émerveillements de son jeune public : de la romantique « Candy » à l'univers informatique de « Mon- sieur l'Ordinateur », en passant par les premiers émois décrits dans son tube : « Maman ». En tournée avec son spectacle, elle débarque à Clermont, le 14 mars, avec sa troupe, ses décors et ses accessoires. Vos enfants vous tarabustent déjà pour que vous les emmeniez la voir. En vrai. Et pourquoi n'y pointeriez-vous pas le nez ? Ne serait-ce que pour vérifier de visu la pointure du sien, si fréquemment taquiné.

Elle court, elle court Dorothée
La marathonienne de la télévision enfantine a un gros appétit : après le Zénith qu'elle a rempli deux fois, l'idole des (très) jeunes s'attaque à Bercy pour un tour de chant du 6 au 21 janvier.
Elle carbure la petite Dorothée. Du haut de ses un mètre soixante et des poussières, elle en remue de l'air. Comme une flèche elle arrive à l'interview, allume une cigarette, prend à peine le temps de s'asseoir, hurle à ses copains musiciens deux ou trois blagues, éclate de rire, éteint sa cigarette dans les plantes vertes pour enfin concentrer son regard sur vous. Son carburant : le rire. Elle s'amuse et il n'y a que ça qui compte. Le jour où je ne m'amuserai plus, je m'arrêterai. - A bon entendeur, salut ! Et pour l'instant, elle n'a pas l'air de s'ennuyer, Dorothée n'est pas de celle qui se penche anxieusement sur sa carrière, sa dernière émission ou la tenue qu'elle mettra la semaine prochaine. Comme un vorace petit reptile, elle avale, elle engloutit le travail à toute allure. Elle possède une des qualités les plus précieuses de ce métier : la santé. Autour d'elle, on s'active sérieusement. Car elle ne le répétera jamais assez, elle est très bien entourée. « Chacun son métier. Un jour j'ai essayé d'écrire une chanson mais c'était trop fatigant. Moins je travaille, mieux je suis. » Il faut donc que tout aille très vite pour notre « Zorrothée ».
Son émission du mercredi après-midi aussi, marche à cent à l'heure. Toute sa petite bande a bien compris comment fonctionnent les enfants. Il suffit de les écouter ; ils interviennent directement par Minitel, par téléphone, par courrier pour modifier selon leurs goûts l'émission. Ensuite il suffit de suivre le vent. « Les enfants grandissent, et moi aussi. Ce n’est jamais la même chose. J'ai la chance de travailler pour le seul public qui n'aime pas la routine. » Si, sur le petit écran, Dorothée joue en équipe, le Zénith c'est tout pour elle. Un vrai tour de chant avec musiciens (les Musclés), choristes et danseurs. Et des lumières signées Rouveyrollis... Rien que d'en parler, elle en salive. Mais déjà elle court dans les couloirs de Bercy rejoindre un autre bureau. On n'est pas près de la rattraper.
Caroline JURGENSON.


Au revoir, Dorothée. Bonjour, Disney !
Dorothée va pouvoir dormir le dimanche matin. En lieu et place du « Club Dorothée » (8 heures-10 heures) s'installe le « Disney Club ».
AVIS aux parents qui souhaitent faire la grasse matinée : TF1 propose à partir de ce dimanche, chaque fin de semaine, entre 8 heures et 10 heures, un nouveau programme : « Disney Club », fait de dessins animés, de fictions, de reportages, de jeux, de variétés, etc.
Le « Disney Club » s'installe en lieu et place du « Club Dorothée dimanche ». Animé par Julie, vingt ans, Nicolas et Philippe, vingt-quatre ans chacun, « Disney Club » réunira sur le plateau des enfants venus de toute la France. « Nous souhaitons associer les enfants à l'émission, qu'ils puissent y participer et qu'ils découvrent l'univers de la télévision », affirme-t-il chez Disney. Interrogé sur le remplacement de Dorothée le dimanche, Etienne Mougeotte, vice-président de TF1, a affirmé que l'animatrice (qui est responsable des programmes jeunesse de la une), « n'a jamais eu l'exclusivité des enfants sur TF1 ».
La chaîne s'était, il est vrai, fait épingler par la défunte C.N.C.L. en 1988 pour avoir accordé trop de place aux produits de la maison de production de l'animatrice, AB Productions. Que ses admirateurs se rassurent : Dorothée est encore là le samedi matin, le mercredi en matinée et après-midi, ainsi que les lundi, mardi, jeudi et vendredi à la sortie de l'école…


BIBLIOTHÈQUE VERTE (Télé Star – 5 janvier 1990)
Devant le succès remporté auprès des jeunes téléspectateurs par « La bibliothèque verte » (« Les six compagnons » et « Michel »), Dorothée envisage de rediffuser cette série dans son émission, par tranches d'un quart d'heure. Bonne nouvelle pour les programmes pour enfants de TF1!