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Cabu, le dessinateur le plus demandé à la télévision

Le Parisien – 11 février 1984

Depuis la mort de "Charlie- Hebdo", on croyait Cabu rentré dans le rang. Pensez-vous ! Il travaille pour la presse écrite et il est le dessinateur le plus demandé à la télévision. Quand Michel Polac donna l'un de ses premiers « Droit de réponse » à l'équipe du défunt hebdomadaire, Cabu, sagement assis dans un coin du studio, ne participa pas au fameux happening. Seuls ses admirateurs, les premiers, les fidèles du « Grand Duduche », des « Aventures de Madame Pompidou », ou de la « France des beaufs » savaient qu'il n'en était rien : car, chaque semaine, Cabu continue à pourfendre la bêtise et le racisme dans les colonnes du « Canard enchaîné » qui lui a ouvert ses portes.
Mais, le voir animer chaque semaine « Récré A 2 », aux côtés de la sage Dorothée, alors là !

 « Dans Récré A 2, dit-il, je joue le rôle d'un bouffon graphique. Dorothée, je la trouve sympa. Pourtant, je la dessine chaque fois avec un long nez. Jamais elle ne m'en a voulu et Dieu sait que la caricature, pour les femmes, c'est toujours une attaque. »


La justicière Jacqueline Joubert
L'humour de Cabu peut choquer. Un jour dans « Charlie matin », il critique la production Martin : « Incroyable mais vrai » devient « Incroyable mais con » et « l'Ecole des fans » « l'Ecole des pisseux ». Aussitôt Martin riposte et exige auprès de la direction d'Antenne 2 : « C'est Cabu ou moi ! »
« J'ai été viré de Récré A2 sur-le-champ, dit Cabu. Mais aussitôt Jacqueline Joubert (responsable des émissions jeunesse d'A 2) intervient en ma faveur, jusqu'à mettre en balance sa propre démission. Elle m'a sauvé et, finalement, j'ai écopé de six semaines de mise à pied. Elle a été formidable pour moi. »
Pourtant, « Récré A 2 » n'est pas vraiment une émission contestataire : « Il ne faut pas embrigader les gosses, souligne Cabu, le seul message que je veux faire passer avec mes dessins, c'est celui de l'écologie. » C'est la raison pour laquelle Philippe Alfonsi et Patrick Pesnot lui ont demandé de participer à leur émission de FR 3, « la Vie en face ».
« J'étais un téléspectateur attentif de leur émission « les Gens d'ici ». Quand elle a été supprimée, j'ai pris leur défense à travers mes dessins. « Les Gens d'ici », c'était des croquis et moi, je fais des croquis. C'est assez drôle, note-t-il. Avec cette émission sur FR 3, je me suis aperçu que je collaborais aux trois chaînes : Récré A 2, Droit de réponse et la Vie en face... » Le Cabu de « Charlie-Hebdo » qui a été poursuivi onze fois en justice par l'armée (onze procès qu'il a tous perdu !) serait-il rentré dans le rang ? (Sans jeu de mots.)
« Non, répond-t-il, simplement la grande famille de Charlie-Hebdo s'est disloquée et chacun est parti gagner sa vie ailleurs. »


Ph.DE LA GRANGE


Dorothée…

Le Figaro – 15 février 1984

Un prénom qui fait boum dans le cœur des enfants, un sourire espiègle, une allure délurée et une gloire télévisuelle qui ne cesse de grandir. C'est Dorothée, de son vrai nom Frédérique Hoschde (ce qui explique le pseudonyme), devenue, avec Chantal Goya, la madone des divertissements enfantins. Les parents la voudraient pour fille, les enfants comme grande sœur. On ne dit pas si les plus grands la désirent comme petite amie. Image de marque oblige !
Cette jeune fille toute simple entourée d'une légende rose tendre façon guimauve est devenue une mini-star en quelques années. Sa chance - elle ne cesse de le reconnaître – ce fut Jacqueline Joubert qui la lui donna après l'avoir remarquée dans une représentation théâtrale de lycée. Une frimousse avenante et sympa en fit une animatrice sur TF 1, puis une speakerine sur Antenne 2. Le cinéma lui donna même deux rendez-vous inattendus avec Truffaut, qui, séduit par son côté fille sage, lui confia un petit rôle dans « L'Amour en fuite », et Robert Enrico qui la fit apparaître légèrement dévêtue dans « Pile ou face ». Mais le grand écran n'était pas vraiment son truc.
Pour devenir une actrice, il faut d'abord rencontrer son public ; or le sien, elle le rencontra avec « Récré A2 » et les enfants désœuvrés du mercredi. La fantaisie complice, la gentillesse communicative. Rien de tel pour séduire les enfants. Et Dorothée prit place dans leur univers entre Nounours et Goldorak.

Elle devient alors une « poupée » grandeur nature qui bouge, parle et amuse juste assez pour être mise sans danger entre toutes les mains et sous tous les yeux. Une sucrerie garantie sans colorants mais non sans saveur. Avec des rengaines comme : « Hou la menteuse » ou « Pour faire une chanson », elle est entrée sur la pointe des pieds dans les hit-parades par la porte étroite de la naïveté souriante et du gnangnan rassurant. Mais le succès est là, les enfants en redemandent. Ils ont leur Blanche-Neige, enfin accessible, leur Alice revenue de son pays des merveilles.
Elle chante, elle danse, elle joue la comédie... toujours dans le sourire et la décontraction. Résultat : ses « one woman shows » adaptés aux petits font un « malheur ». Sa dernière tournée d'été a attiré un million de spectateurs et cent cinquante mille Parisiens ont visité sa forêt enchantée installée au Champ-de-Mars. Côté disque, ce n'est pas mal non plus : quatre millions d'exemplaires vendus, deux disques d'or et cinq de platine. A la télévision, ses « Récré A2 » hebdomadaires et les « S.V.P. Disney » font leur plein de téléspectateurs. Alors ? Y-a-t-il un secret? Une explication tout au plus.
Si votre enfant devient insupportable ou sombre dans la neurasthénie (ce qui est plus rare), Dorothée est là pour s'en occuper. Symptôme d'une civilisation qui veut à tout prix organiser et encadrer chaque stade de la vie, elle est là pour l'enfant comme Drucker et Sabatier sont là pour les adultes. Chaque âge a ses faiblesses que la télévision se doit de canaliser et d'exploiter. Reconnaissons qu'avec Dorothée, elle a réussi un joli coup en construisant un rempart de charme devant le jouet électronique.
On chuchote que cette éternelle jeune fille a trente ans (déjà), qu'elle voudrait se marier, avoir un enfant. Mais ça ne peut pas être vrai. Son personnage est sans âge et sans réelle existence. Il est le reflet parfaitement fabriqué d'un désir enfantin qui ne peut pas toujours se satisfaire de la présence sans âme du dernier gadget à la mode.
Mais, bravo ! La poupée de chair qui s'agite sous le chapiteau ou dans la petite lucarne a su créer et entretenir l'illusion. Les mini-ordinateurs et les robots sophistiqués attendront encore un peu. Dorothée n'est pas au bout de sa dernière chanson ou de son ultime spectacle. On peut toujours rêver, non ? Et les enfants, c'est aussi fait pour ça.


Dominique BORDE.


La madone des maternelles rêve de s’afficher au cinéma

Signature – Mars 1984

J'ignore l'étymologie de son nom (qui en fait est un prénom) mais je sais que pour des milliers de parents il est synonyme de Paix. Grâce à elle, en effet plus de casse-tête du style : que faire des enfants le mercredi quand le baromètre demeure obstinément fixé sur « Précipitations » ou qu'une bronchite inopinée vient bouleverser un programme savamment imaginé quinze jours auparavant ? Blonde, 30 ans, une taille de guêpe, minois de grande gamine, sourire malicieux, cheveux en baguettes : en quelques années, Frédérique Hoschedé, alias Dorothée, est devenue la madone des maternelles, ex-aequo avec Chantal Goya. Son terrain d'action préféré : la télévision. Un très bon indice d'écoute avec « Récré A2 » et côté chansons, un carton : plus de 4 millions de disques vendus ! Son secret ? La sincérité : « J'aime les enfants, dit-elle, et ils le sentent. Entre eux et moi ça a toujours marché. »
Deuxième atout, non négligeable : une formidable complicité avec celui qui dès 1978 a produit son premier disque : Jean-Paul Azoulay. Le même qui pour Noël 83 lui a concocté un show cousu main avec comme invités toutes les stars du show-biz et du petit écran, de Jane Birkin à Philippe Bouvard en passant par Bernard Pivot et Michel Drucker. Le même qui cogite actuellement un scénario pour un film dans lequel « on verra enfin, espère-t-elle, que je suis capable de jeter aux orties ma jupe plissée et mes socquettes blanches. » Ce ne sera d'ailleurs pas là sa première apparition au cinéma puisque François Truffaut lui avait confié un des rôles principal dans « L'Amour en fuite » et Robert Enrico dans « Pile ou face. »  En attendant, Dorothée triomphe dans un autre genre: la comédie musicale, version interdite aux plus de dix ans. Une formule qui visiblement enthousiasme ces jeunes spécialistes du décibel puisqu'en une dizaine de jours 100 000 enfants sont venus découvrir son dernier spectacle intitulé « Pour faire une chanson. » Et luxe suprême, ces représentations sous chapiteau spécialement aménagé au pied de la Tour Eiffel, sont gratuites. Un cadeau offert par Antenne 2, la Mairie de Paris et Europe I. Qui a dit que show-biz et générosité étaient frères ennemis ? «Hou la menteuse » dirait Dorothée comme dans sa chanson porte-bonheur.


William Leymergie travaille pour les enfants

Le Parisien – 20 mars 1984

Si vous avez quelque chose entre les oreilles, vous le connaissez ! Tous les jours, de 11 h 30 à 12 h 30, William Leymergie anime sur France Inter avec Jean-Marc Terrasse « la Clé sous le paillasson », une émission-jeu. La clé permet de gagner trois mille kilomètres en chemin de fer.
Mais William Leymergie n'est pas seulement un homme de radio. Il sévit aussi à la télévision pour le plus grand plaisir des enfants. William « l'énergie » est en effet coproducteur de « Récré A 2 », chaque jour à 17 h 45, et de « Disney dimanche » cette émission qui quatre fois par an, propose des extraits de dessins animés du grand Walt Disney ; la prochaine diffusion de cette émission très attendue du jeune public est prévue dimanche prochain (25 mars, à 17 h 5 sur A 2).
Côté radio, William a un phare, Jean Garetto, le directeur de France Inter. Côté télévision, il se range derrière Jacqueline Joubert, la directrice des programmes jeunesse d'Antenne 2.
« Je suis dans leur mouvance, explique-t-il. J'aime travailler avec eux et ce n'est pas un hasard si je tourne avec eux et pas avec d'autres. »


Dorothée sa complice
Jacqueline Joubert, William l'a rencontrée par hasard chez des amis. Au fil de la conversation, il a lâché : « Ce que l'on propose aux enfants à la télé ne me plaît pas ! ». Cette petite phrase, Jacqueline l'a relevée et mit William au défi de lui proposer un bon sujet. Un brin embêté, dans ses petits souliers, il a cogité avec ardeur et présenté quelques mois plus tard, une émission sur les métiers « Moi, mon papa il est », émission qui a plu à Jacqueline, d'autant que ce William-là comptait vingt-sept printemps et en voulait vraiment.
A trente-sept ans, William coproduit « Récré A 2 » depuis trois ans. Son rôle ? La mise en page des émissions, la « sauce » qui pimente les commentaires des animateurs... « Il faut, dit-il, trouver des gags, des petits machins rigolos. Pour ça, je noircis tous les jours à Antenne 2 des pages et des pages, de 5 heures à 20 heures. On en garde une sur vingt en moyenne. Ce qui est sûr, c'est qu'il faut toujours se renouveler. »
William qui est papa de deux petits garçons (4 ans et 18 mois), sait de quoi il parle. « En ayant des enfants, j'aime faire des émissions pour eux. Maintenant que j'ai un téléspectateur en herbe à la maison, je me rends mieux compte de l'impact de Récré A 2, et tout prend une autre dimension. Cela conduit à devenir terriblement ambitieux, à échafauder des projets un peu dingues et pas toujours réalisables.
« Pour les enfants, plus que pour tout autre public on ne peut être convaincant et enthousiaste si on ne les aime pas. Ces derniers ne s'y trompent pas, impossible de leur mentir, ils changent de chaîne. »
Chaque semaine, William Leymergie et ses complices trouvent trente-huit situations nouvelles pour des émissions dont le contenu ne bouge pas. Il faut croire qu'ils ont su conquérir sans triche leur jeune public, puisque le mercredi par exemple « Récré A 2 » compte trois millions de fidèles...
La complice la plus célèbre de William, c'est Dorothée. « Voilà dix ans que nous travaillons ensemble. Elle est tellement belle, drôle... Elle continue par ses facéties à me faire tordre de rire à chaque occasion. » Fin juin, William et Dorothée s'envoleront pour dix jours à Disney World afin de tourner un « Récré A 2 » spécial, dont la diffusion est prévue en novembre prochain.
En attendant de partir au pays de Mickey, William Leymergie conclue : « Récré A 2 se porte bien. C'est un enfant en pleine forme. Nous n'avons vraiment pas besoin de pédiatre »

Annie FERRER


Récré A5

Télé Poche – 27 mars 1984

Quelques brins de laine bigarrée, des aiguilles à tricoter géantes sorties tout droit des ateliers Pingouin : il n'en faut pas plus pour que les joyeux présentateurs de « Récré A2 » s'amusent comme des fous. Charlotte, Marie (Elle chante « Y'en a qui », le générique de l'émission) Alain (il vient d'enregistrer le générique des « Maîtres de l'Univers ») et Véronique sont unanimes : « Non, Dorothée ne tire pas la couverture à elle ! »


Dorothée au pays des enfants

Télé guide – 31 Mars 1984

« Maman, maman, viens vite ça commence... » Prostrés devant leur télé chaque mercredi, les enfants de France et de Navarre vivent dans un autre monde, celui des personnages de la B.D. Leurs amis s'appellent les Schtroumpfs, Lucky Luke, Pinocchio, Astérix, Peter Pan... Avec Récré A 2, l'émission-phare qui obtient un taux d'audience record, nos chers bambins s'offrent un moment de fête, de rêve et d'imagination dont seuls ils ont le secret. Seuls ? Pas vraiment, Récré A 2 c'est aussi et surtout Miss Dorothée, la fée des enfants qui chaque mercredi contribue largement au bon déroulement de la fête. Dorothée, la petite fille qui n'a pas grandi, a même réussi à contaminer les parents que l'on surprend quelquefois devant la télé à commenter l'émission: «Non, c'est lui le méchant... Il est caché derrière l'arbre... Je l'ai déjà vu, c'est super. Oh, regarde Dorothée, elle est déguisée en schtroumpfette... »
« Je reçois des centaines de lettres, confie Dorothée. Des enfants m'écrivent et m'envoient des dessins. Quelquefois les parents se joignent à eux pour me féliciter ou commenter telle ou telle émission. »


Depuis cinq années, Récré A 2 conçu, réalisé et présenté pour les enfants, est devenu une véritable institution. Les jeunes téléspectateurs attendent toute la semaine, et dès que l'émission prend fin, ils s'écrient « C'est déjà fini!» Un succès qui a poussé la chaine à programmer Récré A 2 aussi le dimanche matin à 9 heures, juste avant la messe. Dans Récré A 2, Dorothée est omniprésente, entre les dessins animés, les histoires, les chansons. Dorothée a un double langage, adulte et juvénile, qui séduit tous les enfants qui voient en elle une amie, une maitresse Pour eux, elle n'a ni passé, ni travail. Elle a 6, 7, 8. 12 ans « J'adore Recre A 2. explique-t-elle, j'aime les enfants. C'est toute ma vie » Mais avant d'être une « star» adorée, Dorothée a fait son petit bonhomme de chemin un peu comme le petit poucet C'est en fac d'anglais à la suite d'une représentation théâtrale dont elle était l'héroïne, qu'on lui propose de faire de la télé. Elle anime en 73 « Les Mercredis de la Jeunesse » puis « Les Visiteurs du Mercredi »


« Vous n'êtes pas faite pour animer les émissions pour enfants » lui dit-on. C'est la traversée du désert. On l'a retrouvée en 77 comme speakerine sur A 2 pas pour longtemps puisqu'en 78 la chaine crée Récré A 2 et le phénomène Dorothée. Dès lors rien ni personne n'arrête cette gamine. La même année François Truffaut lui propose de jouer dans « L'amour en fuite» et en 1980 ce sera au tour de Robert Enrico dans « Pile ou face » avec Philippe Noiret et Michel Serrault: mais elle reste profondément attachée aux enfants. « J'adore ce que je fais, pour rien au monde je n'abandonnerai « Récré A 2».


Dorothée est devenue une vedette à part entière. L'animation télévisée l'a conduite sur d'autres terrains: chansons, disques, spectacles comme celui qu'elle organise chaque année au pied de la Tour Eiffel, à Noël, pour les petits Parisiens privés de vacances. Dorothée a aussi un répertoire important de chansons qui lui a permis de récolter de nombreux titres : disques d'or et de platine. Grâce à ce répertoire, elle a pu se produire sur la scène de l'Olympia en 1981 avec une comédie musicale « Dorothée au pays des chansons ». La dernière trouvaille de Dorothée, ce sont les Schtroumpfs, la folie des enfants qui font la collection de tout ce qui peut ressembler de près ou de loin à ces petits bonshommes bleus inventés par le belge Peyo. Images, figurines, timbres, porte-clés, tee-shirts, jouets. Les Schtroumpfs sont partout et Dorothée s'en félicite « On ne peut pas expliquer la folie... C'est un peu comme Snoopy. » Dorothée a déjà vendu 1 million de disques des « Schtroumpfs ». Depuis le 28 mars les personnages de Peyo tiennent aussi l'affiche des grands écrans avec « V'la les Schtroumpfs », film dont Dorothée peut être considérée comme la marraine. « Des enfants m'ont souvent demandé si je les avais déjà rencontrés, si j'avais vu leurs maisons, leurs jouets» rappelle-t-elle en riant. Dorothée vit pour Récré A 2 et surtout pour les jeunes qu'elle a choisi de « divertir et d'amuser ». Pour l'instant elle n'a pas d'autres projets, ni au cinéma, ni ailleurs. Pourquoi voulez-vous que je fasse autre chose, je suis tellement bien où je suis. »


Richard Alain


Dorothée-bises – L’humeur de Pierre Combescot

Le quotidien de Paris – Avril 1984

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais le mercredi, je suis toujours aligné. C'est ric-rac, y'a rien à faire. Evidemment, vous me direz, c'est le jour des petits, mais ce n’est quand même pas une raison pour que chaque semaine, je me retape Récré A 2, Zébulon, Papivole, sans oublier Dorothée, qui, cotillons simples et souliers plats, est en passe de devenir la Marlène Dietrich des âges tendres. Le vert paradis des amours enfantines, je t’en ficherais. Naturellement, le mercredi, il y a aussi cet ange de la pop music, qu'est Jacky à Platine 45. Grâce au ciel, en fin d'après-midi, ça commence un peu à chauffer. Surtout, lorsque, comme l'autre jour, on se trouve nez à nez avec Chagrin d'Amour. Je ne sais pas si vous êtes comme moi mais de Chagrin d'Amour, je suis maboul. D'ailleurs, pour moi, c'est l'évidence, c'est eux Chagrin d'Amour, qu'il faudrait mettre à Récré A 2, à la place de Dorothée et de ses chansons marmelade. Alors, là, je vous jure, il y aurait du tonus dans le pruneau. D'autant que la zozotte du groupe, c'est p'têt pas la Marlène des deux à trois, mais croyez-moi, c'est une fichue baby-doll. Comprenez-moi, ce n’est pas que je sois un pervers, mais je suis 100% pour la libération sexuelle des classes enfantines. On recule toujours, on recule toujours. On croit naturellement que c'est pour mieux sauter, et badaboum, c'est la cata ! Vous voyez bien où je veux en venir, c'est pas la peine de faire un dessin, c'est quand même simple : la France des petits, de nos petits, de nos chères têtes blondes, est, chaque mercredi, sournoisement érotisée, complexée par la présence affolante et maternelle de Dorothée chérie. Et ça, si vous voulez m'en croire, c'est dans un proche avenir le trauma assuré d'une génération. Ceci, voyez-vous, je l'ai compris ce même soir (comme le hasard fait bien les choses) en écoutant Psy Show, cette émission où l'on dit tout, où l'on a même vu de fiers étalons confesser que ça n'avait pas été toujours aussi brillant et que même quelquefois, on avait été un peu « flanelle ».
En écoutant donc Moni Elkhaïm, grande prêtresse des thérapies de groupe, essayer de faire comprendre à un fiston face à sa maman, que leurs relations d'amour et de violence n'existaient que parce qu'un certain M. Edipe, pour avoir joué au jeu des chiffres et des lettres avec le Sphinx avait fini, (le compte est bon !), par épouser sa maman, je compris moi-même que si on laissait la ravageuse Dorothée à Récré A 2, dans 20 ans, dans 30 ans peut-être, ce ne serait plus un Jean-Christophe et une maman Samantha que l'on aurait à Psy Show, mais des millions de petits machos mal dans leur peau, face à une vieille dame qui continuerait à leur dire : « Latulu et Lireli, bonjour les petits ! » Nous, dans notre jeunesse, quand on n'avait pas la télé, on allait au Ranelagh, et là, on mettait sournoisement un pétard entre les fesses du vieil âne, ce qui le transformait aussitôt en crack de steeple-chase. Que voulez-vous, la jeunesse alors avait l'esprit pionnier.
P. C.


Le mariage blanc de Patrick Simpson-Jones

Le Parisien – 3 avril 1984

Ce n'est pas parce qu'Antenne 2, la chaîne dont il est le présentateur, a atteint les sommets dans les sondages que Patrick Simpson-Jones a choisi d'épouser Véronique, samedi, à L'Alpe-d'Huez. Désirant que l'événement se déroule en présence d'une vingtaine d'intimes plutôt qu'avec le Tout-Paris, le couple, après bien des hésitations, a opté pour ce lieu dont le maire, Jean-Guy Cupillard, fait partie de leurs amis. C'est à 12 h 45, en la mairie d'Huez-Village, en costume de ville (la mariée n'était pas en blanc malgré la neige) que les « oui » traditionnels ont été échangés et le livre signé par les témoins: Dorothée et son producteur Jean-Luc Azoulay pour Patrick et Sophie Renoir pour Véronique. Quant aux poignées de riz non moins habituelles, elles ont été sur les marches de l'hôtel de ville remplacées par des boules de neige. Une bataille digne d'un film de Laurel et Hardy Les progrès techniques et les traditions pouvant parfois se marier (surtout un jour comme celui-là), c'est d'un hélicoptère et par sacs entiers que le riz a été jeté sur une terrasse à la fin du déjeuner de famille. Le temps de digérer la pièce montée (au-dessus de laquelle se trouvait une marmotte, mascotte des lieux et un sigle d'Antenne 2) et tout ce petit monde s'est retrouvé à table autour d'une fondue Les plus courageux, parmi lesquels les jeunes mariés, ont sacrifié au ski le lendemain. « Pour des raisons d'emploi du temps, ajoutent les tourtereaux, nous n'avons pris que huit jours de vacances à la montagne. Notre vraie lune de miel, ce sera pour beaucoup plus tard. » Sans doute après le mariage religieux qui, toujours pour des raisons de planning, aura lieu en juin au Mexique ou en octobre à Cap Skirring sur les lieux mêmes où ils se sont rencontrés. Le ciel bleu avant d'atteindre le septième.

Jacques Pessis


« Récré A2 » n’est pas un jeu d’enfant

Le Parisien – 9 mai 1984

"Récré A2" c'est pour les enfants... Tout le monde le sait. Ce dont on se doute moins, à voir à l'écran cette mécanique bien huilée où gags s'enchaînent sans fausses notes, c'est que réaliser « Récré A2 » n'est pas un jeu d'enfant.

Les coulisses de « Récré A2 » le mercredi, ce sont d'abord les loges et l'étape obligatoire du maquillage. Maquillage et déguisement vont de pair, puisque les sketches sont « en situation » à chaque fois. Il faut voir Jacky, Dorothée et William se déguiser à la hâte, tout en se faisant maquiller, un œil sur la glace, l'autre sur leur texte, pour comprendre la complexité d'une émission en direct, fût-elle pour les enfants. Textes à la main les complices se hâtent vers le plateau. Ils n'ont pas répété auparavant, faute de temps. Les saynètes ont simplement été mises en place. Sur le plateau, la tache colorée et brillamment éclairée du décor. Tout autour beaucoup de monde. Techniciens, cadreurs... sans parler de quelques enfants qui, émerveillés, ne se lassent pas de contempler Dorothée. "Silence, antenne dans une minute."


Professionnalisme oblige
Le brouhaha s'apaise... Ça tourne. Et crac ! une caméra tombe en panne. C'est ça le direct. Il faut improviser, se passer du conducteur qui règle les prises de vue à l'avance. Les coulisses de « Récré A2 » le mercredi, ce n'est pas calme et il faut bien le dire, pas très drôle non plus. Professionnalisme oblige... ! Ce qui compte ? C'est l'image finale. La plus drôle possible. Derrière les caméras, le bruiteur à l'aide de feuilles de papier fait croire au bruissement d'ailes d'un canard. Dorothée discute âprement de l'emplacement exact de tel objet, pendant que, en régie, le réalisateur se mord les doigts d'angoisse.
Les coulisses de « Récré A2 », c'est fatigant. Et puis l'énervement c'est contagieux.
« Récré A2 », il vaut mieux le voir chez soi à la télé », dit Dorothée à une petite fille. La gamine acquiesce, convaincue de l'exactitude de ces propos. L'envers du décor... ce n’est pas pour les enfants.

Annie FERRER


Dorothée dans la maison géante

Télé 7 jours - 12 mai 1984

Dorothée, qui voyage d'habitude au pays des Schtroumpfs, s'en est allée pour un après-midi en balade dans la maison géante, installée par le Comité parisien d'éducation pour la santé et la RATP, à la station Auber, dans le métro parisien. Elle est destinée d'où l'échelle de la construction - à mieux apprendre aux enfants, les dangers de toute maison. Ce qui a le plus impressionné Dorothée : la planche à repasser sur le bord de laquelle traîne un bien dangereux fer à repasser, puis le four électrique sur lequel navigue une poêle par trop branlante. Enfin, perchée sur une chaise à bébé, Dorothée a pu également voir combien se servir d'un verre et d'une bouteille peut être dangereux pour les enfants. Car cette expérience qui se renouvellera, avait, pour seul but de montrer qu'en France les accidents domestiques sont la première cause de mortalité chez les enfants.


PHOTOS ALAIN CANU


Récré A2 à Disneyland

Télé Magazine – 12 mai 1984

Un spécial « Récré A2 » sera enregistré en juin prochain par Dorothée et son coproducteur William Leymergie, à partir du royaume de Walt Disney. Cette émission extraordinaire sera diffusée en septembre...