Articles - 1997/1998

Dorothée - Forcée de faire souffrir ceux qu'elle aime plus que tout

1997

Vingt ans ! Vingt ans que Dorothée donne tout à ceux qu'elle aime. Sa vie, son amour, punch légendaire, sa joie de vivre communicative. Vingt ans que, chaque jour, des millions d'enfants attendent, avec plus d'impatience que la sortie des classes de pouvoir la retrouver sur le petit écran. Et pourtant, dans quelques mois, tous ces petits enfants vont être orphelins Fins leur rendez-vous du samedi matin sur TF1. Finit aussi le Club Dorothée à 9h30 le mercredi. Oui, me si elle essaie toutes ses forces de repousser l’échéance, Dorothée sait qu’une terrible épreuve l’attend, elle et son jeune public, en septembre. Une épreuve qu'elle redoute autant que la pire des amputations : celle que va la séparer un temps de ceux qui sont avant tout, SES enfants. En effet, à presque 44 ans, elle les aura le 14 juillet prochain, Dorothée n'a d'autre famille que celle des gamins pour lesquels elle travaille. Non qu'elle n'ait jamais pu ou jamais voulu en avoir, mais simplement parce que si elle donnait naissance à un  petit être, c’était avant tout pour s'en occuper à plein temps, le chérir, le guider dans la vie et le voir grandir. Une chose qu'elle n'aurait évidemment, pas pu faire correctement avec l’emploi du temps surchargé qui est le sien depuis toutes ces années. Alors pour combler ce vide atroce, Dorothée a reporté son amour sur les enfants des autres. Ceux de ses collaborateurs mais aussi tous ceux qu'elle rencontrait sur les plateaux de ses émissions Et cela même si, en 1990, elle avait laissé échapper cette phrase terrible : « Mon métier, je n'ai rien d'autre dans la vie Pas d'enfant, pas d'homme. Le jour où l'on me signifiera mon congé, je ne pourrais me raccrocher à rien. » Une telle éventualité, bien sûr, personne ne pensait qu'elle arriverait un jour. Sa cote de popularité était toujours en hausse. Seulement, le 7 mars dernier, le couperet est tombé, froid, sec, sur la tête de la pauvre Dorothée. Etienne Mougeotte, le vice-président et directeur général de la Une a fait savoir que le Club Dorothée avait fait son temps et qu'en septembre, il serait remplacé par autre chose. Problème d'audimat… Cela faisait déjà plusieurs mois que Dorothée se savait dans le collimateur de la chaine. Ses émissions du mercredi après-midi s'était envolées. Puis c'était au tour de celle intitulée « Des millions de copains » d'être supprimée.


Désemparée
Mais même si elle est totalement désemparée qu'on puisse faire ça aux enfants, Dorothée n’a pas dit son dernier mot. Il se pourrait même que, très bientôt, elle revienne dans une série télé. Pierre Grimblat, le papa de « L'Instit » est plutôt séduit par l’idée. Et être comédienne, Dorothée l’a déjà été, notamment pour François Truffaut dans « L’amour en fuite » Alors héroïne de série… Voilà qui permettrait aux enfants de retrouver… leur seconde maman !
Valérie DUBREUIL


L’enfance d’un art

Le nouvel observateur – 1997

Les mercredis et samedis matin, France 3 bat donc TF1. « Le Réveil des Babalous » et les « Minikeums » ont détrôné Dorothée. Reste à TF1 le dimanche matin, où le « Disney Club » (depuis novembre 1988) bat « Télé Taz » et son bloc Warner, et en semaine « Salut les toons » (depuis la rentrée 1996) tient la distance par rapport aux Babalous », pour le public préscolaire. France 2, pour cibler trop large et longtemps sans conviction (jusqu'à Elkabbach), ne prend toujours pas en tenailles TF1, mais Rachel Kahn, récemment nommée, a le cran pour redresser la barre. 1997, juillet. La rentrée sur TF1, en cure de désintoxication (recherche du sens Mougeottéen), se fera sans Dorothée. Depuis 1987, AB Productions, via Dorothée, avait la haute main sur les programmes jeunesse de la chaîne. La petite jeune femme qui m'attend à la porte du « Nouvel Observateur » a quelque chose de pathétique. Une poupée usée jetée après qu'on en a abusé. Dorothée rappelle le Lucky Luke de « Toy Story ». Elle s'accroche à une réalité qui la fuit, comme les années. Elle reste, insiste-t-elle, une salariée de TF1, responsable de l'unité jeunesse et famille, une chanteuse, chez AB Disques (à la rentrée, un disque et un concert) et une pourvoyeuse de commandes pour AB Productions. Sinon, elle négocie son futur. Rien n'est décidé. Choquée ? « Ça fait toujours de la peine quand quelque chose s'arrête. Mais tout a une fin. » Elle ne comprend pas. Pas une ombre d'autocritique. Ni de distance. Elle ne se sent même pas humiliée d'être mise dans le même sac que Pradel, Morandini et la télé-poubelle. Elle met les reproches qu'on lui fait au compte des ignorants, des jaloux et des hargneux. « Dragon Ball Z » (TF1 a dû faire des excuses publiques pour une scène) ? « Il ne faut pas enlever ce qui plaît aux téléspectateurs. On a suivi le goût du jour. D'ailleurs mon générique le dit, "Venez surfer sur le Club Dorothée... »
TFI change de politique, point à la ligne. « Du temps de monsieur Bouygues, la jeunesse était importante. Il fallait voir monsieur Francis Bouygues avec ses petits-enfants, c'était un tableau magnifique. On a eu plein de projets ensemble... »
Sa notion du temps est étrange. Dites d'ailleurs « Do » : « Dorothée, c'est un peu long. C'est toujours trop long, j'aime bien que ça aille vite. Enfant, je me cassais la figure tout le temps. J'ai été élevée à l'arnica. » Subsiste toujours en elle l'alerte fillette de 1973 que Jacqueline Joubert avait remarquée à un concours de théâtre inter collèges, à Versailles. Cinq ans après, la grande Jacqueline créa l'unité jeunesse et Récré A2. « Ou n'a fait que grandir. J’ai grandi avec la France. J'ai suivi mon public. La télé était la boite magique », dit-elle. Le drame d'une star n'est-il pas de vieillir plus vite que son public ?
« Avec un public jeune, on reste jeune. » L'adepte de Disney avoue vivre dans sa fantaisie land. Une de ses fiertés est d'avoir créé un Club Dorothée, gratuit d'admission, dont son chauffeur lui rappelle le nombre de membres : 600 000 !


- Ce sont les copains qui m'avaient demandé de créer un fan-club.

- Les copains ?

- J'appelle toujours les téléspectateurs des copains.

- Ah ?

- Il y a toujours un côté enfant chez tous les adultes.

- Même chez Patrick Le Lay ?

- Bien sûr, c'est un être humain.

- Et vos copains enfants, ils changent ?

- Tout va plus vite. Ils parlent même de politique, mais ils gardent leur imagination. Il y en a qui sont fous de la télé.

- Est-ce que vous n'êtes pas une folle du public comme l'a été Joan Crawford ?

- J'aime le public, j'aime qu'il y ait un max de public, en direct. Il y a plusieurs publics, celui qui dans la rue vous reconnait et papote avec vous, celui de la salle.

- Vous avez besoin d'être aimée ?

- Certainement. J'ai eu beaucoup d'amis et le public, c'est presque des amis. Tenez, je me suis fait couper les cheveux. Dans la rue, les copains le remarquent : tu t'es fait... tiens, moi aussi.

- On vous tutoie ?

- Les enfants me disent "tu", les parents "vous" et les grands- parents "ma petite Dorothée"..


TF1 : "Instaurer un esprit nouveau »
DOMINIQUE POUSSIER
48 ans, école d'interprète et licence d'espagnol. Une fille de 8 ans. Depuis trois ans, responsable du programme jeunesse de TFI. 900 heures pour un budget de 150 millions de francs en 1997


- TéléObs. - Quelle est la ligne TF1 ?
- Dominique Poussier. - Elle se définit par l’objectif : proposer aux enfants un télé toit qui leur est réservé, une mini-chaîne pour enfants à l'intérieur de la grande chaîne avec les dessins animés les plus variés pouvant toucher des enfants dont l'âge s'étale entre 4 et 10 ans.


- Les points forts ?
- Les séries longues qu'on a coproduites : Oliver Twist, Dog Tracer, Docteur Globule, Barbe-rouge, Nanouk », mon favori. Le Disney Club continue les samedis et dimanches matin. Et nos deux souris en 3D de Salut les toons, Bob et Scott, auront une petite compagne, une femelle grise, Zoe.


- L’habillage ?
- Il est signé par l'Américain Petard Sullivan. Pour lier, on a choisi de recourir ni à des animateurs ni à des marionnettes. Les médiateurs sont off, comme sur Nickelodeon. On habille le programme, on ne l'enrubanne pas. Il s'agit d'installer un esprit nouveau, tout en surprise et humour, à partir de petits gags, l'interstitiels en pâte à modeler... On pare ainsi au reproche d'impersonnalité. Les enfants participeront, en choisissant des éléments déclinables du décor, en votant pour les séries qu'ils préfèrent. Il y aura des mercredis à thèmes, rentrée des classes, Noël, la poésie... L'idéal, c'est que les enfants pensent que c'est leur chaine.


- Y a-t-il un enfant TF1 ?
- Non. Les enfants ne sont pas attachés à une chaîne mais à des séries. Télécommande en main, ils sont volatils et savent à quelle heure passe quoi. En revanche, pour les moins de 5 ans, les mamans ont tendance à prescrire France 3 ou Canal J.


- A nouvelle concurrence, nouvelle donne ?
- Les chaines hertziennes ont du souci à se faire : les thématiques attaquent fort dans le domaine de la Jeunesse.


Dorothée privée de « quatre heures »

Le monde – 20 janvier 1997

L'animatrice à la voix de crécelle se fait rare. TF 1, confrontée à a baisse d'audience de ses émissions de l'après-midi, diffuse désormais des séries américaines


C'EST un cadeau au goût amer que TF1 a réservé à Dorothée pour Noël. Quelques jours avant le 25 décembre, la chaîne publiait un communiqué annonçant la déprogrammation des émissions que l'animatrice devait présenter tous les après-midis pendant la période des fêtes. Seuls les rendez-vous du matin étaient maintenus. A la place du « Club Dorothée » de 16 h 50, les téléspectateurs se sont vu offrir deux séries américaines. Parallèlement, l'émission « Des Millions de copains », programmée le dimanche à 18 heures, disparaissait sans explication. Les fêtes passées, le régime a été maintenu, ne laissant plus à Dorothée que deux rendez- vous dans la grille, le mercredi à 9 h 30 et le samedi à 7h 10.
Dorothée battue par des téléfilms américains : la nouvelle ne manquera pas de surprendre même ceux qui bataillent contre la blonde quadragénaire et ses programmes débilitants. L'état-major de TF 1 « ne souhaite pas communiquer sur ce sujet ». Le service de presse de la chaîne se contente de préciser que la mise à l'écart de Dorothée est « un phénomène saisonnier » correspondant à un recul d'investissement de la publicité après la période faste des fêtes. Même repli du côté d'AB Production, les producteurs du « Club Dorothée » évaluant en silence le montant de leur manque à gagner.
Pourtant, l'année dernière, à la même époque, Dorothée et sa bande n'avaient pas eu à subir une diète forcée. Si l'on se réfère à la semaine du 15 au 22 janvier 1996, l'animatrice avait sept rendez-vous hebdomadaires avec les enfants. Il faut se rendre à l'évidence : si TF 1 déprogramme Dorothée, c'est que l'animatrice, hier encore chouchou des enfants, ne fait plus autant recette. L'audience de ses émissions s'érode. A titre d'exemple, selon Médiamétrie, le 19 novembre 1996, « Le Club Dorothée » rassemblait 17 % des enfants de 4 à 10 ans, tandis que, sur France 3, à la même heure, « Les Minikeums » faisaient un tabac avec 67 %.
L'époque où Dorothée régnait en impératrice sur les programmes jeunesse est bel et bien révolue. L'ex-mademoiselle météo d'Antenne 2, remarquée pour son regard mutin par Jacqueline Joubert qui la propulse en 1978 au rang d'animatrice à Récré A2, a pris de l'âge. Depuis dix ans qu'elle officie sur TF 1, ses programmes n'ont guère évolué. Toujours entourée de Jacky et des inénarrables Musclés, Dorothée continue à creuser le même filon, jusqu'ici aurifère. Dessins animés japonais achetés à bas prix, sitcoms bas de gamme - du genre << Hélène et les garçons >> -, tournés au kilomètre dans les studios d'AB et jeux avec les animateurs pour lier la sauce... Pendant ce temps-là, la concurrence s'est musclée, elle aussi.
France 3 a investi beaucoup d'argent dans la production de dessins animés français de qualité et a réussi à séduire un public croissant d'enfants tout en gagnant un fort capital de confiance du côté des parents. Au phrasé bêtifiant de la bande de Dorothée, les gamins préfèrent aujourd'hui l'humour des Minikeums, ces petits frères des Guignols qui, depuis 1993, orchestrent les programmes jeunesse de France 3. M 6 occupe aussi de plus en plus le terrain, avec un renforcement de ses programmes jeunesse depuis la rentrée. A TF 1 également les couteaux s’aiguisent : une équipe indépendante d'AB propose « Salut les Toons », un programme d'animation destinés aux petits. A l'heure de la guerre numérique, la directrice de l'unité jeunesse de TF 1 qui est aussi la « créature » d'AB, dont le bouquet est en concurrence avec celui de TF 1, est dans une situation pour le moins inconfortable.


Sylvie Kerviel


Les enfants de la télé, Arthur n'est pas en reste

Les invités sont souvent à l'origine des débordements, mais l'animateur n'est pas le dernier à bousculer les codes de la télé. Et pour une raison toute simple: avant de prendre les commandes des Enfants, l'animateur présentait L'Émission impossible. Un concept décalé et diffusé en deuxième partie de soirée, donc propice aux dérapages en tout genre. Arthur est en terrain connu. Et il s'autorise de légères sorties, pas toujours politiquement correctes, comme lors de l'émission qui accueille Dorothée, le 5 avril 1997. Ce soir-là, l'équipe a prévu de revenir sur « Club Dorothée » et notamment sur ce qu'on a appelé à l'époque «l'affaire Mallaury Nataf». En juin 1994, la vedette de sitcom, interprétant une chanson au cours de l'émission jeunesse de TF1, avait laissé voir ce qu'il y avait sous sa jupe... Scandales, articles, buzz. En évoquant cet épisode, Arthur se laisse aller à quelques saillies qui amusent le plateau. Le ton est volontairement provocateur, mais parfaitement maîtrisé. C'est tout le talent d'Arthur. C'est aussi ce qui fait des « Enfants de la télé » une émission à succès.

Extrait de « Nous sommes tous des enfants de la télé » - Hors Collection - 2019


Dorothée, à la croisée des chemins

TV Magazine – 12 mai 1997

Une émission jeunesse, une fiction, un film et même une chaîne style Dorothée Chanel.
Après dix ans de « Club Dorothée », la fée des enfants s'interroge. Elle hésite entre trois voies : une émission pour la jeunesse, une fiction dont elle serait l'héroïne, et même une chaîne de télé. Mais de toutes les façons, il est question de cinéma, avec un ou plusieurs films familiaux. Interview en compagnie de Jean-Luc Azoulay, le « A » de AB Productions.


- Qui vous appelle encore par votre prénom de naissance, Frédérique ?
- Les amies de Maman que je revois toujours et des cousins éloignés. Mais même ma mère m'appelle Dorothée.


- Pourquoi avoir choisi le prénom Dorothée ?
- Lorsque Jacqueline Joubert m'a découverte, en 1973, elle trouvait mon prénom trop androgyne. Dorothée nous a plu à toutes les deux.


- Vous voyez toujours Jacqueline Joubert ?
- Non et je le regrette. Je la considérais vraiment comme ma mère télévisuelle. C'est une vrai
découvreuse de talents, ce que j'appellerais un nez. Elle a découvert William Leymergie, Olivier Minne, etc.


- Vous êtes née un 14 juillet. A quel âge avez-vous compris que les feux d'artifice n'étaient pas pour vous ?
- Jusqu'à l'âge de sept ans, je croyais que c'était pour moi. Je suis née pendant un feu d'artifice, et Mme Soleil m'a dit un jour que j'étais née sous le signe de la fête.


Jean-Luc Azoulay entre et s'installe à son bureau, au côté de Dorothée.


- Vous venez de changer de coiffure. Vous en aviez assez de votre tête avec queue de cheval, caricaturée par Cabu ?
- Non ! Mes cheveux étaient fatigués, ça leur fait du bien.
Jean-Luc Azoulay. Moi, j'étais contre le fait qu'elle se coupe les cheveux, mais Dorothée, avec son tempérament, n'en fait qu'à sa tête.


- Vous vous connaissez depuis longtemps tous les deux ?
- J.-L. A. Ça fait dix-huit ans. Nous sommes à la fois comme frère et sœur, comme chien et chat. Nous nous disputons parfois, mais nous ne restons jamais fâchés plus d'une heure.


- Ce changement de coiffure correspond à un changement plus profond ? Changement de
cap ? Vous arrêtez le « Club Dorothée » ...
- Dorothée. Pas du tout.
- J.-L. A. Ce n'est pas Dorothée qui arrête le « Club Dorothée ». C'est TF1 qui, lors d'un reciblage général de l'antenne, a décidé de moduler la jeunesse différemment.


- Vous quittez donc TF1 ?
- J.-L. A. Nous avons plusieurs options. Etienne Mougeotte aimerait que Dorothée devienne l'héroïne d'une série à diffuser en prime-time et nous y travaillons avec Pierre Grimblat puisque nous venons de racheter Hamster, mais il est aussi possible que nous partions sur une autre chaîne pour proposer des émissions sur la jeunesse.


- Vous ne quittez pas les enfants ?
- Dorothée. Ça, il n'en est pas question. Jamais je ne quitterai mes copains. J'aimerais être l'héroïne d'une série familiale, pas une vedette pour adultes.


- Quelle genre d'héroïne ?
- Dorothée. Un peu comme Super Jamie.
- J.-L. A. Quel genre de séries aimes-tu ?
- Dorothée. J'aime « Drôles de dames », « Ma sorcière bien-aimée », « Arabesque » ... mais pour ça, j'attends d'être vieille. J'aimerais une série dynamique, drôle, avec du suspense.


- Rien n'est encore écrit ?
J.-L.A. Non, nous travaillons. Six scénaristes planchent sur le sujet. Par ailleurs, une chose est sûre, avant un an, vous verrez Dorothée au cinéma, dans un film familial !


- Vous avez votre mot à dire dans l'écriture des scénarios écrits à votre intention ?
- J.-L. A. Elle donne beaucoup d'idées qui aident à réfléchir.

- Dorothée. On ne peut rien faire si on n'est pas sincère.

- J.-L. A. Quand on devient star, on projette quelque chose. Une star, c'est quelqu'un qui imprime son empreinte, quelqu'un qui a une forte personnalité.

- Dorothée. D'ailleurs, François Truffaut avec qui j'ai tourné « L'Amour en fuite » m'avait dit : « Si vous devez faire un autre film, il faudra écrire pour vous. »


- Après un film avec Truffaut, un autre avec Robert Enrico, pourquoi ne pas avoir continué sur cette voie ?
- Dorothée. Je n'ai rien cherché et on ne m'a rien proposé. Mine de rien, je suis quelqu'un de timide.


- Donc maintenant, vous êtes à l'heure du choix ?
- Dorothée. Pas du tout, j'ai toujours fait ce que je voulais. J'ai un spectacle prévu pour l'année prochaine, car ce n'est pas parce que je vais jouer dans une série que je vais arrêter les disques, la scène.


- Finalement, vous hésitez entre quoi et quoi ?
- Dorothée. Une émission jeunesse qui ferait plaisir à tous, pour ne pas laisser tomber les copains.
- J.-L.A. Une chaîne Dorothée qui permettrait de ne pas quitter son public, une série si nous sommes sûrs de trouver la bonne idée.
Dorothée. - Mais la série, c'est le plus complexe. Il ne s'agit pas de faire une série pour faire une série, il faut que ça plaise aux copains.


Propos recueillis par Christine Watson



Dorothée en tournage au pays d’Auray

Ouest France – 30 juin 1997

Depuis une bonne semaine et pour une vingtaine de jours de tournage, l'équipe du « Club Dorothée » a établi ses quartiers au domaine de Keravéon, sur la commune d'Erdeven pour filmer les aventures de toute l'équipe appelée en mission par le célèbre dromadaire Sahara, afin de sauver le monde. Belle-lle, les mégalithes, la mer, le vieux port de Saint-Goustan à Auray, servent de cadre à ces aventures qui seront diffusées sur TF1 entre le 20 et le 30 juillet. Dorothée apprécie son séjour : en effet, elle a des attaches familiales à Auray, et y a passé de nombreuses vacances dans son enfance.


Le Club Dorothée tourne à Rochefort

Ouest France – 4 juillet 1997

Dorothée et toute son équipe étaient présents à Rochefort pour le tournage du Club Dorothée que l'on peut voir sur TF1 tous les jours. Prises de vues place des Halles et au château ou jeux et énigmes ont été préparés. L'émission sera transmise le 1er août.


Dorothée : vacances en tournage sur le quai

Ouest France – 8 juillet 1997

Ils embarquent sur un langoustinier familier du Vieux Port rebaptisé « Les copains » pour l'occasion. Le tournage a déjà commencé sur le quai pour des émissions de Dorothée vacances qui seront diffusées les 21 et 22 août prochains Les quatre musiciens fétiches de TF1 sont Dorothée, Ariane, Jacky et Corbier. Un dromadaire extraterrestre, Sahara a envoyé les animateurs du club en mission et pour sauver le monde, ils doivent trouver un certain nombre d'indices Les 18 personnes qui forment l'équipe viennent de passer quinze jours à Kéravéon. « Nous avons investi le château, et nous y sommes comme en famille », pour rayonner dans toute la région : Saint-Goustan, Josselin Rochefort-en-Terre, Malensac Quiberon, Belle-lie, Lorient, Poul- Fétan et La Trinité.

« La Bretagne est extraordinaire, le cadre exceptionnel est super », confie l’équipe qui sait apprécier les bonnes choses.


Dorothée : Nouvelle vie, Nouveau chien

Télé Magazine -1997

TFI supprime « Club Dorothée ». A 43 ans, son animatrice est à la croisée des chemins. Avant de décider de son avenir, elle a changé de look et cherché un nouveau compagnon à quatre pattes.


Dorothée à la SPA, c'est l'émeute! Comme si les 560 chiens et 60 chats du refuge de Gennevilliers savaient que la grande amie des enfants était aussi celle des animaux. Abandonnée la veille par son propriétaire, Florette, une petite chienne berger de 2 mois, fait bien des jaloux dans le chenil lorsque Dorothée la prend dans ses bras. Mais aujourd'hui, pas plus elle que Fiona, 3 mois, un croisement d'épagneul, ou Musical, le colley beige un peu triste, ne quitteront leur cage. Désespérée par les regards implorants de ces bêtes qui attendent un gentil maître. Dorothée se jure de revenir très vite. L'an dernier, elle a perdu Roxan, son inséparable compagnon à quatre pattes, un yorkshire malin qui lui avait été offert bébé par Annie, la fiancée de Jean-Luc Azoulay, il y a seize ans. Inconsolable de sa mort, elle s'était juré de ne pas le remplacer. Jusqu'à ce que tout bouge pour elle sur TF1 et qu'Etienne Mougeotte annonce, en mars, l'arrêt pour fin août.du « Club Dorothée », « Je le pressentais déjà depuis deux ans, en voyant les horaires de mon émission s'amenuiser comme une peau de chagrin. Cette nouvelle m'a stimulée. J'en ai profité pour changer de look et me faire couper les cheveux. Bien dans ma peau, ayant repris les six kilos perdus en décembre lors de mon dernier spectacle à Bercy devant 180 000 spectateurs un record - j'envisage sereinement l'avenir.» Dorothée, dont le contrat d'animatrice expire fin août, n'est ni déçue ni amère de la décision de TF1.
« Il y a dix ans, lorsque Francis Bouygues m'a engagée, il avait la volonté de faire de TF1 une chaîne leader dans tous les domaines et notamment celui de la jeunesse dont il m'avait confié la responsabilité. Les nouveaux dirigeants veulent une chaîne commerciale. Ce n'est pas à moi de juger cette politique.» Pas question cependant que TF1 se prive de ses services. Étienne Mougeotte lui a proposé d'être l'héroïne récurrente d'une série qui serait produite par Pierre Grimblat. Une perspective qui enchante autant son futur producteur, qui avait remarqué son talent d'actrice dans « L'Amour en fuite», de Truffaut, en 1978, que Dorothée elle-même. « A condition toutefois qu'il s'agisse d'une série familiale. Je ne veux pas lâcher mes copains, les enfants. » Dorothée sait aussi que du côté d'AB Productions, il y a du travail pour elle comme pour ses amis du «Club Dorothée », Jacky. Ariane et Éric. Jean-Luc Azoulay est déjà en train de leur concocter un film familial. II envisage aussi de confier à Dorothée la responsabilité d'une des dix-huit chaînes d'AB Sat, entièrement vouée aux enfants. A 43 ans, celle-ci a les clefs de son destin en main.


Isabelle CAUCHOIS
Photos : B. SCHNEIDER


Dorothée fait ses adieux à la jeunesse

Le Parisien - Août 1997

Ce samedi 30 août marque un tournant pour la programmation jeunesse de TF1 et, surtout, pour Dorothée qui en était l’animatrice depuis dix ans. Après avoir appris fin mai que son contrat ne serait pas renouvelé à la rentrée, elle a toutefois assuré l’enregistrement de toutes les émissions d’été du « Club Dorothée vacances ». A défaut d’avoir obtenu l’autorisation d’organiser une méga fête d’adieux avec tous ses « copains », elle s’est contentée, hier matin, de diffuser les meilleurs moments de ses dix années passées au service de la jeunesse. A 43 ans, Dorothée tourne la page sans amertume aucune, et avec une certaine philosophie.

- Dans quel état d’esprit avez-vous vécu cette ultime émission ?
(NDLR : enregistrée mardi dernier dans les conditions du direct)
- Dorothée. J’avais eu le temps de m’y préparer depuis quelques mois. Quand les patrons décident de changer de politique, il faut bien accepter. Pour ce qui concerne plus précisément ma dernière apparition à l’antenne, tout du moins dans cet exercice, nous n’avons pas voulu être triste. Au contraire, l’émission a commencé au milieu de fous rires. C’est quand les gens des bureaux et ceux de la technique sont venus partager le gâteau que les choses se sont un peu gâtées et qu’il y a eu vraiment beaucoup d’émotion. Mais ce n’est qu’un au revoir.

- Justement, quel est votre avenir ?
- Depuis deux mois, je me suis uniquement consacrée à ma maman qui était très malade. Je me devais de l’accompagner. Elle est décédée jeudi. Je suis sûre qu’elle a attendu que j’enregistre ma dernière émission pour s’en aller. Alors, pour le moment, mon avenir, c’est le flou artistique. J’ai besoin de prendre un peu de recul. Je réfléchis, des gens travaillent aussi pour moi de leur côté. Personnellement, il n’y a pas d’urgence. J’attends le déclic. De toute façon, je ne me projette jamais dans l’avenir. J’ai un grand nez et je m’en sers.

Une future héroïne de fiction

Dorothée a le talent pour devenir une héroïne de fiction à succès. Pierre Grimblat, figure de proue de la société de production Hamster et, à ce titre, père de "Navaroo", "L'Instit" et "Julie Lescaut", en est persuadé. Ses deux rôles au cinéma, dans "l'amour en fuite" de François Truffaut (1978) et "Pile ou face" de Rober Enrico (1980), rediffusé il y a peu, l'ont déjà prouvé. Le producteur juge Dorothée "consensuelle". Il réfléchit depuis quelques mois à un personnage pour l'animatrice : "Je finirai par trouver, mais parfois cela demande du temps. Vous savez, j'ai mis cinq ans avant de proposer un rôle sur mesure à Sophie Duez. Et c'est devenu Quai n°1"

Nicolas SIMON


Une nouvelle coupe de cheveux et des projets plein la tête...

Ici Paris - 1997

Après 24 ans de bons et loyaux services, elle va enfin commencer à vivre!

Pendant vingt-quatre ans, elle a été la bonne fée des enfants à la télévision. Elle a en plus trouvé le temps de faire des disques, de se produire au Zénith et de répondre aux interviews... Si les enfants l'adoraient pour sa spontanéité, les adultes n'étaient pas insensibles non plus à sa joie de vivre. Et son minois a même séduit des réalisateurs comme François Truffaut qui lui a fait tourner L'Amour en fuite et Robert Enrico, Volte-face.

Au moment où on annonce l'arrêt définitif du Club Dorothée sur TF1, l'animatrice n'abandonnera pas pour autant les enfants, "ses copains" comme elle dit. Elle a des projets plein la tête : une nouvelle formule d'émission pour la jeunesse sur France 2, une série familiale comme Ma sorcière bien aimée dont elle sera la vedette et enfin, vous la verrez d'ici à un an dans un film au cinéma. D'ailleurs sa nouvelle coupe de cheveux est un signe qui ne trompe pas: elle annonce bel et bien une nouvelle vie...

Sa réussite n'est pas due au hasard... Elle a toujours consacré la plus grand partie de son existence au travail. Si elle joue très bien au piano, pratique le tennis et aime l'équitation, elle a toujours donné la priorité à son métier d'animatrice.

Pourtant même si la vie paraît l'avoir comblée, il reste un mystère autour de Dorothée. Vit-elle seule? A-t-elle un homme dans son existence? La présentatrice a toujours été d'une discrétion absolue sur sa vie privée. "Mon métier compte avant tout" a-t-elle toujours déclaré. Voulant dire par là qu'avoir une vie de femme mariée était incompatible avec le choix qui a été le sien dès ses débuts : consacrer toute son énergie au public.

Remontons le temps et imaginons la jeune Frédérique Hoschedé - qui ne s'appelait pas encore Dorothée- en terminale à l'institut Notre-Dame, de Boug-la-Reine. Papa est ingénieur, maman est femme au foyer. Elle est bonne élève. Rien d'exceptionnel si ce n'est la création d'une petite troupe de théâtre à l'intérieur de son école. Elle écrit une adaptation moderne des Caprices de Marianne d'Alfred de Musset et la présente lors d'un concours au théâtre Montansier, à Versailles. L'un des membres du jury,  qui est responsable des programmes jeunesse à la télévision, la remarque et lui propose, un an plus tard, d'animer les premiers mercredis de la jeunesse à la télévision. Douze mois passent. De nombreux directeurs arrivent, qui continuent à lui accorder leur confiance en lui offrant de présenter Les visiteurs du mercredi. Jusqu'au jour où elle s'entend dire d'un ton désolé par un assistant : "Tu sais que demain tu ne seras plus là?"

Dorothée part aussitôt à la chasse aux renseignements et se rend compte qu'aucun responsable n'a osé lui dire "qu'on ne la trouvait pas du tout faite pour présenter des émissions pour la jeunesse"...

La jeune femme se retrouve donc au chômage avec le bac pour seul bagage, puisqu'elle a abandonné ses études d'anglais pour pouvoir se donner à fond à son métier. Pour vivre, elle devient serveuse dans un café du Quartier latin, fait des animations dans les supermarchés, est employée comme secrétaire dans une société de robinetterie... Mais le virus de la télé s'est enraciné en elle et ne la lâche plus. Pendant ses loisirs, elle rôde dans les coulisses de la télévision.

C'est ainsi qu'elle se retrouve "doublure lumière" sur le plateau des Rendez-vous du dimanche de Michel Drucker. Son travail consiste à prendre la place des vedettes pendant les répétitions pour permettre aux techniciens de régler les projecteurs. Elle attire l'attention de Jacqueline Joubert qui lui conseille de passer un concours de speakerine sur A2... Et c'est elle qui l'emporte.

Son sourire, sa diction plaisent. Aussi, lorsque la chaîne crée une unité jeunesse, on lui propose d'en animer l'émission vedette, Récré A2. En quelques semaines, elle parviendra à dépasser en audience toutes les émissions concurrentes.

Depuis, Dorothée est la fée des enfants. Et de son coté, elle fait en sorte de ne jamais décevoir ceux qui avaient misé sur elle à un moment où il n'y a plus personne pour lui donner une seconde chance.

Toujours prête à partir aux quatre coins du monde pour présenter ses émissions - un jour en Finlande, l'autre mois en Israël, la semaine d'après au Canada -, elle a parcouru des milliers de kilomètres.  Difficile d'avoir une vie de famille dans tout ça! Et pourtant, elle ne cachait pas son désir de devenir, un jour, mère de famille.

"Parce que je m'adresse aux enfants, on me demande souvent si je n'ai pas envie d'en mettre au monde. Bien sûr, j'aimerais en avoir un à moi. Je suis persuadée que si cela m'arrive un jour, je serai très mère poule et très sévère sur le plan de l'éducation. Mais je ne veux pas avoir d'enfant tant qu'il ne m'est pas capable de m'en occuper totalement. Donc, pour le moment, je ne peux même pas y penser vraiment. Je ne veux pas abandonner ce métier que j'aime et qui est toujours mon existence."

Le répit forcée que lui vaut aujourd'hui l'interruption du Club Dorothée arrive à point nommé. A l'heure où sa vie bascule, la présentatrice va pouvoir se donner le temps de rencontrer celui qui la rendra heureuse, lui permettre d'être enfin maman et de réussir sa vie de femme... 


TF1 veut recycler Dorothée

Le parisien - 1997

Changement en perspective pour Dorothée. En septembre prochain, la célèbre animatrice d’émissions pour enfants de TF1 ne présentera plus son « Club Dorothée », émission matinale du mercredi et du samedi. C’est Etienne Mougeotte lui-même, vice-président et directeur général de l’antenne de la Une, qui a annoncé cet arrêt, le 7 mars dernier, lors d’un déjeuner avec une centaine de professionnels appartenant aux agences de publicité et aux centrales d’achat d’espace publicitaire. « L’émission a fait son temps », a-t-il déclaré en substance.

En effet, malgré la forte notoriété de l’animatrice, malgré aussi l’importance des ventes de ses disques et de ses vidéos, malgré enfin le succès de ses shows sur scène, l’audience télé de Dorothée n’est plus ce qu’elle était. On la voit de moins en moins à l’antenne et son « Club » est de plus en plus concurrencé par les « Minikeums » de France 3, sortes de petits frères des « Guignols » de Canal +.

Ces marionnettes pour enfants sont plébiscitées par les quatre/dix ans comme par les onze-quatorze ans. Il faut noter également que Dorothée est produite par AB Productions, groupe auquel TF1 fait de moins en moins appel, sur fond de bataille des bouquets numériques par satellite.

D’après nos informations, Dorothée, quarante-trois ans, directrice des programmes pour la jeunesse à TF1 – chaîne avec laquelle elle est sous contrat jusqu’à la fin 1997  – resterait néanmoins sur TF1 en devenant l’héroïne d’une nouvelle série de fiction. Les cinéphiles n’ont pas oublié ses rôles dans « l’amour en fuite » de François Truffaut, en 1978, et dans « Pile ou face » de Robert Enrico, en 1980.

« C’est une très bonne idée », nous a d’ailleurs confié Pierre Grimblat, auteur-producteur, notamment de « Navarro », de « L’instit » et de « Quai n°1 ». Et d’ajouter : « Je n’étais pas au courant de ce projet mais je pense que Dorothée est consensuelle. Elle peut tout à fait être ma prochaine héroïne"

Marc Pellerin


Dorothée revient avec le père Noël

Télé Magazine n°2196 - 6 décembre 1997

Tout a une fin, même le "Club Dorothée". Mais l'animatrice, chanteuse et comédienne na pas oublié ses jeunes amis et sort pour Noël une compilation de ses chansons à succès. En attendant son retour en héroïne de feuilleton... 

Quel rapport y a-t-il entre la nouvelle vague du cinéma des années 60/70 et la chanson pour enfants? Réponse : Dorothée et Chantal Goya. Les deux stars de la rengaine enfantine ont commencé comme actrices dans les films d'auteur : Godard pour Chantal Goya (Masculin-féminin, en 1966) et Truffaut pour Dorothée (L'amour en fuite, en 1978).

Quand François Truffaut lui offre le rôle, elle est speakerine sur Antenne 2 depuis un an. C'est Jacqueline Joubert qui l'avait remarquée, plusieurs années auparavant. Responsable du secteur jeunesse à l'ORTF, elle la fait débuter, à vingt ans, en 1973, comme animatrice des Mercredis de la jeunesse, puis des Visiteurs du mercredi, avant qu'elle ne devienne speakerine en 1977. Depuis, vingt ans de carrière se sont écoulés, de Récré A2 au mégalo Club Dorothée.. Si elle est aimée des petits, elle ne fait pas l'unanimité parmi les adultes. Souvent critiquée et vilipendée, on lui reproche son omniprésence dans la grille des programmes de TF1. Il faut dire que de juin 1987 à l'été 1997, elle occupe chaque jour plusieurs heures sur la chaîne la plus regardée d'Europe. On ne lui pardonne pas non plus la qualité de ses programmes : dessins animés nippons violents, sitcoms banales, interventions plus ou moins drôles des Jacky, Corbier et autres Musclés...

Mais malgré les critiques, Dorothée réussit à tenir, à faire le plein au Zénith et à Bercy, et à faire grimper l'audimat. Dorothée et Chantal Goya : même débuts, même succès, même combat. Les deux idoles des enfants font leur retour en même temps. Dorothée a quitté l'écran de TF1 mais, aujourd'hui, à quarante-quatre ans, elle sort une compilation. On lui propose également des rôles dans des séries sur la Une. Etienne Mougeotte et Pierre Grimblat (Hamster) veulent en faire l'héroïne récurrente d'un feuilleton familial. Et Jean Luc Azoulay réfléchit à une série avec ses amis du "Club Dorothée" Jacky, Ariane, Eric... D'autre part, AB Productions envisagerait de lui confier la responsabilité d'une des 18 chaînes d'AB Sat destinée aux enfants. L'heure de la retraite n'a pas encore sonné.

Bertrand Gréco


Dorothée soutient l'opération "Les chaussettes de Noël"

L'écho Républicain - 15 décembre 1998

Dorothée à l’Echo ! Un véritable événement. La chanteuse et animatrice d’émissions pour enfants était à Chartres hier midi pour soutenir l’opération « Les chaussettes de Noël » lancée par Europe 2 et l’Echo en faveur du Secours populaire.

L’opération consiste, pour les auditeurs d’Europe 2 et les lecteurs de l’Echo, à apporter des jouets ou des livres en bon état aux studios de la radio, 12, rue de Pointe-à-l’Hermite à Lèves. Ces jouets, collectés jusqu’au 19 décembre, seront remis au Secours populaire qui en assurera la distribution aux enfants de familles en difficulté.

Contactée par l’animateur d’Europe 2, Zachary, avant le lancement de l’opération, Dorothée avait spontanément accepté d’en être la marraine. Le 2 décembre, elle avait participé au lancement des « Chaussettes de Noël » sur l’antenne de la radio. Hier, elle a gentiment accepté de donner un peu de son temps pour venir à Chartres lancer la dernière semaine de l’opération. « Il y a plus de 10 ans que je participe à des opérations humanitaires. Déjà à la télé, j’avais lancé des émissions comme On pense à Toi ou Le Noël de l’amitié pour récolter des jouets qui étaient redistribués à des associations caritatives. »

« Là, quand on m’a dit que c’était pour le Secours populaire, j’ai accepté tout de suite d’être la marraine du projet. Je sais qu’ils sont très présents sur le terrain et qu’ils sont efficaces. Avec eux, on sait que les jouets arriveront aux bonnes personnes. De plus, le fait qu’ils sont tous bénévoles plaide également en leur faveur. » Des compliments qui sont allés droit au cœur de Bernard Saliou, président départemental et Dominique Raoul, président du comité de Chartres.

Les enfants présents ont fait la fête à Dorothée avant de découvrir quelques-uns des jouets déjà collectés (plus de 500 jouets ont déjà été déposés à Europe 2) et de poser pour la photo de famille avec la vedette et les organisateurs de l’opération. De nombreuses vedettes de la télévision et de la chanson ont également apporté leur soutien à l’opération. Valérie Expert, Gilbert Montagné, Carlos, Ariane, Jacky, Pierre Perret et Gérard Vivès sont intervenus sur l’antenne d’Europe 2 (103.3) depuis le 2 décembre.

Dominique Raoul a souligné que « Les chaussettes de Noël » arrivaient à point nommé : « Le Secours populaire de Chartres organise son arbre de Noël le 23 décembre au foyer culturel de Lucé. C’est dire si les jouets des « Chaussettes de Noël » seront les bienvenus. Nous aurons environ 150 enfants pour lesquels nous avons organisé un spectacle avec du théâtre, de la musique, des chants par la chorale d’enfants et, bien sûr, l’arrivée du Père Noël. Beaucoup de gens se sont mobilisés cette année. Des jeunes du lycée Silvia-Montfort ont organisé spontanément une collecte, et nous avons également beaucoup de dons à l’occasion de la journée des pères Noël verts. On constate que l’esprit de solidarité se développe. C’est une bonne chose, car si chacun reste dans son coin, on n’avancera pas. »

Et les besoins sont immenses. Ainsi, le Secours populaire vient en aide à 894 familles et 531 personnes seules, soit un total de plus de 3000 personnes dans 53 communes du département. Le comité de Chartres organise deux distributions de denrées alimentaires par mois. Afin de permettre aux bénévoles de souffler un peu, le Secours populaire sera fermé de Noël au 12 janvier.

Mais, bien entendu, les deux distributions mensuelles seront assurées.