Articles - 1991 - Page 2
- A la conquête du P.A.F., les amazones de l’audimat
- Dorothée, le plus gros hold-up sur la télévision enfantine
- Dorothée repart pour la Chine
- Dorothée : dernier week-end en Chine
- Dorothée : Star en Chine
- Dorothée en Chine.
- Dorothée : La star de TF1 en Chine
- Quatre concerts de Dorothée et ses « musclés »
- Dorothée et les musclés au stade de l’est
- Dorothée à la Réunion
- Dorothée chérie (Edito)
A la conquête du P.A.F., les amazones de l’audimat
1991
D'Anne Sinclair à Christine Ockrent, en passant par Claire Chazal, Caroline Tresca ou Christine Bravo, la télévision se conjugue au féminin. Chaque jour, les dames s'imposent un peu plus. Iront-elles jusqu'à détrôner les machos du P.A.F. (Paysage audiovisuel français) ? La révolution en jupons est en marche.
Sur nos chaînes, les grandes gagnantes sont bien sûr les dames de l'info. Avec Anne Sinclair qui, sur T.F.1, décroche le gros lot. Tous les dimanches soirs, son « 7 sur 7 » fait un tabac. La Anne est la championne de l'Audimat ; qu'elle participe à une autre émission, comme récemment « Tous à la une », et les indices d'écoute explosent. Jolie et professionnelle, c'est une maîtresse-femme qui sait séduire.
La reine Anne
Pour contrer sa popularité, La 5 tente de lui opposer un Jean-Pierre Elkabbach qui reste pour l'instant à la traîne. « Il n'y a pas de match », dit Anne. Le secret de sa réussite ? <Mon souci est d'éviter que les débats tombent dans la démagogie et la langue de bois. Au fait, aurait-elle des vues sur le 20 heures ? Non. P.P.D.A. peut dormir tranquille !
Une autre recrue de T.F.1, transfuge d'Antenne 2, Claire Chazal assure les week-ends de l'info. Encore une battante qui a remplacé haut la main le ringard Ladislas De Hoyos. Quelle autre tête fera-t-elle bientôt tomber ? Dans les couloirs de la chaîne privée, certains prennent déjà des paris. Combien de temps pour chasser P.P.D.A. du vingt heures ? Déjà à l'école, elle voulait être la première ! « La notoriété ouvre tant de portes », avoue-t-elle. Un Rastignac en jupons qui n'a pas fini de faire des ravages.
Femmes tous azimuts
Autres stars de l'info, Ruth Elkrief, sur T.F.1, mais aussi Béatrice Schönberg et Marie-Laure Augry, sur La 5. Celle-ci avoue n'avoir jamais été, dans son métier, victime de sexisme. Et de tirer même la sonnette d'alarme : « Je pense au contraire qu'à la télé, il faudra imposer un jour un quota pour protéger l'emploi masculin. »
C'est vrai, elles sont là, partout, stars de l'info ou du divertissement. Les anciennes s'accrochent à leur Audimat : Christine Ockrent, Evelyne Leclercq, Simone Garnier, Eve Ruggieri, Monique Cara, Pierrette Brès et bien d'autres encore. Les speakerines et les
dames de la météo ne manquent pas à l'appel. Et puis, il y a les autres. Les Dorothée, Annie Pujol, Fanfan, Caroline Tresca, Sophie Davant, comment les citer toutes ? Même les présentateurs-vedettes, comme Michel Drucker ou Patrick Sabatier, ne s'entourent que de collaboratrices. Ce sont aussi des femmes qui tirent les ficelles artistiques, comme Dominique Cantin sur T.F.1, ou Marie-France Brière, sur Antenne 2. Décidément !
Nouvelles recrues
Femmes, femmes, femmes ! Si Serge Lama les encense, le téléspectateur leur fait fête. Normal, elles séduisent. Un terrain où l'homme se comporte trop souvent comme un albatros sur le pont d'un navire. Non seulement, elles séduisent, mais elles surprennent, ce qui revient au même. Et ça marche !
La femme est l'avenir de l'homme ! écrivait Aragon. Et peut-être aussi du P.A.F. ! La preuve, ça embauche à tour de bras. Les chasseurs de tête traquent sans répit la perle rare, celle qui demain mettra de la dynamite dans l'Audimat. Christine Bravo est une de ces recrues new-look qui introduisent impertinence et humour sur nos écrans. Avec « Merci et encore bravo », son rendez-vous hebdomadaire sur Antenne 2, elle joue les Dechavanne en jupons ! Alors, gare à Christophe !
Les femmes de Dechavanne
Justement, on a accusé le grand prêtre de « Ciel, mon mardi » d'être un sacré misogyne. Il ferait une grande consommation de collaboratrices et, de peur qu'elles ne le coiffent au poteau, hop ! Au panier ! Vrai ou faux ? Christine Bravo fut l'une de ces snobées. « A mon arrivée, Christophe était formidable, déclare-t-elle. Soudain, l'ambiance s'est détériorée. Dechavanne voulait la vedette à part entière ! » Du coup, elle lui claque la porte au nez ! Ça ne lui a pas trop mal réussi.
Autre enfant terrible du P.A.F., Sophie Favier qui, toujours à « Ciel, mon mardi », est en train de se tailler une petite part de popularité. Mignonne, un cheveu sur la langue, l'ex-Coco Girl n'a pas non plus sa langue dans sa poche. Absente une semaine de l'émission, on crut qu'elle aussi avait été éjectée, mais devant les gorges chaudes de la presse, il semble bien que Dechavanne l'ait réintégrée.
Une femme dans les vestiaires
Adeline Hallyday, elle, fait son entrée sur M.6. Quant au service des sports de T.F.1, il n'a pas hésité à engager Marianne Mako, l'une des seules spécialistes de foot à la télé. Elle est aussi la seule journaliste à être autorisée à pousser la porte des vestiaires. « Au début, j'ai essuyé des plâtres, dit-elle. Certains ont été surpris de voir débarquer une femme. Il y avait de la gêne, parfois de l'indifférence, et même de la provocation. » aujourd'hui, elle est devenue la mascotte des joueurs.
Combatives, travailleuses, séductrices en diable, les dames du P.A.F. continueront à tous les coups de déstabiliser leurs confrères masculins. Un challenge où elles jetteront toutes leurs forces vives. Tenez-vous bien, messieurs !
Jean-Pierre FILY
La revanche des femmes
Longtemps considérée comme le « sexe faible », la femme est aujourd'hui sur tous les fronts. Et ce n'est pas Edith Cresson, notre Premier ministre très contesté, qui dira le contraire ! Selon une récente enquête de I'OC.D.E., les femmes sont aussi de plus en plus nombreuses à la tête d'entreprises. Aux États-Unis, entre 1975 et 1985, leur nombre a augmenté de 56 %. En Allemagne, une création sur trois est le fait d'une femme, et en France, 22 % des entrepreneurs sont des femmes. Ces nouveaux patrons en jupons opèrent dans tous les secteurs : 46% se consacrent au commerce, 12% aux soins de beauté, 9% à l'artisanat, 10% aux professions libérales et 1 % à l'industrie. Aux États-Unis, les experts estiment que ce sont les femmes qui dirigent réellement le pays. La plupart sont multi-milliardaires. Ce sont souvent de jeunes veuves, un véritable lobby. Une femme à la Maison Blanche ? Un scénario-fiction qui pourrait très bien devenir réalité. Selon de nombreux psychologues, avec une femme au pouvoir les risques de conflit armé seraient diminués de moitié. « Faites l'amour, pas la guerre » deviendra-t-il bientôt le slogan privilégié des nations ? II n'empêche qu'une femme-soldat est souvent plus combative qu'un homme. Cela a été observé lors de la « guéguerre » du Golfe. Alors, gare au revers de la médaille !
Dorothée, le plus gros hold-up sur la télévision enfantine

L’évènement du jeudi – 7 mars 1991
Parmi les récentes définitions de l'enfance, il en est une que TF1 a inscrite à son fronton clientèle captive à fidéliser. 47 % de parts de marché grâce au Club Dorothée. Marie-Dominique Lelièvre a poussé les portes de cet "usine center" dirigé par les deux managers de la star des bambins, Claude Berda et Jean-Claude Azoulay. Edifiant.
Visionner une intégrale du « Club Dorothée, programme pour la jeunesse, est une expérience avec un authentique challenge, pour recycler le mot fétiche de Francis Bouygues), numéro un mondial du bâtiment et des travaux publics. Elle nécessite un récepteur de télévision captant la première chaîne, trois heures de loisir un mercredi après-midi (14 h 30-17h 30 ou un magnétoscope programmable, de l'humilité et de la patience, bon Dieu ! La présence guide recruté dans la catégorie « minimes » est conseillée... certaines images étant traumatisantes pour l'adulte. Les séquences gore du « Club Dorothée, où Paul Preboist, comédien du troisième âge apparaît en slip et béret basque (message subliminale : à poil la France Franchouillarde), sont déconseillées aux publics sensibles. Les séquences scatos également : on peut voir mademoiselle Frédérique Hoshedé dite Dorothée, 37 ans, responsable de l’unité jeunesse de TF1, une tétine dans la bouche emmaillotée, à demi engloutie par un pot de chambre.
« Le Club Dorothée » applique la recette des établissements McDo(nald) Tel le hamburger, il se compose d'ingrédients bon marché et aseptisés, qu'on nappe en direct d'une couche rouge et luisante. Dorothée, c'est le ketchup sur le dessin animé réchauffe d’importation. Quant à l'asepsie, elle est en principe assurée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel. Qui fabrique ces friandises ? Une « usine center » bien sûr, la société AB Productions, 7000 m2 bâtis par le Numéro Un mondial, 144 avenue du Président-Wilson à La Plaine Saint-Denis. Devant le panneau « direction », le parc automobile renseigne à la fois sur la santé financière de la société et sur la culture maison, comme on dit chez Bouygues. Une Mercedes 560, une Cadillac Séville, une jaguar, une Golf GTI et deux autres Mercedes, toutes immatriculées à Paris, composent un hymne à l'esprit d'entreprise moderne. Lorsqu'il a repris TF1, le Numéro Un mondial l'a assuré la télévision sera désormais l'affaire de pro-fes-sion-nels.
Dorothee, nommée responsable de l'unité jeunesse, opte pour un fournisseur exclusif son producteur de disques, AB « A pour Jean-Luc Azoulay B pour Claude Berda. Ces deux commerçants très pro-fes-sion-nels se recyclent illico en fabricants de programmes télé. Une performance, pour employer le second mot favori de Bouygues. A raison de dix-huit heures par semaine, ils détiennent le monopole, des émissions pour la jeunesse sur TF1.
De Dora Beonousilio (C2A, productrice de dessins animés) à Nicole Pichon (SFP), de Bruno-René Huchez (IDDH, producteur des Tortues Ninja, de Clémentine, etc.) à Frank Solovezit (distributeur de programmes audiovisuels), une seule opinion prévaut : « Berda et Azoulay ont raflé l'ensemble du marché. » Certes, Nicole Pichon a vendu à TF1 un sitcom pour enfants, mais il passe à 6 heures du matin.
Plateaux du Club Dorothée, musiques, génériques de dessins animés, jeux, feuilletons, doublages, costumes, magazine, etc., l'organisation sociale de AB est d'essence clanique. Un exemple quatre musiciens d'un orchestre de bal Les Musclés, accompagnent Dorothée. Très serviables, ces garçons brushés Mike Brant 1973 font les pitres lors des directs, enregistrent les génériques de dessins animés, tournent les épisodes du sitcom, épousent parfois une animatrice célibataire. Le ménage, lui est assuré par une société de nettoyage.
Le « planning d'occupation des studios et régies témoigne du dynamisme de AB Productions Ainsi pour le studio 1000 en janvier. De 13 heures à minuit, un lundi on y tourne un épisode de « Salut les musclés » (à regarder absolument, afin de voir quel type de création française le CNC subventionne). Le lendemain, de 13 heures à 20 heures, au même endroit, on répète le direct du 3Club Dorothée ». Un autre jour, on y réalise le 3Jacky Show » ou 3Pas de pitié pour les croissants ».
DES CHEFTAINES PEAUX DE VACHE
Le mercredi, le « Club Dorothée » est enregistré en direct. Dans le hall, des sacs poubelles gonflés de vêtements d'enfants semblent indiquer une opération humanitaire à destination des orphelins roumains. Il ne s'agit que du vestiaire des convois d'enfants (bénévoles) qui assurent le public des mercredis après-midi. Les parents sont interdits de plateau ! Bouclés trois heures durant dans un studio-jacuzzi et drogués d'une pâtisserie sans doute usinée par le roi du béton soi-même, les 400 gosses se divisent assez rapidement en deux camps : les résignés-somnolents et les agités-nerveux. Une phalange de cheftaines très peaux de vache est chargée du maintien de L’ordre ainsi que des pauses pipi, en groupe. Sommés d'applaudir et de hurler sur ordre de deux préposés gesticulants en santiags (le soulier favori de la maison), les enfants sont renvoyés dans leurs foyers enrichis d'une carte postale de Dorothée.
La vraie Dorothée, elle, n'apparaît sur le plateau en chair et en os (beaucoup d'os, elle travaille dur) qu'entre deux dessins animés et trois cigarettes, car la charmante fée hertzienne est une victime du tabac. Une seule chose la dérange dans la vie : les gosses mal élevés. « Il m'arrive d'avoir envie de gifler certains parents qui, pour laisser leurs enfants s'exprimer, les laissent faire ce qu'ils veulent, les transforment en de véritables petits monstres », dit-elle. Nous pouvons cependant en témoigner, les châtiments corporels ne sont pas pratiqués sur le plateau du « Club Dorothée ».
Avant la période Dorothée, Claude Berda était un fabricant de jeans et Jean-Luc Azoulay, le manager de Sylvie Vartan. Entre sapes et show business 70, on doit à ces hommes de challenge (comme dirait le Numéro Un mondial) les albums de sermons du pape enregistrés sur Radio Vatican. La carrière musicale de Frédérique Hoshedé, née le 14 juillet 1953 à Paris, est incontestablement l'acmé de leur sens esthétique.
Claude Berda et Jean-Luc Azoulay ont rencontré Dorothée en 1978. Découverte par Jacqueline Joubert en 1973, elle animait alors « Récré A2 » et venait de tourner « l'Amour en fuite » avec François Truffaut. A 20 ans, elle était rafraîchissante : « Elle était délicieuse, elle parlait juste dit Jacqueline Joubert. Gainsbourg ou Souchon auraient pu lui écrire des chansons formidables. Mais Azoulay et Berda sont très vite arrivés ».
Les deux hommes lui font enregistrer les chansons de Rox et Rouky les Schtroumpfs, Hou la menteuse. Chaque disque se vend à plus d'un million d'exemplaires. Mademoiselle Hoshedé devient la poule aux oeufs d'or. Les deux amis la phagocytent.
PROMOTION SAUVAGE
« Je suis un artistique », dit Jean-Luc Azoulay. Cet esthète n'est pas d'un abord facile : « Nous avons souvent affaire à des antisémites. » Cauteleux, il se lève « pour aller satisfaire un besoin pressant » et revient aimable, usant de votre prénom. Un passage au scanner d'une pochette de disque AB révèle que toutes les paroles de la maison, de Dorothée à Bernard Minet, la superstar des petites filles (faites un test) en passant par Les Musclés, sont signées d'un unique auteur, Jean-François Porry (à ne pas confondre avec Serge Maury). Porry est le pseudonyme de Jean-Luc Azoulay qui de surcroît cosigne généralement les musiques avec l'unique compositeur maison, Gerard Salesses Outre l'épanouissement de ses talents artistiques, Jean-Luc Azoulay bénéficie ainsi de 50% des droits d'auteur sur les disques La fête au village (700.000 exemplaires vendus), « Boman. » (Plus d'un million Les chevaliers du Zodiaque (plus d'un million), etc. AB Productions répugne à fournir des chiffres précis Si l'on se fie au montant de l'amende que la 15e chambre du tribunal de commerce de Paris l'a condamné à verser à la société IDDH, pour une utilisation abusive de Bioman (450 000 F), on se fait une idée des sommes en jeu (1).
Jean-Luc Azoulay et Claude Berda sont à la jeunesse ce que Gérard Darmon est au football es plateaux aux dessins animés, le Club Dorothée » berdazoulise la moindre image. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel s'est inquiété de ces exercices de publicité (assez peu) clandestine, par recommandé avec accusé de réception à Tele-Bouygues, M. Le Lay, Président- directeur-général, 17, rue de l'Arrivée. 75737 Paris Cedex 15. La promotion sauvage du spectacle de Dorothée à Bercy, si elle chagrine Jacques Boutet, n'a pas affecté les 170 000 spectateurs, au rang desquels, à titre gracieux, la progéniture de Ségolène Royal, député socialiste et mère de famille professionnelle, qui a dénoncé le « Club Dorothée » dans un ouvrage de référence. La publicité clandestine pour Dorothée Magazine, dénoncée par le CSA, n'empêche pas le journal de se vendre à 70 000 exemplaires chaque semaine (8,80 F)
Le seul exemple des Chevaliers du Zodiaque démontre l'efficience mercantile du système Berdazoulay. Les disques AB dont on exhibe les pochettes à l'antenne; 1,5 million de « Chevaliers du Zodiaque » interprété par Bernard Minet, les albums de vignettes (24 millions de vignettes vendues pour les seuls Chevaliers du Zodiaque, à 2F la pochette, et de 300 à 400 000 albums à 6 F), les cassettes vidéo (chiffres non communiqués), les jouets (2 millions de personnages dérivés, des Chevaliers du Zodiaque vendus en 1989-90 par la firme Bandai,140 F environ la boîte, sur laquelle AB, touche des royalties). Bruno-René Huchez, le patron de la société IDDH, dont les tortues Ninja détrônent actuellement les Chevaliers du Zodiaque (1,5 million de personnages vendus en 1990), estime à 5 % le taux de royalties perçues par le licencié B Productions est incontestablement le Numéro Un de La Plaine-Saint-Denis.
DES DESSINS ANIMÉS EN RAFALE
TF1 est la chaîne la plus regardée par les enfants, ce que les professionnels traduisent cyniquement par : 47 % de parts de marché. A titre de curiosité ethnographique, notons que l'enfant, pour cette industrie, est défini comme « une clientèle captive à fidéliser ». De ce point de vue, Télé-Bouygues a rempli sa mission puisqu'un enfant français sur deux la consomme. Dans un cas sur deux, selon l'association Les Pieds dans le PAF, les parents contrôlent la situation. Sinon, tant pis.
« Le "Club Dorothée", c'est une équipe d'animateurs en interactivité avec son audience, dit Pierre Corset qui, à l'INA (Institut national, de l'audiovisuel), dirige une étude sur les émissions pour la jeunesse. Quand le gosse regarde, cela produit une certaine chaleur dans la maison. » Les enfants auraient Dorothée, leurs grands-parents jacques Martin. « Même si on observe une recherche abusive de retombées commerciales, elle leur offre un véritable divertissement ». La Cinq, qui diffuse des dessins animés en rafales, ou FR3, avec « Samdynamite », seraient trop froids « Mougeotte et Dutoit exigent trois choses : que les programmes s'adressent aux 0-14 ans, qu'ils fassent de l'audience, qu'ils soient de bonne qualité, dit Jean-Luc Azoulay. Le tout pour 150,000 F l'heure. Nous fabriquons un habillage fidèle à ces directives. »
MOINS CHER, ÇA N'EXISTE PAS
Puisqu'il est question d'habillage, AB Productions taille à la jeunesse des joggings 50% polyester, 50% polyamide fabriques en Corée, à prix cassés, « Moins cher, ça n'existe pas, dit Xavier Couture, le nouveau responsable, des programmes jeunesse, de La Cinq, Sur A2, "Club Sandwich" revient à 450 000 F l'heure. Sur Canal Plus, un seul épisode des « Simpson » doit coûter 100.000 F les vingt minutes » (2), La Cinq, aux termes d'un accord, passé avec AB, peut s'approvisionner dans ses catalogues : jusqu'à 1.000 heures de dessins animés au tarif de 25.000 F environ l'épisode.
Lorsque, en avril 1987, la CNCL auditionna Francis Bouygues, candidat au rachat de TF1, ce dernier prit à l'égard de la jeunesse des engagements très précis : « La jeunesse constituera, pour la Une, une grande priorité. » Les programmes seront conçus autour des principes suivants : distraction, éveil, initiation. Exemples : retransmission de spectacles de cirque ; programmation, sous la forme de vidéo-musique, de « mini-concerts classiques », initiation à la littérature française... Un détail, original : la politique jeunesse de la chaîne sera définie en concertation avec un « conseil de jeunes » (3). Le Numéro Un, mondial, a sans doute omis de faire porter sa plaquette à La Plaine-Saint-Denis.
Les acquéreurs de TF1 ont pris des engagements devant la CNCL, dont le CSA est l'héritier. Cet organisme, qui affecte des manières de vieille fille prude, s'est limité à des observations sur la violence de certaines images et à des amendes ridicules au regard des intérêts en jeu. Va-t-il en rester là ?
Marie-Dominique LELIÈVRE
Vous vous rappelez « le mieux-disant culturel » ?
« Les futurs opérateurs consacreront davantage de leurs ressources et de leur imagination au développement de la création audiovisuelle et cinématographique. C'est ce que nous appelons le mieux-disant culturel », expliquait François Léotard, ministre de la Culture et de la Communication, le 7 mai 1986, à la veille de la privatisation des chaînes de télévision.
Ces morceaux choisis de l'œuvre de Jean-François Porry, extraits du dernier album des Musclés, convaincront aisément notre ex-ministre de la Culture du bien-fondé de ses espérances.
Vive la France (Musique de la Marseillaise en intro)
Refrain
Vive la France, vive l'amour, vivent nous,
Vivent les filles qu'on prend sur nos genoux,
Les copains qui viennent boire un petit coup,
Dimanche matin ça fait du bien,
Nous on est fier d'être Français.
(Yoddle tyroliens)
Il y a des choses ici que tout le monde nous envies
Les bons petits vins de pays, et toutes nos jolies filles
Nos villes et nos campagnes, nos femmes et nos montagnes,
C'est pour cela qu'il ne faut pas craindre de dire tout haut (refrain)
Bien sûr, les Américains sont allés sur la Lune,
Mais nous on se sent si bien, dans les bras d'une brune,
C'est vrai que les Italiens descendent des Romains,
Nous on préfère descendre doucement au creux de vos reins (refrain)
Merguez partie
(Extraits)
« Reste pas seul dans ton coin
Viens boire un petit coup (bruit de bouchon)
Tes soucis sont bien loin
Vive la France »
La Musclada
(Extraits)
« Arriva la gonzessa,
Ma che elle est superba,
Bougea son petit derriera
et la températura monta di 20 degrea »
(1) La 15 chambre du tribunal de commerce de Paris, dans un jugement rendu le vendredi 24 février 1989, est plus claire. En 1987, AB entrait en relations avec la société IDDH, afin d'acquérir des droits de licence sur des séries enfantines japonaises produites par Toei, une entreprise nipponne (Candy, Goldorak, Capitaine Flam, Bioman), AB, sans en avoir le droit, lançait le disque « Bioman ».
(2) A titre comparatif, une émission de Patrick Sabatier sur TF1 coûte 1 million de francs l'heure.
(3) Cité par le Quotidien de Paris du 6 avril 1987 et extrait de la luxueuse plaquette alors éditée par Bouygues S. A.
Dessins animés japonais : erreurs de programmation en série
« Savez-vous que le premier mari de Juliette est mort, qu'il reste sept secondes à vivre à un homme touché par Ken le Survivant, que les Chevaliers du Zodiaque sont douze, qu'Hugo aime Juliette et que le père de Johnny est mort ? » Roger Bambuck, ministre de la Jeunesse et des Sports, confesse son ignorance. Il ne connaît pas les dessins animés japonais. Le Centre d'études et de communication, qui a consacré une sérieuse étude aux dessins animés, a découvert avec étonnement que les « professionnels de la jeunesse », enseignants, éducateurs, animateurs, ignoraient tout des programmes télévisés destinés aux enfants. Comme le ministre.
Si un personnage adorné d'une croix gammée est apparu dans un épisode, c'était accidentel, explique Claude Berda : « C'est une faute éthique. Nous n'avions pas visionné cette séquence... » Cet oubli n'est apparemment pas un cas isolé. Il y a quelques mois, un épisode des Chevaliers du Zodiaque s'est achevé de manière incompréhensible : la fin de l'histoire était racontée par un narrateur japonais. Et dans le film de Dragon Ball, diffusé par AB, un épisode entier manquait...
Les dessins animés japonais sont réputés pour leur médiocrité et leur violence. Ces critiques ne sont pas toujours méritées, mais ils sont fréquemment diffusés à contre-emploi. Ainsi, Ken le Survivant, le plus saignant, est en réalité conçu par les Japonais pour le public des grands adolescents et non pour les enfants. Juliette je t'aime, scénario façon collection Harlequin, est destiné aux 18-20 ans. Les Chevaliers du Zodiaque ont été écrits pour les 14-16 ans et Nicky Larson pour les 15-18 ans. Jean-Luc Azoulay se désole : « Les parents doivent surveiller leurs enfants. » En réalité, ces erreurs de programmation relèvent autant de l'ignorance que de la désinvolture. Le producteur exécutif achète les dessins animés par catalogues entiers et sans mode d'emploi. Et les parents ne s'assoient jamais avec l'enfant devant le téléviseur. Il existe bien un expert en dessins animés nippons, Pascal Lafine, un jeune homme de 20 ans, ayant par passion appris le japonais. Il a notamment contribué au numéro de Cinquante millions de consommateurs sur les dessins animés. Aujourd'hui, Pascal Lafine se berdazoulise à La Plaine-Saint-Denis, où on lui a offert un strapontin à Dorothée Magazine.
Dorothée repart pour la Chine
Echos (La réunion) – 21 mars 1991
Ça glisse pour elle, encore et toujours sur les pentes du succès. En France, en Chine et ailleurs... Janvier 1990 : le coordonnateur du Festival des arts de Shanghaï voit Dorothée à Bercy. Il l'invite en chine où, là-bas, on l'appelle Dorothée-Rock. La Chine l'aime, elle aime la Chine. Elle y retournera donc. Cette année, elle s'y rendra avec les Musclés du 24 avril au 14 mai. Au programme Pékin, Shanghai, Canton, et quelques autres étapes. Mais que tous les fans de notre animatrice-jeunesse n° 1 se rassurent, avant de s'envoler pour l'Empire du milieu, elle fera une tournée française, également avec les Musclés, du 30 mars au 21 avril.
En effet Dorothée ne s'arrêtera pas là, elle doit nous rendre ici à la Réunion une petite visite dans cette période-là.
Elle avait bien prévenu, dès la fin de l'année dernière et sans pour cela faire allusion à l'"envol" de son ex-complice Patrick Simpson-Jones : 1991 sera une année importante!"
C'est évidemment tout le mal qu'on lui souhaite.
- Quels sont les domaines scientifiques qui attirent le plus les adolescents ?
- Selon une enquête récente effectuée par le CNRS, les adolescents s'intéressent en premier à l'espace, en second à l'univers et à l'astronomie, et en troisième à l'histoire de notre planète. Les problèmes d'environnement et de médecine viennent seulement après. Les thèmes abordés dans le Club Sciences correspondent évidemment à leurs trois premiers centres d'intérêts.
- Quels sont les objectifs du Club ?
- Notre univers quotidien apparaît comme un bric-a-brac technologique : du simple téléphone aux engins spatiaux en passant par les micro-ordinateurs. Le premier souci du Club Sciences est de faire prendre conscience aux adolescents que la science et la technologie nous ont envahis. Par ailleurs, nous vivons aujourd'hui au milieu d'objets complexes ou tellement usuels que nous en oublions très souvent les principes de fonctionnement et, naturellement, je m'appliquerai à les expliquer. Enfin, j'accorde un grand intérêt à tout ce qui se prépare dans les laboratoires, à l'heure actuelle, parce que tout ce qui se fait constituera l'univers, c'est-à-dire le futur dans lequel nos enfants devenus adultes vont vivre et agir.
- Comment ce nouveau magazine s'articule-t-il ?
- Chaque émission est bâtie autour d'un thème précis avec des rubriques régulières comme l'historique, la "manip", le reportage et le futur. A mes côtés, Dorothée joue le rôle de la parfaite candide. C'est elle qui pose les bonnes questions et qui lance à travers ces dernières telle ou telle rubrique.
Le point fort du Club Sciences est le souci permanent de démontrer les mécanismes de notre environnement avec en plateau la "manip", c'est-à-dire l'expérience que tous les enfants peuvent réaliser chez eux. Comment vole une aile d'avion ? En soufflant sur une feuille de papier, on comprend qu'elle est aspirée et non portée...
Autre rubrique : science info. C'est l'aspect culturel de l'émission. Nous invitons les jeunes à visiter tel musée ou à acheter telle encyclopédie.
En fin d'émission, une semaine sur deux, vidéo gadget qui donne un aperçu de quelques produits nouveaux insolites - alterne avec vidéo science, autrement dit la science filmée par les adolescents. Ce sont les expériences en classe ou en clubs scientifiques. Cette séquence est un moyen original de rendre l'émission interactive.
- Que représente le décor de l’émission ?
C'est la reproduction de la plaque posée par la Nasa sur la sonde Pionner XI Les Américains étaient partis du principe suivant : si des extra-terrestres capturaient cette sonde, ils chercheraient forcément à connaître sa provenance, d'où l'idée d'y déposer une plaque où figureraient certains symboles parfaitement lisibles. On peut aisément reconnaître sur cette plaque la représentation du système solaire avec la Terre, puis un homme et une femme. Et, pour donner une idée des dimensions, les Américains ont représenté un atome d'hydrogène, la distance entre le noyau et son unique électron définissant l'unité de mesure.
Par le biais de cette plaque, le Club Sciences adresse son propre message : l'ouverture sur l'univers, le rêve et le futur.
Propos recueillis par Sandra Maïti
Dorothée : dernier week-end en Chine

France-Soir – 11 mai 1991
Depuis le 20 avril, Dorothée et ses complices sont en Chine pour une tournée. Partout où elle passe l'effet de curiosité joue. Les salles sont pleines et les Chinois séduits par le spectacle riche en couleurs et en gags. Dès qu'elle a un moment de libre, Dorothée se mêle à la foule, comme ici sur notre photo, dans les rues de Shanghai. Sur un vélo, loué, elle a parcouru les avenues de cette ville où le commerce est roi. Ce week-end, Dorothée est de retour à Pékin pour deux shows où plus de 26.000 spectateurs sont attendus. Ensuite Paris pour le Club Dorothée sur TF1, dès mercredi prochain.
Dorothée : Star en Chine

La Marseillaise – 13 avril 1991
Après la France, Dorothée poursuit en Chine et à la Réunion sa tournée internationale avec ses fidèles Musclés. Grâce à de nombreux duplex, les jeunes téléspectateurs voyageront avec elle, découvriront les coulisses de sa tournée et les grandes villes chinoises.
DEPUIS 1982, les plus grandes salles de spectacles ont accueilli Dorothée : de l'Olympia à Bercy en janvier 90 (où elle a battu son record de spectateurs) en passant par le Champ de Mars et le Zénith. Avec seize albums (Chagrin d'amour est le dernier) et un palmarès impressionnant de récompenses, Dorothée est devenue une vedette internationale de la chanson. Qu'elle se produise en France, en Chine, en Guadeloupe ou en Martinique, elle fait un tabac. Elle chante à guichets fermés et l'ovation qu'on lui réserve à chaque représentation frise la folle. Ses tournées restent donc son baromètre de popularité le plus parlant, et ce n'est pas pour rien si ses groupies en jupes ou culottes courtes, les yeux bridés ou non, la réclament ! C'est avec impatience qu'elle attend de prendre son bain de foule : "au début, je ne me rendais pas tellement compte que j'avais pris goût à la scène. Puis il y a eu un sentiment de vide. Les caméras, ce n'est plus suffisant !" Elle s'en explique : "Je ne suis pas montée sur scène depuis les Antilles, en juin dernier, et j'ai ressenti un manque. Des enfants, j'en vois cinq cents tous les mercredis sur les plateaux de télévision. Mais la tournée me procure un contact totalement différent et mille fois plus enrichissant. Que ce soit un tour de chant national ou international, j'aime rencontrer les gamins dans un contexte autre que celui des studios, appréhender leur mode de vie provincial, essayer de comprendre leur mentalité. Bien entendu, leur parler, les faire danser, vibrer, chanter, crier et même leur permettre de s'éclater. Cette rencontre, c'est un test qui me permet de savoir ce qu'ils apprécient ou non, ce qu'ils désirent. J'en tire ma leçon personnelle et je peux alors adapter mes émissions en fonction de ce que j'observe". Avant de s'envoler le 24 avril pour trois semaines de galas en Chine, Dorothée aura rencontré ses fans en France. La tournée s'achèvera à l'Ile de la Réunion du 20 au 25 mal. "Bercy 90, explique Dorothée, "c'était un one-woman-show et le spectacle que je vais présenter diffère légèrement. Là, Les Musclés assurent la première partie, moi la seconde. Côté costumes de scène, ni robes ni drapés. Des choses très simples, du jean- ça fait très copine avec plus ou moins de paillettes et des petits blousons qui s'enlèvent avec facilité". Au programme, les nouveaux titres de son dernier album : Chagrin d'amour, La valise ninety one, Un jour on se retrouvera. Des mélodies pop sucrées aux ballades de rock ‘n roll, Dorothée chante des histoires qui racontent les amours de cours d'école ou qui esquissent d'un sourire le passage difficile de l'enfance à l’adolescence. Des mots justes, puisés non pas dans les terres de l'imaginaire, mais dans son domaine favori : "La vie avec ses joies, ses chagrins, ses questions".
Fidèle à son goût du travail en équipe, depuis son premier spectacle, Dorothée ne peut se séparer de ses compagnons musiciens ou techniciens: "Ce sont de vrais amis avec qui je partage en tournée une sorte de vie de famille. Une ambiance que j'apprécie".
Bien sûr, cette tournée de printemps est l'occasion de roder le prochain rendez-vous parisien de Dorothée : Bercy 92, en janvier.
Au cours de ces deux mois de concerts, Dorothée n'abandonne pas son Club : depuis chacune de ces villes françaises ou chinoises, elle sera en duplex avec Paris et son émission du mercredi après-midi. "Grâce à la tournée, je vais pouvoir offrir aux copains un merveilleux tour du monde. Pour apprendre à compter, à lire et à écrire, il y a des professionnels dont c'est le métier. Moi, je ne suis pas prof mais j'aime profiter de la télévision pour enseigner où se trouve tel pays, telle région, expliquer ce qu'est le décalage horaire, montrer qu'il existe dans le monde différents modes de vie et des spectacles fabuleux comme le fameux cirque de Shangaï. La couleur locale fait partie de la culture générale que les enfants doivent acquérir. Ce qui me tient encore à cœur, c'est de montrer les coulisses d'une tournée. C'est pour cette raison que toute mon équipe d'animateurs (même Tristan, le fils d'Ariane) vient me rejoindre dans les villes de France. Nous allons faire les fous, organiser des fêtes, des gags que les bambins découvriront. Encore une façon d'éviter le statisme et d'aérer les émissions".
Sandra MAÏTI
Dorothée en Chine.

L’Yonne républicaine – 20 avril 1991
DEPUIS 1982, les plus grandes salles de spectacles ont accueilli Dorothée : de l'Olympia à Bercy en janvier 90 (où elle a battu son record de spectateurs) en passant par le Champ-de-Mars et le Zénith. Avec seize albums (« Chagrin d'amour » est le dernier) et un palmarès impressionnant de récompenses, Dorothée est devenue une vedette internationale de la chanson. Qu'elle se produise en France, en Chine, en Guadeloupe ou en Martinique, elle fait un tabac. Elle chante à guichets fermés et l'ovation qu'on lui réserve à chaque représentation frise la folie. Ses tournées restent donc son baromètre de popularité le plus parlant, et ce n'est pas pour rien si ses groupies en jupes ou culottes courtes, les yeux bridés ou non, la réclament !
Ce n'est plus un one-woman-show. Les Musclés assurent la première partie ; elle la seconde. Au programme, les nouveaux titres de son album : des mélodies pop sucrées et des ballades rock. Dorothée chante des histoires qui racontent les amours de cours d'école ou qui esquissent d'un sourire le passage difficile de l'enfance à l'adolescence. Des mots justes, puisés non pas dans les terres de l'imaginaire, mais dans son domaine favori : « La vie aves ses joies, ses chagrins, ses questions ».
Mais, bien sûr, Dorothée n'abandonnera pas ses rendez-vous sur TF 1. Depuis chacune des villes chinoises, elle sera en duplex avec Paris pour son émission du mercredi après-midi.
Dorothée : La star de TF1 en Chine

Le messager du vendredi – 19 avril 1991
Après la France, Dorothée poursuit en Chine et à la Réunion sa tournée internationale avec ses fidèles Musclés. Grâce à de nombreux duplex, les jeunes téléspectateurs voyageront avec elle, découvriront les coulisses de sa tournée et les grandes villes chinoises. Depuis 1982, les plus grandes salles de spectacles ont accueilli Dorothée : de l'Olympia à Bercy en janvier 90 (où elle a battu son record de spectateurs) en passant par le Champ de Mars et le Zénith. Avec seize albums (Chagrin d'amour est le dernier) et un palmarès impressionnant de récompenses, Dorothée est devenue une vedette internationale de la chanson. Qu'elle se produise en France, en Chine, en Guadeloupe ou en Martinique, elle fait un tabac. Elle chante à guichets fermés et l'ovation qu'on lui réserve à chaque représentation frise la folie. Ses tournées restent donc son baromètre de popularité le plus parlant, et ce n'est pas pour rien si ses groupies en jupes ou culottes courtes, les yeux bridés ou non, la réclament !
Vibrations puissance mille
C'est avec impatience qu'elle attend de prendre son bain de foule : « Au début, je ne me rendais pas tellement compte que j'avais pris goût à la scène. Puis il y a eu un sentiment de vide. Les caméras, ce n'est plus suffisant ! ». Elle s'en explique : « Je ne suis pas montée sur scène depuis les Antilles, en juin dernier, et j'ai ressenti un manque. Des enfants, j'en vois cinq cents tous les mercredis sur les plateaux de télévision. Mais la tournée me procure un contact totalement différent et mille fois plus enrichissant. Que ce soit un tour de chant national ou international, j'aime rencontrer les gamins dans un contexte autre que celui des studios, appréhender leur mode de vie provincial, essayer de comprendre leur mentalité. Bien entendu, leur parler, les faire danser, vibrer, chanter, crier et même leur permettre de s'éclater. Cette rencontre, c'est un test qui me permet de savoir ce qu'ils apprécient ou non, ce qu'ils désirent. J'en tire ma leçon personnelle et je peux alors adapter mes émissions en fonction de ce que j'observe ».
« Bercy 90, explique Dorothée, c'était un one-woman-show et le spectacle que je vais présenter diffère légèrement. Là, les Musclés assurent la première partie, moi la seconde. Côté costumes de scène, ni robes ni drapés. Des choses très simples, du jean - ça fait très copine – avec plus ou moins de paillettes et des petits blousons qui s'enlèvent avec facilité ».
Au programme, les nouveaux titres de son dernier album : « Chagrin d'amour », « La valise ninety one », « Un jour on se retrouvera ». Des mélodies pop sucrées aux ballades rock'n roll, Dorothée chante des histoires qui racontent les amours de cours d'école ou qui esquissent d'un sourire le passage difficile de l'enfance à l'adolescence. Des mots justes, puisés ou pas dans les terres de l'imaginaire, mais dans son domaine favori : « La vie avec ses joies ses chagrins, ses questions ». Fidèle à son goût du travail en équipe, depuis son premier spectacle, Dorothée ne peut se séparer de ses compagnons musiciens ou techniciens : « Ce sont de vrais amis avec qui je partage en tournée une sorte de vie de famille. Une ambiance que j'apprécie ». Bien sûr, cette tournée de printemps est l'occasion de roder le prochain rendez-vous parisien de Dorothée : Bercy 92, en janvier.
Le monde en duplex
Au cours de ces deux mois de concerts, Dorothée n'abandonne pas son Club : depuis chacune de ces villes françaises ou chinoises, elle sera en duplex avec Paris et son émission du mercredi après-midi. « Grâce à la tournée, je vais pouvoir offrir aux copains un merveilleux tour du monde. Pour apprendre à compter, à lire et à écrire, il y a des professionnels dont c'est le métier. Moi, je ne suis pas prof mais j'aime profiter de la télévision pour enseigner où se trouve tel pays, telle région, expliquer ce qu'est le décalage horaire, montrer qu'il existe dans le monde différents modes de vie et des spectacles fabuleux comme le fameux cirque de Shanghai. La couleur locale fait partie de la culture générale que les enfants doivent acquérir. Ce qui me tient encore à cœur, c'est de montrer les coulisses d'une tournée. C'est pour cette raison que toute mon équipe d'animateurs (même Tristan, le fils d'Ariane) vient me rejoindre dans les villes de France. Nous allons faire les fous, organiser des fêtes, des gags que les bambins découvriront. Encore une façon d'éviter le statisme et d'aérer les émissions ».
Quatre concerts de Dorothée et ses « musclés »

Quotidien du jeudi (La réunion) – 25 avril 1991
L'illustrissime vedette du petit écran Dorothée, Dorothée, l'animatrice de chérie des après-midis de nos chers petits, a accepté de faire bénéficier la Réunion en tout premier de la tournée de gala qu'elle entreprend de retour de Chine.
C'est à la succursale locale – en cours de constitution – de l'agence parisienne « Kick Agencies » que nous devons cet honneur : Dorothée et ses « Musclés » nous donneront la primeure de leur nouveau spectacle avant même de le jouer en métropole. Une « logistique énorme », nous a confié son agent Kick : 18 personnes, rien de moins ! Et encore, nous avons failli être privés de Dorothée : c'est la troisième tentative, les deux premières avaient avorté pour cause de subventions locales défaillantes. Cette fois tout est OK : I'ODC (Office Départemental pour la Culture), la mairie de Saint-Denis, Yoplait, la Cilam et le Grand hôtel des Mascareignes ont mis la main à la poche pour qu'enfin la star puisse venir. Le public réunionnais est paraît-il très demandeur : Kick Agencies travaille beaucoup sur les DOM-TOM et la Réunion aurait un besoin supérieur au restant de l'Outre-mer de telles prestations.
En Chine, « Dorothée et ses Musclés » ont véritablement cassé la baraque, elle a eu un super accueil, affirme Monsieur Kick. Ça vallait bien quatre concerts pour la Réunion : deux par jour, les 22 et 23 mai prochains, à 14 h et à 18 h 30, au petit stade de l'Est. Prix des places : 90 francs, mais 70 seulement pour les groupes de plus de 20 personnes. Aussi plus de 500 écoles de l'île ont-elles été contactées, Dorothée se produisant dans le cadre de l'année de l'enfance. « C'est grâce à Yoplait que nous pouvons proposer des prix aussi bas, moitié moins cher qu'en métropole » explique l'agent Kick.
Dorothée et les musclés au stade de l’est

Star Télévision – 7 mai 1991
Par deux fois, elle avait envisagé de venir dans notre île, par deux fois le projet avait échoué pour diverses raisons. La troisième sera la bonne : Dorothée sera à la Réunion l'avant-dernière semaine de mai.
Vos enfants ne jurent que par elle, connaissent ses chansons par cœur et détestent rater ses émissions télé. « Dorothée, c'est la fée de la télé, la grande sœur des petits, la copine des enfants, mais c'est surtout et avant tout une vraie pro », a écrit Télé Loisirs. Après 16 ans de télévision et 9 ans de scène, Dorothée tient toujours l'affiche.
Elle sera bientôt en Chine pour une tournée qui s'annonce déjà triomphale, et juste après elle débarquera à la Réunion avec les Musclés, pour quatre concerts au stade de l'Est. Si la demande existe, il y aura peut-être un peu plus que quatre concerts... Les spectacles sont programmés pour le mercredi 22 mai à 14 h et à 18 h 30, et pour le jeudi 23 mai aux mêmes heures.
Vous pouvez déjà aller retirer vos billets dans tous les points de vente de l'Office départemental de la Culture et dans tous les magasins Score de l'île. Prix des places : 90 F en individuel, et 70 F pour les groupes de plus de 20 personnes. Et à ceux qui trouveraient ces tarifs excessifs, les organisateurs, à savoir la société de production Kick, répondent que les prix fixés sont de moitié inférieure à ceux qui sont pratiqués dans les grandes salles en métropole.
Un dernier mot sur les Musclés, Éric, Minet, Rémy, Framboisier et René, qui forment depuis sept ans l'orchestre de Dorothée. Les Musclés font partie intégrante du spectacle de la chanteuse avec leur propre répertoire. Et les enfants - les autres aussi d'ailleurs - les apprécient tout autant. Un rendez-vous donc à ne pas manquer...
Dorothée à la Réunion

Mai 1991
Depuis le temps que l'on réclamait Dorothée dans l'ile de la Réunion, c'est maintenant chose faite. Accompagnée des Musclés, elle y a donné une série de concerts chaleureusement accueillis. Ce qui ne l'a pas empêchée de goûter avec délices aux joies du farniente.
Dorothée chérie (Edito)

Star-Télévision – Mai 1991
Elle arrive... Elle est arrivée... (en espérant qu'un quelconque détournement d'avion ou autre « incident » ne vienne pas contrarier les plans prévus, vous savez entre le moment où nous écrivons ces lignes et le moment où le magazine paraît, bien des choses peu- vent se passer !). Gardons notre optimisme naturel et légendaire... Dorothée est bel et bien à la Réunion cette semaine pour les quatre concerts programmés au stade de l'Est.
Nous l'avions prédit : la fée de la télé, accompagnée de ses inséparables Musclés, fera salles combles. À l'heure où nous mettons sous presse, il restait encore quelques centaines de places pour jeudi 23 mai seulement.
Que les retardataires se dépêchent, Dorothée ne reviendra pas de sitôt sous nos cieux, non pas qu'elle ne le veuille pas, mais tout simplement parce qu'elle est très demandée tout le temps, et partout !
« Elle a mis une sauterelle dans son moteur et une araignée dans le plafond des maisons de la sagesse, a écrit Le Figaro. Cette joyeuse folle du logis est adorée des enfants, admirée (voire jalousée) par les parents pour l'autorité avec laquelle elle sait mener au doigt et au micro des bataillons de chères têtes blondes et brunes : ce ne sont pas les grands espaces qui effraient Dorothée, plus que jamais échappée d'un cartoon en folie »
A la Réunion, depuis déjà quelques semaines, dans tous les foyers, on ne parle plus que de la venue de l'idole des enfants. Même ceux qui, il y a un mois, répétaient à tout bout de champ, que Dorothée c'est dépassé, Dorothée c'est cher, etc. ont changé d'avis. Et le stade de l'Est ne sera pas rempli que d’enfants : « Il faut bien les accompagner » disent les parents.
Mon œil | Les gradins du stade ne seront pas pris d'assaut uniquement par des gamins en culottes courtes, la constatation sera facile à faire. Il faut savoir vivre les passions de ses enfants n'est-ce-pas ? Surtout que le spectacle de Dorothée est particulièrement pro.
« J'ai 37 ans, 18 ans d'antenne, 11 ans de chanson, dit-elle. Je mesure 1,62 m, je pèse entre 41 et 45 kg (gardons une marge !). Mon vrai prénom est Frédérique, comme il faisait trop androgyne, nous l'avons troqué contre Dorothée. » La grande sœur des petits ne rêve que d'une seule chose : avoir un enfant à elle, tout en continuant à distraire ceux des autres ! Ceux des autres, en l'occurrence ceux de la Réunion, ceux qui constituent la génération télé, seront là. Pour voir en chair et en os la magicienne de leur petit écran ! Quels formidables souvenirs !
Quelques mots sur votre Star Télé de cette semaine qui paraît avec une resplendissante Sophie Marceau en couverture: vous y trouverez les portraits détaillés de l'actrice qui a obtenu le Molière de la meilleure révélation théâtrale récemment, de Mylène Farmer que vous avez vue la semaine dernière dans «Stars 90», de David Hasselhoff, la vedette de la série américaine du dimanche «Alerte à Malibu, d'Abyale qui a donné quelques shows à la Réunion.
Vous pourrez également découvrir les visages de nos dix premières candidates Miss Star Télé de cette année, en savoir plus sur l'élection de la Reine du Chouchou à Hell-Bourg et vous sensibiliser au grave problème de la pollution de l'environnement. Bonne lecture et « Bonne Fête aux Mamans ! »
Aziz Patel




