Articles - 1988 - Page 8
- Quand Dorothée s'appelait Frédérique
- Le tourbillon Dorothée
- L'abécédaire de Dorothée
- Les belles années d'une fille rangée
- DOROTHÉE : Tout, tout, tout pour les enfants
- Je suis une grande timide
- Quand Frédérique n’était pas encore Dorothée
- Dorothée : Consécration au Zénith
- Dorothée : "Bioman n'est pas dangereux pour les enfants"
- Dorothée : « Ce soir je vais mourir de peur »
Quand Dorothée s'appelait Frédérique
Télé 7 Jours - Novembre 1988
Régine, Catherine et Martine se souviennent de la petite Hoschédé, leur copine de l'Institut Notre-Dame, à 100 Bourg-La-Reine. Celle-ci adorait déjà les pitreries, était douée pour la musique, était toujours la première à monter sur scène, et rêvait de spectacles... Le prochain, au Zénith, débute le 26 novembre.
ELLE AVAIT HUIT ANS...
A Bourg-la-Reine, avec Kiwi, le setter irlandais: Frédérique-Dorothée (à gauche) et Catherine Grandpierre (à droite). Elles avaient 8 ans. Le jeudi, elles imaginaient de belles histoires. Catherine Grandpierre est aujourd'hui fondée de pouvoir chez Gras-Savoye.
Dorothée n'oublie pas Bourg- La-Reine où habite toujours sa mère, Jacqueline.
Martine et Régine retrouvent sœur Marie-Monique, religieuse de l'ordre Notre-Dame du Calvaire, qui enseignait le latin à l'Institut Notre-Dame. « Frédérique était une bonne élève, très douée pour les langues qui étaient ses matières préférées avec, aussi, la littérature »
Chez Régine Courtade, avec Martine. Les deux femmes sont entourées de Denise, la maman de Régine, et Mlle Jaouen, qui emmenait les élèves en vacances aux camps de la Joie. On feuillette tendrement l’album-souvenir à la recherche de photos de Frédérique enfant…
Boulevard Carnot, à Bourg-la-Reine près de Paris! Au 23, habitait Régine Courtade, au 35, Frédérique, un peu plus loin, près du collège, Catherine Grand-pierre. Frédérique, devenue aujourd'hui Dorothée, appartenait à ce « trio infernal». Elles se sont connues au jardin d'enfants et ne se sont quittées qu'en terminale « Moi, explique Régine, je suis partie de l'Institut Notre-Dame en troisième, pour apprendre la photographie, mais jusqu'à ce que mes deux amies s'inscrivent en faculté, nous sommes restées très liées. »
Dorothée-Frédérique, Catherine et Régine, n'étaient pas toujours des petits anges. « Je me souviens d'une bataille de polochons chez Frédérique qui s'est terminée par un vase brisé, raconte Régine, et le jour où chez Catherine j'ai glissé dans l'escalier, poussée par Frédérique : j'avais des bleus de la tête aux pieds. »
Dorothée aimait grimper aux arbres et parfois...sur des petits nuages. « C'était notre secret à toutes les deux, avoue Catherine. Dans mon jardin, nous avions créé un monde imaginaire, fait de belles princesses et de preux chevaliers, des héros de légendes pour lesquels nous inventions de merveilleuses aventures. Nous aimions nous déguiser et, comme toutes les petites filles, jouer à la maîtresse. Nous prenions toutes les deux des cours de piano chez Mlle Vikelin. Frédérique était nettement plus douée que moi, j'avais dû renoncer aux cours de danse par manque de passion. Pas Frédérique qui était déjà artiste et très attirée par le spectacle. »
Catherine n'a pas oublié celui de cette fin d'année où, dans « Le Major Cravachon », de Labiche, Frédérique jouait la jeune fille qui séduisait par ses regards langoureux le jeune homme dont elle tenait le rôle. « En sixième, nous avions monté une pièce en latin « Le. Chêne et les Roseaux » J'étais le vent, Frédérique un roseau ! En troisième et en seconde, nous nous réunissions tous les dimanches matins, dans le garage d'une camarade, pour répéter et jouer nos spectacles. Nous avions obtenu un beau succès avec « Les Plaideurs ». Frédérique incarnait Petit-Jean, qui savait son texte par cœur. »
Cela ne les empêchait pas d'être bonnes élèves «Même si nous étions de temps en temps remuantes et indisciplinées, ce qui nous a valu de redoubler la sixième. Ça ne m'a pas étonnée de voir Frédérique apparaître à la télévision. Elle a une volonté farouche depuis l'enfance – certes elle était rêveuse mais elle faisait preuve déjà de détermination et, à l'occasion, savait être vraiment très charmeuse. »
Avec des acteurs japonais
L'été, le « trio infernal » auquel s'était joint Martine Hourcourigaray, se retrouvait parfois dans les camps de vacances organisés par les religieuses, sous la conduite de Mlle Jaouen. « Frédérique était une charmante enfant, se souvient celle-ci, je l'appréciais beaucoup. Les camps de la Joie étaient le théâtre de nombreuses facéties »..
« Vous souvenez-vous, Mademoiselle, lorsque nous avions caché les pyjamas? interroge Martine. Nous logions dans un couvent espagnol dans la montagne du côté de Soria. Nous étions les responsables de cette effroyable panique, nous pouvons bien l'avouer maintenant, il y a prescription ».
« Quelques années plus tard, Frédérique est revenue au collège, raconte à son tour Mlle Jaouen, tous les enfants la regardaient, je me demandais pourquoi. N'ayant pas la télévision, j'ignorais qu'elle était devenue Dorothée. »
« Mon titre de gloire auprès de mes enfants, Delphine, 7 ans, et Clément, 41 ans, est d'avoir été une amie de classe de Dorothée, dit encore Catherine. Elle était vraiment mon amie. Lorsque les vacances nous séparaient, nous nous écrivions, renouvelant chaque semaine nos serments d'amitié éternelle. Alors que nous étions en classe de 5e, Frédérique est venue passer des vacances chez mes parents dans notre maison en Dordogne. Je lui avais souvent parlé de cette maison que je trouvais grande et magnifique. Frédérique a été déçue. Elle croyait trouver un château. »
Frédérique-Dorothée et son amie Catherine étaient aussi très assidues au confessionnal: « Nous devions réciter nos leçons tous les matins, raconte Catherine r, nous avions la possibilité de nous confesser le vendredi matin. Pour échapper aux leçons, nous préférions nous inventer des péchés et courir au confessionnal. Au fil des semaines, il est arrivé un moment où nous étions à court de péchés. Le confesseur a découvert la supercherie et de ce jour, n'a plus voulu nous entendre. »
Ceux qui veulent voir Dorothée ont rendez-vous au Zénith, à Paris, du 26 novembre au 18 décembre. Arrivée en fusée interplanétaire, l'amie des enfants sur TFI, chantera de nouvelles chansons, entourée de danseurs et de danseuses. La surprise du spectacle est constituée par une troupe d'acteurs japonais venue se joindre à elle. Bioman oblige...
Mireille TOUBOUL
Le tourbillon Dorothée
TV Hebdo n°59 - 7 Novembre 1988
Un marathon quotidien sur TF1, Avis de recherche toute la semaine, bientôt le Zenith, et, bien sûr, les émissions spéciales pour les Fêtes. Mais qu'est-ce qui fait courir Dorothée ? Interview en coup de vent de la star des enfants qui vit et travaille en groupe...
Entre ses télévisions, la préparation de son spectacle du décembre, Dorothée court sans cesse, constamment protégée par les producteurs pygmalions de la maison AB-Productions, qui veillent sur sa destinée. Dans leurs bureaux, où elle a presque élu domicile, la star des têtes blondes répond aux questions, dans un bureau rempli de jouets et autres peluches. Et, entre deux bouchées de sandwich et un café, elle avoue qu'elle a « horreur d'être seule »...
Rien d'étonnant alors si interviewer la belle, c'est interviewer son équipe...
- Faire « Avis de recherche », c'est plonger dans son enfance. Quels souvenirs gardez-vous du cours élémentaire de 1960 à 1961, à l'Ecole Notre-Dame de Bourg-La-Reine?
- Dorothée : J'étais une bonne élève, très sage. Même si ça doit étonner, je n'ai pas eu de télévision avant d'avoir 14 ans ! Parmi les bons souvenirs, il y a le rendez-vous quotidien que nous avions avec une copine, à mi-chemin de l'école et de nos maisons respectives. Ensemble, nous allions chercher les bonbons que ma grand-mère déposait à notre intention dans sa boîte à lettres...
- Que réservez-vous au public pour votre second Zénith?
- D.: Cette année, ce sera un spectacle sans thème avec un panorama de chansons nouvelles et anciennes sur des tableaux différents. Bien sûr, je suis entourée d'une troupe : dix musiciens, deux choristes, huit chanteurs et des cascadeurs.
- Pour quelles cascades?
- D. C'est la surprise. Vous n'en saurez donc pas plus. Mais, une chose est sûre: pour moi, le Zénith, c'est toujours le même trac: d'année en année, la salle ne rapetisse pas !
- Dorothée jouera-t-elle toujours au Père Noël ?
- D. Bien entendu. D'abord avec l'arbre de Noël de l'Elysée. Ensuite, nous préparons un spectacle télévisé pour le 28 décembre. Ce jour-là, toute l'équipe sera en direct de la Réunion.
- En 1975, sur TF1, Christophe Izard qui s'occupait des émissions jeunesse et qui vient aujourd'hui de remplacer Jacqueline Joubert - vous avait remercié. Avez-vous l'impression de prendre maintenant votre revanche sur la Une?
- D.: Ce n'est pas dans mon caractère ! A cette époque, je n'étais peut-être pas prête. Ma vie est comme un escalier: j'essaye de grimper des marches mais, je sais aussi que, demain, tout peut s'arrêter. Pour moi, la chose essentielle, c'est d'appartenir à une équipe vivante où prime le côté humain. C'est notre principal atout pour se défendre contre une rude concurrence...
Une porte s'ouvre. Un des membres de l'équipe vient rappeler à Dorothée que le temps lui est compté. Elle file vers d'autres rendez-vous, d'autres répétitions. Toujours entourée. Comme thérapie à la solitude.
Propos recueillis par Sophie Patois
L'abécédaire de Dorothée
Télé Magazine - 12 Novembre 1988
« La chance ? » dit-elle. « Bien sûr que j'y crois ! Ma vie est basée dessus. Je ne fais pas ce métier pour avoir du succès, c'est le succès qui me pousse. »
La fée Dorothée, comme on l'appelle parfois, sait, en effet, ce qu'est une baguette magique. Elle n'a pas vingt ans et joue avec une troupe de théâtre amateur quand elle est remarquée par une productrice de la télévision.
Depuis ses débuts en 1973, « la petite speakerine » a fait du chemin. La voici responsable des programmes pour la jeunesse à TF1, où chaque jour elle retrouve ses jeunes admirateurs du « Club Dorothée ». Mais ce n'est pas tout: elle sort un nouveau 33 tours et, pour la deuxième fois, elle sera bientôt (à partir du 26 novembre) au Zénith, à tous les sens du terme... Quel est le secret de cette jeune femme qui cache, dans une silhouette menue, un caractère d'acier ? Elle joue le jeu avec nous, de A jusqu'à Z...
Amis: Très important pour moi. J'en ai peu, mais ce sont de vrais amis. C'est avec eux que je travaille. Je suis incapable de travailler si je sens des tiraillements. Je ne peux pas me battre avec quelqu'un.
Bébé J'y pense, pour plus tard. C'est une envie sérieuse. Vu mon rythme d'activité actuel, le bébé doit attendre. Car si j'en ai un, c'est pour m'en occuper moi-même; pas question de le confier à une autre personne.
Chanson: Pour moi, ça veut dire le spectacle, la scène que j'adore. J'ai besoin du contact. En écrire ? Non, c'est un exercice qui m'ennuie terriblement.
Dorothée: Un sale foutu caractère. A part ça, dynamique, et ayant horreur de l'injustice.
Enfants: Je pense aussitôt famille, et public. Pour la télé comme pour le spectacle, nous essayons, avec mon équipe, de travailler comme en famille. Quant à l'enfance elle-même, c'est le moment le plus important d'une vie.
Famille C'est ma vie. J'essaie de la voir le plus possible, au restaurant ou à la maison. Dans le travail, c'est mon point de repère. Je sais que les mamans regardent mes émissions avec leurs enfants, et j'en suis ravie. Enfin je dis merci à la famille, à mes parents, qui m'ont autorisée puis aidée à faire ce métier.
Goûter: C'est marrant, les goûters. J'adore ça. A table, le midi ou le soir, je m'ennuie. Quand je suis seule avec ma mère, on se fait un goûter. Souvenirs d'enfance...
Humour : Si important dans la vie ! Sinon, on ne s'en sort pas. J'en ai moi-même, et j'ai besoin que les gens qui m'entourent sachent plaisanter, rire. J'ai horreur des gens qui n'ont pas d'humour.
Image: Je pense aussitôt télé. Et puis aussi au cinéma dans ma tête, les images de ma vie, du passé. Mais je ne vois jamais d'images de l'avenir. Je vis seulement dans le présent, en compagnie du passé.
Joueuse: Mauvaise joueuse, mauvaise perdante. Heureusement, je n'aime pas jouer pour de l'argent...
Koala : J'aime beaucoup cet animal, très mignon, et qu'il faut protéger. D'ailleurs, j'aime tous les animaux. Une seule bête me fait peur : le crocodile.
Lecture : Pour moi, c'est la bande dessinée. J'ai beaucoup d'admiration pour les auteurs et les dessinateurs. J'en connais plusieurs, des gens extraordinaires.
Maison: A la fois le refuge, dans les moments tristes, et l'endroit où on reçoit les amis pour faire la fête. De temps en temps, j'ai besoin d'être seule, dans mon cocon. Quand il m'arrive d'avoir toute une journée libre, j'en profite souvent pour rester seule, sans sortir, sans parler.
Nuit : J'aime bien travailler la nuit, mais en ce moment, je suis active dans la journée. Je suis complètement à l'envers. C'est une sorte de défi. Me lever à cinq heures tous les matins, en me couchant à minuit ou une heure, je ne suis pas de très bonne humeur au départ : attention, danger!
Organiser: Sur le plateau, sur la scène, il faut que je sache tout ce qui se passe. Dans la vie privée, c'est le contraire : la pagaille totale.
Papa: Ce qui me fait le plus de peine qu'il ne soit pas là. Il est mort avant que je ne devienne chanteuse. Et lui, il aurait tellement aimé être chanteur ! Il m'a donné le goût de la chanson, m'a fait étudier le piano. S'il était encore là, nous ferions des duos, il serait si content! Impossible, et c'est mon plus grand regret.
Raisonnable: Je le suis trop. Parfois, je devrais me laisser aller à des coups de folie, mais je ne le fais pas. Je raisonne trop, je réfléchis trop...
Sensibilité: Je suis hyper-sensible. Au point de friser la sensiblerie. Si je devais renaître, je me débarrasserais de ce trait de caractère. C'est trop pénible.
Télévision: Je me lève le matin, j'allume la télé. Je sors pour aller faire de la télé. Je rentre, je regarde la télé. Quand je ne travaille pas, je la regarde toute la journée. Quand j'étais petite, il n'y avait pas de télé à la maison...
Urticaire : J'en attrape avec la bêtise et la méchanceté. Pas avec les fraises.
Vraie: Je le suis, il faut l'être. Je dis ce que je pense. Si on me demande mon avis, je dis attention: Vous voulez vraiment le connaître ?
Yeux : Très important. Je regarde toujours les gens dans les yeux. C'est ce que je remarque d'abord. Les regards fuyants m'agacent. Avec mes yeux à moi, on sait toujours ce que je pense. Je peux avoir un regard très méchant, être plus vache avec mes yeux qu'avec des paroles. Vous pouvez demander à mes collègues...
Zodiaque : Je suis du signe du cancer. L'astrologie m'amuse, m'intéresse, m'intrigue, m'inquiète. Je ne veux pas trop creuser la question, que ça m'entraîne dans le divinatoire. Sinon, l'astrologie a une énorme utilité : quand on se trouve avec des gens sans savoir quoi se dire, à table ou ailleurs, il suffit de demander: Vous êtes de quel signe ? Et c'est parti...
Didier Blonay
Avis de recherche
C'est le principe même de l'émission: une personnalité se penche sur son passé. Que pense Dorothée du sien ?
« Je ne regrette aucune époque de ma vie. J'ai eu une enfance heureuse, mais je ne voudrais pas recommencer l'école. Les examens, les passages d'une classe à l'autre me rendaient follement anxieuse... Etant petite, je n'étais pas ambitieuse. Je rêvais bien de faire du cinéma, mais comme tout le monde... Je suis restée très proche de l'enfance. En un sens, j'ai toujours quatre ans. Et quand ils sont avec moi, les enfants le sentent bien. On ne peut pas tricher avec eux. »
DOROTHEE RECHERCHE...
Par Monique Gauthier - Rédactrice en chef
Elle a recommencé ses journées marathon: émissions de télé, enregistrements, répétitions du prochain spectacle du Zénith. Dorothée (en couverture cette semaine), frappe tous azimuts et se met en quatre pour la plus grande joie de son jeune public. Malgré un emploi du temps très serré, elle a répondu présente à la proposition de Patrick Sabatier avec qui, toute la semaine, elle partira à la recherche de ses anciennes camarades de classe.
Les belles années d'une fille rangée

Télé Star - 12 novembre 1988
Petits et grands enfants auront ce soir le cœur à la fête, puisque l'invitée d'« Avis de recherche » n'est autre que Dorothée, l'idole de tous les âges. « Télé Star » a demandé à Mme Jacqueline Hoschedé, la maman de Dorothée, d'évoquer l'enfance et l'adolescence de sa fille, qui prépare d'arrache-pied son nouveau spectacle au Zénith, du 26 novembre au 18 décembre prochains.
Née il y a un peu plus de trente ans à Paris, Frédérique Hoschedé est plus connue sous le nom de Dorothée. « À la maison on ne m'appelait jamais par mon vrai prénom. Pour papa, j'étais Marguerite ou Paulette et pour maman, Proserpine. Frédérique semblait trop dur, aussi ai-je opté pour Dorothée qui est amusant. »
Si Dorothée est née à Paris, elle est allée vivre de suite à Bourg-la-Reine, une banlieue bourgeoise du sud-ouest de Paris. Un endroit paisible, parsemé de petites maisons et, surtout, à proximité du château et du parc de Sceaux. De sa naissance à son installation à Paris, Dorothée n'a pas quitté cette petite maison 1930 où vivent encore sa mère, Jacqueline, et son frère, Jean-François.
Contrairement à nombre de ses semblables, la maison ne donne pas sur la rue. Elle se dissimule derrière un petit immeuble. « Nous l'avons achetée au propriétaire du tout, avant la naissance de notre fille, précise Jacqueline Hoschedé. C'est calme, ensoleillé et le jardin est très agréable. » C'est d'ailleurs là que s'ébat Olive, la chienne scottish-terrier de la maman de Dorothée. Là aussi Roxan, le grand yorkshire, vient passer quelques jours de villégiature, lorsque sa jeune maîtresse est loin de Paris et n'a pu l'emmener.
Jacqueline explique : « Nous avons des rapports très forts. Jean-François, mon fils, règle certains problèmes pour sa sœur. Elle m'appelle presque tous les jours et nous essayons de passer les week-ends ensemble. En ce moment, la vie de fou que mène ma fille m'affole un peu. Il y a le Zénith, puis les émissions. Elle se démène beaucoup trop. » Avis de mère inquiète, bien sûr.
Mais qui était donc Dorothée enfant ? « Une petite fille charmante et bien élevée », dit sa mère. « Un véritable chef de bande qui ne pensait qu'à jouer avec les garçons », avoue Dorothée elle-même.
Pourtant, il semblerait que « maman Dorothée », comme l'ont surnommée les fans de sa fille, soit un peu plus près de la vérité : « De la maternelle au baccalauréat, ma fille est allée dans une seule école : le collège Notre-Dame de Bourg-la-Reine. » Cette institution dirigée par des religieuses, dont la maison mère est à Gramat, dans le Lot, avait alors des professeurs soit laïcs, soit religieux. « Le fait qu'il lui ait fallu porter un uniforme de la maternelle au bac (jupe plissée, blazer bleu marine et chemisier blanc) a dégoûté Dorothée du bleu marine pour toute sa vie. Des uniformes aussi. Comme le collège est situé près de la maison, Dorothée s'y rendait à pied. Elle rentrait déjeuner à la maison. C'était une bonne élève, un peu turbulente parfois, mais très aimée de ses camarades et de ses professeurs. Elle a même été pendant plusieurs années chef de classe. Elle avait déjà le sens du contact. C'était une jeune fille ouverte... »
Une jeunesse sage et tranquille, aux côtés de parents aimants, avec un frère plus âgé. Pas de surprises-parties, car papa Hoschedé est un homme sévère, bien que, malgré tout, il se laisse charmer par sa cadette, qui n'hésite pas à lui faire de grands numéros de séduction pour obtenir ce qu'elle veut. « Ce n'est qu'à dix-huit ans que j'ai eu la permission de sortir le soir », révèle Dorothée. Une vie familiale et rangée, mais qui ne manquait pas de loisirs. « Très tôt, j'ai emmené ma fille au cinéma et visiter les musées, en compagnie d'une conférencière qui s'était déjà occupée de son frère. Elle allait également au cours de danse, jouait au tennis et faisait du cheval pendant les vacances, que nous passions alors chez ma marraine à Saint-Pierre-de-Quiberon. Dorothée y a aussi appris la natation, qu'elle pratique beaucoup maintenant. »
La petite Frédérique Hoschedé prenait également des leçons de piano. Dorothée reconnaît qu'elle sait encore tapoter un air sur un clavier, mais elle ne veut pas s'aventurer plus loin. Comme toutes les jeunes filles bourgeoises, Dorothée a fait plusieurs séjours en Angleterre. « Pendant ses années d'adolescence, elle a séjourné là-bas dans une famille dont nous recevions en retour la jeune fille. Dorothée et elle s'écrivent encore et se revoient parfois... »
Heureuse du métier de sa fille, à laquelle elle ne s'est jamais opposée, Jacqueline Hoschedé lui a donné une éducation traditionnelle. Pourtant, celle qui, aujourd'hui, est l'idole des enfants, est toujours célibataire et sans enfant, alors que toutes ses compagnes de collège sont mariées et mères de famille.
Jacques Séréna
DOROTHÉE : Tout, tout, tout pour les enfants

La Gazette Provençal - Vendredi 18 Novembre 1988
« Tant que je les rends heureux, je continue »
Mais comment fait-elle ? Elle produit et présente 22 heures de programmes télévisés par semaine, va chanter au Zénith tous les soirs et parfois deux fois par jour pendant trois semaines du 26 novembre au 18 décembre), termine son nouveau 33 tours avec quatorze nouvelles chansons, avant une tournée marathon de trois mois en province à partir de janvier. Dorothée a vraiment de l'énergie à revendre.
UNE SANTE DE FER
"Je suis du signe du Cancer et cela apporte, parait-il, une santé exceptionnelle. J'ai aussi la chance de pratiquer un métier où je ne m'ennuie jamais j'ai promis d'arrêter le jour où cela m'arriverait et pour un public extraordinaire les enfants. Ce sont eux qui me stimulent, me récompensent de tous mes efforts en venant m'applaudir sur scène ou en appelant par le Minitel pour donner leur avis sur mes émissions. Avec eux, je joue la carte de la sincérité. Si je me trompe sur scène ou à la télévision, je le dis. Je ne triche jamais".
C'est ce qui a fait sans doute, la popularité de Dorothée. Sa spontanéité, sa gaieté, plaisent non seulement aux enfants mais aussi aux parents qui assistent à ses spectacles et paraît-il, aux personnes du troisième âge. Dorothée fait l'unanimité. Mais, n'a-t-elle pas envie parfois, d'arrêter de travailler, de fonder une famille ?
HEUREUSE SUR TF1
- Je n'en ressens pas encore le besoin. En ce moment, je suis heureuse sur TF1. En 15 ans, de télévision, je n'ai jamais eu autant de moyens. Cette chaine a reconnu que les jeunes étaient un public à part entière, pas des bouche-trous. Je suis donc très motivée pour travailler avec, en plus, une équipe formidable.
- Mais cela ne vous laisse aucun répit. Peut-être les week-ends?
- Non, les week-ends, j'enregistre les chansons de mon nouvel album (j'en sors un par an en moyenne) avec « Attention danger » notamment. C'est un autre domaine, une autre situation. Cela me change de la télévision, j'aime bien. En ce moment, c'est un peu la folie car je prépare également mon spectacle au Zénith. Cette fois, il n'y a pas de thème. C'est un véritable récital avec les Musclés (mon orchestre de dix musiciens) deux choristes et des cascadeurs. Il ne faudra pas rater mon entrée en scène qui sera, je crois, assez spectaculaire. Je veux faire un spectacle familial en cherchant à distraire aussi bien les enfants que les parents.
Cette année, Dorothée passera les fêtes de fin d'année très loin de France mais, là encore, pas pour se reposer :
« Le mercredi 28 décembre de 7 h 30 à 19 h, nous diffuserons notre émission en direct et par satellite de l'île de la Réunion. Au mo- ment où il y aura peut-être de la neige en France, j'ai eu envie d'apporter un peu de soleil. Je ferai aussi quelques galas et rentrerai ensuite en France pour une grande tournée. C'est une de mes plus grandes joies. D'une ville à l'autre, les réactions sont différentes, jamais la routine que je déteste tant. Je ne peux me passer des tournées. Rien ne remplace le contact direct avec son public ».
UNE ENTREPRISE DE 250 PERSONNES
- Aimeriez-vous refaire du cinéma, après vos débuts remarqués avec Truffaut (« L'amour en fuite ») et Robert Enrico (« Pile ou face ») ?- J'aimerais mais les metteurs en scène ne pensent pas à moi. Je reste sans doute trop marquée par la télévision mais je suis sûre qu'un jour, je jouerai les grands-mères. J'aurais surtout aimé retourner avec Truffaut qui souhaitait d'ailleurs me proposer un autre rôle.
Pour l'instant, Dorothée s'épanouit auprès des enfants. Elle leur consacre toute sa vie. Une véritable vocation! Et cette sacrée bonne femme fait travailler pas moins de 250 personnes (entre AB Productions, sa maison de production, et la télévision). Cette responsabilité la laisse pourtant sereine,( réussissant à préserver son âme d'artiste :
- La télévision, le spectacle, c'est éphémère, du vent. Je ne l'oublie pas et ne me prendrai jamais au sérieux.
Christine HIQUET
Je suis une grande timide

Le Parisien – 18 novembre 1988
Dorothée avec son plus fidèle compagnon, Roxan, huit ans, son yorkshire, qui la suit absolument partout !
A l'institut Notre-Dame de Bourg-la-Reine, on ne faisait pas de photo de classe. C'est pourquoi, Dorothée, l'invitée d'« Avis de recherche », n'a pu donner à Patrick Sabatier que le cliché de sa communion privée (TF1, 20 h 40).
L'ANIMATRICE préférée des enfants de la Une est un cas ! Pas d'anecdotes à se mettre sous la dent, pas de bêtise, juste des petits riens lorsqu'elle était enfant. Elle le dit elle-même : « J'étais une petite fille modèle, pas chahuteuse. J'ai fait toute ma scolarité dans la même institution jusqu'au bac ! »
A l'école, dès la sixième (qu'elle a redoublée), Dorothée, qui, en ce temps-là, s'appelait Frédérique, s'occupait des spectacles de fin d'année : « Je dois reconnaître que c'était ce qui m'intéressait le plus ! »
Dorothée l'affirme : « J'étais et suis toujours une grande timide. Une timide qui se force à être extravertie ! C'est avec un trac immense qu'elle attend le premier soir au Zénith (entre le 26 novembre et le 28 décembre): « J'ai un sacré foutu caractère, mais je n'aime qu'une chose : ce que je fais actuellement: la télé, la scène... et mon public! »
Annie FERRER
Quand Frédérique n’était pas encore Dorothée

18 novembre 1988
Pour son Avis de recherche. (Ce soir, 20 h 40, sur TF 1). Patrick Sabatier nous entraine vers une époque déjà presque lointaine. En effet, plus d'un quart de siècle sépare la photo sur laquelle on voit la petite Frédérique Hoschédé (couronnée de roses pour sa communion privée à l'Institut de Notre-Dame de Bourg-la-Reine, près de Paris), de l'émission consacrée à Dorothée, la dynamique animatrice des émissions pour enfants sur la Une qui fêtera le 14 juillet prochain son trente-sixième anniversaire. C'est en 1970, alors qu'elle préparait son
bac, que la jeune fille a attiré l'attention de Jacqueline Joubert, en charge à la télé des émissions enfantines. Dorothée-Frédérique avait alors présenté au concours inter lycées de Versailles Un caprice de Musset. Costumes, décors, mise en scène : elle avait tout fait. Et en plus, elle jouait... Jacqueline Joubert qui figurait dans le jury lui a alors demandé : « Ça vous intéresserait de faire de la télévision ? »
La jeune fille qui songeait à exercer un métier dans le tourisme et à faire sa licence d'anglais en est restée muette... Pourtant, quelques mois plus tard, elle était bel et bien convoquée par Jacqueline Joubert qui l'a employée jusqu'à l'éclatement de l'ORTF en 1973. Ensuite, elle a travaillé au côté de Christophe Isard qui lui a demandé d'animer ses « Visiteurs du mercredi ». Dès lors, à l'exception d'une période de chômage de huit mois durant laquelle elle ira faire de l'animation dans les supermarchés. Dorothée ne cessera plus de travailler pour la télé.
Dorothée : Consécration au Zénith
Figaro Madame – 19 Novembre 1988
Ne parlez pas à Dorothée de ses dix millions de disques vendus, de ses douze cents heures d'antenne par an sur TF1, de ses très officielles fonctions de responsable de l'unité jeunesse, ni de sa maison de production. Tout ce qu'elle aime, elle, ce sont « les gros bisous et les gros câlins » des petites têtes blondes. Toute mince et menue avec de très grands yeux, ce poids plume - quarante-six kilos - pèse lourd dans la France en socquettes et barboteuse indices d'écoute à l'appui. « D'autant qu'à la télé, ce sont les enfants eux-mêmes qui conçoivent les émissions en écrivant, en téléphonant, en se servant du Minitel pour donner leur avis sur le menu du jour. »
Bref, d'un seul cri, les marmousets vont répondre « présent » au rendez-vous que leur donne Dorothée au Zénith du 26 novembre au 16 décembre.
« On va bien s'amuser. » Elle s'en frotte les mains d'avance. D'ailleurs, c'est elle qui le dit, croix de bois croix de fer, le jour où elle s'ennuiera, elle arrêtera. « Si je fais ce métier, c'est parce que je l'aime et que je suis de plus en plus heureuse d'être au milieu des enfants. Je ne peux pas me passer d'eux. » Et réciproquement.
C. G.
Dorothée : "Bioman n'est pas dangereux pour les enfants"
Télé Poche 21 novembre 1988
Les parents s'interrogent sur le danger éventuel des programmes réservés à leurs enfants. Mais surtout sur la violence des dessins animés venus du Japon. Dorothée répond. Et détruit les idées reçues.
- Les programmes consacrés à la jeunesse ne conviendraient pas à tout le monde. Le ministre, Catherine Tasca, ne s'est pas gêné pour le faire comprendre.
- Je serais ravie de rencontrer madame Tasca. En tant que responsable de l'unité jeunesse à TF1, je regrette qu'elle ne m'ait pas contactée car je suis la principale intéressée. En tout cas, on ne doit pas me juger si mauvaise et si nocive pour les enfants puisque le Président de la République m'a demandé d'animer, cette année, l'arbre de Noël à l'Elysée. De plus, ces attaques sont indirectes. Je ne sais pas exactement ce qu'on me reproche.
- La violence de certains dessins animés. Bioman, par exemple.
- Il n'y a pas de violence destructive mais de l'action. Ce sont des robots qui se battent. Pas des hommes. Quand je discute avec des enfants et que je leur demande s'ils ont peur, ils me regardent l'air contrit et me disent : « Mais ce n'est qu'un dessin animé. Et en plus, c'est un robot ». Eux font tout de suite la part des choses. Je ne consdière pas les enfants comme des bouffeurs d'images. Moi, à leur âge, quand je voyais un chien faire écraser dans un dessin animé, je fondais en larmes. Sur 24 séries en tout, il y en a peu basées sur l'action : Bioman, Spielvan, Jaspion, et Ken le survivant... Bioman a été fait au Japon, sous le contrôle de psychologues et de personnes compétentes. Il a été prouvé qu'il n'était absolument pas dangereux et certainement moins traumatisant que les contes traditionnels dans lesquels les enfants sont mangés ou abandonnés.
- Pourtant, certains parents se sont plaints
- Une dizaine seulement ont écrit pour demander la suppression de Ken le survivant, jugé trop violent. Je l'ai retiré. Aussitôt, j'ai reçu 50 000 lettres. 97% demandaient son retour. Mais comme j'estime que la télévision doit se faire dans la démocratie, je n'ai pas négligé les 3% qui étaient contre. Nous avons conservé Ken mais Robert Réa, réalisateur et conseiller artistique, supprime les scènes trop violentes, notamment les passages où l'on voit du sang couler. Nous avons été confrontés au même problème, avec Goldorak.
- Et la culture dans tout ça ?
- Nous leur apportons celle que l'on acquiert dans la vie de tous les jours. Mais ce n'est pas notre rôle. Je ne remplace en aucun cas un éducateur. Encore moins les parents. C'est une place qu'on ne vole pas. Mon rôle, c'est de divertir les enfants et de leur apprendre des choses en s'amusant. Mais nous ne sommes pas pour autant des guignols. Nous ne nous adressons pas à eux dans un langage bêtifiant ou chébran. Nous ne les traitons pas comme des êtres passifs. Nous leur demandons de décider, de choisir sans arrêt. Les rubriques livre, cinéma, spectacle existent. Quand on invite le docteur Klein ou Alain Decaux, nous pensons qu'ils peuvent apporter beaucoup aux enfants. Les instituteurs écrivent, et pas pour se plaindre. Quand ils accompagnent leur cloasse sur le plateau, ils utilisent cette expérience pour des rédactions, des exercices.
- 22 heures de programmes à vous toute seule, c'est beaucoup. A quand le ras le bol ?
- D'abord, je ne suis pas seule dans l'équipe. Une centaine de personnes travaille en permanance dans l'unité jeunesse. 10 acteurs, 50 techniciens, 10 décorateurs, sans compter le personnel administratif. Nous suivons l'avis des jeunes téléspectateurs. Nous travaillons pour eux et avec eux. Nous ne balançons pas des images pour que les parents les collent devant la télé. Nous ne faisons pas garderie. En France, il n'y a pas de chaîne de télé pour enfants. Et c'est un public qui existe, au même titre qu'un autre. Quand je ne m'amuserai plus, j'arrêterai. Je n'ai jamais triché. Je m'amuse et cela se voit.
- Les Japonais nous ont envahi. Pourquoi ? Comptez-vous relancer la création française ?
- C'est un réel problème. Même ce qui est étiqueté made in U.S.A. avec des héros typiquement américains sont fabriqués au Japon. Le crénau jeune a complètement été négligé en France depuis vingt ans. On peut comparer les programmes pour enfants à la hi-fi. On achète ailleurs dans ces deux domaines. Les deux seules séries françaises, « Rahan » et « Touni et Litelle », je les ai prises. TF1 a fait un effort et m'a confié un gros budget pour relancer la création. Je n'ai pas envie de mettre sur pied n'importe quoi dans le seul but de faire rempart aux critiques. Je veux que l'équipe, chargée de la création pour enfants depuis Septembre 1987, sous la responsabilité de René Borg, le créateur des Shadoks, produise des séries de qualité. Mes projets : lancer des séries de fiction d'une demi-heure. Cela prend du temps. Dans l'immédiat, je tiens à défendre et revaloriser le patrimoine français. Premier objectif : adapter la comtesse de Ségur. A la fin de 1989, on devrait pouvoir diffuser les premières séries. Mais n'oublions pas que sur 22 heures, il y a tout de même, en ce moment, un tiers de création pure.
Dorothée vous conseille
« Je n'impose rien, chaque enfant a une sensibilité différente »
Emissions pour tous : Les popples, Dame Bouceline, Docteur Slump, Touni et Litelle, Mon petit poney, Dragon Ball, Sablotin, Georgie, Candy, Les attaquantes, Juliette je t'aime, Galaxy Express, Tarzan, Rahan, Lamu et Cherry Miel
Emissions pour les plus grands ou les moins sensibles : Spielvan, Sabrider, Les chevaliers du zodiaque, Ken le survivant, G.I. Joe, Bioman, Jaspion, Silver Hawks
Dorothée fait sa boum au Zenith
On prend les mêmes et on recommence. Et c'est tant mieux ! Dorothée va débarquer au Zenith avec tout son petit monde. 10 musiciens, plus connus sous leur nom de scène « Les Musclés », 8 danseurs, 2 choristes. Moins de sketches que la dernière fois. Plus de chansons, 26 en tout dont une dizaine de nouvelles, extraites du nouvel album qui vient de sortir.
Mais il y a du nouveau. Pour la première fois, Dorothée donne des spectacles à 20H30. « Le spectacle est conçu pour tout le monde. C'est un vrai concert pour la famille ». C'est en province que Do s'est aperçue que les gens réclamaient des shows en soirée. « Les grands voulaient venir aussi. Et je me souviens qu'étant petite, ce qui me plaisait le plus, c'était de sortir le soir comme les grands » Dorothée jubile. « On a demandé à Jacques Rouverollys de nous faire les lumières. C'est lui qui éclaire les concerts de Sardou et Hallyday ».
En fait, on ne sait pas qui se réjouit le plus de ce spectacle. Do ou les enfants ? « Moi, je me régale. C'est comme si on faisait une sorte de boum géante. Ambiance rock'n roll et yé-yé twist. Ca va nous faire tout drôle de nous retrouver en vrai. » Dorothée a une envie folle de s'amuser. Et pour ça, elle compte beaucoup sur vous !
Isabelle Gaudon
Dorothée : « Ce soir je vais mourir de peur »

Le Parisien – 26 novembre 1988
Elle règne sans partage sur les programmes pour enfants de TF1. A la voir se partager entre une émission en direct, les ultimes répétitions de son Zénith (première ce soir), la gestion de sa société de production (près de 200 employés) et son interview avec les deux mini-reporters (Jérémy, six ans, et Maxime, douze ans) que nous avions mandatés à La Plaine-Saint-Denis, au cœur de l'usine-royaume de leur fée Dorothée, on comprend qu'il n'y a pas de hasard à sa gloire, même si on perçoit mal la nécessité de son incroyable débauche d'énergie.
Jérémy - Est-ce que tu vis avec Jacky ?
Dorothée - Non ! Tu es fou. D'abord, il est marié et a deux petites filles. Et puis comme on passe notre vie à travailler ensemble, je le vois assez comme ça.
Jérémy - Mais t'as quand même un fiancé ?
Dorothée - Pas le temps pour l'instant...
Maxime - Est-ce que tu fréquentes tes « amis » en dehors du travail ?
Dorothée - La plupart, oui. On va souvent dîner ensemble. J'ai commencé à la télé avec Patrick il y a quinze ans. Et puis il y a eu Anne et les autres... On est une vraie famille.
Jérémy - Et le chien de la télé, tu l'aimes aussi ?
Dorothée. Mais c'est le mien, tu sais. Roxan, je l'adore. On vit ensemble depuis huit ans et, au Zénith, c'est lui qui va garder ma loge.
Jérémy - C'est Bioman qui te fait peur ?
Dorothée – Non, je disais ça pour rire. Bien que, en fait, je suis vraiment morte de peur mais je sais comment ça s'appelle : le trac. Ce soir, ça va être terrible !
Maxime - T'es quelqu'un de sensible ?
Dorothée - Je crois que oui. C'est sans doute pourquoi j'adore les enfants et les animaux.
Jérémy - Pourquoi t'en as pas d'enfants alors ?
Dorothée - Parce que je n'ai pas encore eu le temps d'en faire et surtout de m'en occuper…
Maxime - Tu prends quand même des vacances ?
Dorothée - Pas beaucoup. J'essaie de faire coïncider travail et loisirs. Je viens par exemple de partir deux semaines au Japon pour y acheter des dessins animés. J'y suis partie avec ma mère et mon frère.
Maxime - Pourquoi t'as changé de chaîne ?
Dorothée - Parce que je voulais aller plus loin. Faire du direct. Rencontrer le public. J'avais prévenu Antenne 2 de mes ambitions. Ils n'ont pas pu me suivre. Le Club Dorothée pour moi, c'est un plus très important.
Jérémy - Dorothée, c'est ton vrai nom ?
Dorothée - Je m'appelais Frédérique. Mais Dorothée est devenue mon vrai nom.
Maxime - Peux-tu nous parier un peu de tes projets ?
Dorothée - Outre le Zénith, je vais faire l'arbre de Noël de l'Élysée puis le 28 décembre, le premier direct de l'île de la Réunion. Après quoi, j'irai chanter à l'île Maurice puis je tournerai en France jusqu'en avril.
Jérémy. - T'as une voiture pour faire tout ça ?
Dorothée - Oui, une voiture toute rose.
Jérémy - C'est ta couleur préférée ?
Dorothée. Non, j'aime autant toutes les couleurs sauf le violet.
Maxime - C'est la deuxième cigarette que tu allumes. Tu fumes beaucoup ?
Dorothée - Non. Je n'ai pas du tout le droit. Alors, ce sera un secret entre nous... D’accord ?
Les enfants furent d'accord. N'empêche, une fois sortis, ils se mirent, en chahutant et en reparlant des cigarettes, à chanter ensemble : « Ouh ! la menteuse, elle est amoureuse ! »
Interview dirigée par Alain MOREL












